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DisparitionDernier voyage pour Michael Cimino, le génie maudit du cinéma américain

03.07.2016 à 05 H 14 • Mis à jour le 03.07.2016 à 07 H 16
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Le cinéaste américain est décédé à l'âge de 77 ans. Il est l'auteur de deux immenses chefs-d'œuvre du 7ème art que sont « Voyage au bout de l'enfer », et « La Porte du paradis ».

Le réalisateur américain Michael Cimino est mort, a annoncé samedi 2 juillet sur Twitter Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes. Une information confirmée par un ami et ancien avocat du cinéaste, Eric Weissmann, auprès du New York Times. Agé de 77 ans, il a été retrouvé inanimé dans sa maison de Los Angeles, en Californie, selon cette source. Les causes de son décès restent pour l’heure inconnues.


Né à New York en 1939, Michael Cimino entame sa carrière cinématographique en tant que scénariste, signant notamment les scripts de Silent Running et de Magnum Force, le second opus de la saga de l’Inspecteur Harry. Il passe à la réalisation en 1974 avec Le Canardeur, un road movie où Clint Eastwood et Jeff Bridges partagent l’affiche.


Une fresque lyrique et grandiose sur l’Amérique

Cimino est l’un des premiers cinéastes américains à avoir abordé le sujet de la guerre du Vietnam, dans ce qui reste aujourd’hui son grand chef d’œuvre, son deuxième film, Voyage au bout de l’enfer (1978), avec Robert De Niro, Meryl Streep et Christopher Walken. S’il lui valut de nombreuses récompenses dont l’oscar du meilleur réalisateur et du meilleur film, The Deer Hunter (son titre anglais) demeure son seul véritable succès commercial. C’était, aussi, non pas un film sur le Vietnam, mais une fresque lyrique et grandiose sur l’Amérique.


Michael Cimino en mai 2007 au Festival de Cannes. VALERY HACHE / AFP


Son troisième long métrage, La Porte du paradis (1980)western réunissant Kris Kristofferson et Isabelle Huppert, qu’il avait imposé à ses producteurs, jouit d’un grand succès d’estime auprès des cinéphiles qui le considèrent comme son autre chef d’œuvre, mais le film fut un cuisant échec commercial et un gouffre financier (35 millions de dollars, au lieu des 7,5 millions prévus) dont Cimino, ruiné et décrédibilisé aux yeux Hollywood, ne s’est jamais vraiment remis. Suite à la pression des producteurs, le montage avait été réduit à 3 h 39. Une nouvelle version « director’s cut » est présentée en 2012 à la Mostra de Venise et réhabilite l’œuvre de M. Cimino. Mais ce dernier restera toujours marqué l’échec, qui a conduit le studio United Artists à la faillite, et lui colla l’étiquette peu enviable d’assassin du cinéma d’auteur. « La Porte du paradis fut victime d’un système qui aurait aussi bien pu être fatal au Convoi de la peur, à Apocalypse Now, à 1941 ou à Reds. Les “délires“ de Cimino ne furent pas pires que ceux de Friedkin, Coppola, Spielberg ou Beatty », pense plutôt le chroniqueur Peter Biskind du Nouvel Hollywood.


Ses films suivants, L’Année du dragon (1985), Le Sicilien (1987), jusqu’à Sunchaser (1996) ne furent jamais à la hauteur des deux premiers cités. Cinéaste haï par l’establishment hollywoodien, Cimino, qui n’aura réalisé que huit films, entre 1974 et 2007, a souvent joué de son image de martyr du cinéma américain. Jusqu’au bout, sa réputation d’outlaw lui a collé à la peau. Cinéaste doué d’un lyrisme exceptionnel et conteur sans concession des cauchemars de l’Amérique, il restera enfermé dans la légende de ses deux grands films.

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Le Desk Newsroom