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PRESSENouvelles poursuites judiciaires contre Ali Anouzla

23.01.2016 à 15 H 40 • Mis à jour le 24.01.2016 à 22 H 13
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Le patron de Lakome2 est poursuivi en justice pour « atteinte à l’intégrité territoriale » du royaume suite à une interview publiée en novembre dernier par le tabloïd allemand Bild, à l’occasion de la remise du prix Raif Badawi 2015.

Ali Anouzla, directeur du site Lakome2, est de nouveau poursuivi par la justice marocaine. En cause, une interview donnée en novembre dernier à Berlin au quotidien allemand Bild, consacrée à la liberté d’expression au Maroc. Répondant à une question sur les « lignes rouges » imposées aux journalistes par l’Etat marocain, Ali Anouzla avait mentionné le traditionnel triptyque : monarchie, islam, Sahara.


L’interview a été réalisée en arabe avec l’aide d’un interprète, mais la version traduite en allemand et publiée par Bild met dans la bouche du journaliste le terme « Sahara occidental occupé ». « Il s’agit d’une erreur de traduction, je n’ai jamais employé ce terme, que ce soit dans cette interview ou dans mes écrits, car cela ne correspond pas à mes convictions  », se défend le journaliste, qui explique d’ailleurs que l’entretien original a été enregistré par son confrère allemand. L’affaire aurait pu en rester là mais de retour au Maroc, Ali Anouzla reçoit une convocation de la police judiciaire et explique avoir subi un interrogatoire le 24 décembre dernier : le procureur du roi à Rabat a ouvert une enquête pour « atteinte à l’intégrité territoriale » du royaume. Il y a quelques jours, le journaliste a été informé de la tenue d’un procès devant le tribunal de première instance de Rabat, dont la première audience est prévue le 9 février prochain. Il risque jusqu’à 5 ans de prison.


C’est la première fois dans l’histoire récente du royaume qu’un journaliste marocain est poursuivi pour ce motif, alors que même les activistes pro-polisario peuvent désormais exprimer librement leurs opinions politiques dans les forums internationaux.



Le prix Raif Badawi pour les journalistes courageux

Ali Anouzla paye-t-il le prix de son engagement ? Son voyage à Berlin en novembre dernier avait pour but de recevoir le prix Raif Badawi 2015 pour les journalistes courageux, du nom du jeune blogueur saoudien condamné en appel par Riyad en 2014 à dix ans de prison et 1000 coups de fouet pour apostasie et insulte à l’islam. Le prix Raif Badawi, dédié aux journalistes, est décerné par la fondation éponyme et soutenu par l’Alliance des médias internationaux (IMA) et la Fondation Friedrich Naumann. Lors de son séjour à Berlin, Ali Anouzla a donné plusieurs interviews aux médias allemands sur l’état de la liberté de la presse au Maroc.


Cette nouvelle affaire judiciaire intervient alors que le journaliste marocain est toujours poursuivi pour « incitation » et « apologie du terrorisme » suite à la publication sur son site Lakome en septembre 2013 d’un article consacré à la propagande d’AQMI contre le royaume, contenant un lien qui renvoyait vers une vidéo de l’organisation terroriste, hébergée sur un blog du quotidien espagnol El Pais. Son arrestation avait alors suscité l’indignation au Maroc et à l’étranger. Malgré sa libération au bout de cinq semaines, l’Etat a maintenu les charges contre lui et l’instruction a traîné en longueur. Une audience était prévue cette semaine mais Ali Anouzla explique que son avocat Hassan Semlali et lui-même n’en ont pas été informés.

Par @CGuguen
Le Desk Newsroom