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Guerre au YémenLes Etats-Unis condamnent les dérives de la coalition arabe au Yémen sans pour autant stopper ses livraisons d’armes

20.08.2016 à 15 H 47 • Mis à jour le 20.08.2016 à 15 H 47
Par
Elizabeth Trudeau, porte-parole du Département d’Etat américain a vivement condamné le ciblage des civils et des infrastructures par l’aviation arabe coalisée dont fait partie le Maroc.

La coalition arabe, dont fait partie le Maroc, a de nouveau bombardé un hôpital géré par Médecins sans frontières au Yémen lundi dernier, poussant le Département d’Etat américain à condamner avec une rare force la politique militaire de la coalition.


« Bien sûr, nous condamnons l’attaque », a déclaré Elizabeth Trudeau, porte-parole du département d’Etat.


Le Département d’Etat a déjà esquivé des questions gênantes sur les attaques de la coalition en renvoyant les journalistes au gouvernement saoudien –  même si les États-Unis ont fourni à la coalition des milliards de dollars d’armes, et a ravitaillé en vol les avions engagés dans les frappes, dont les F-16 marocains.


Une demande pressante de la part de Washington

Trudeau a également souligné que « les Etats-Unis débattent régulièrement avec les responsables saoudiens sur les victimes civiles » –  une ligne constamment répétée durant ces derniers mois. L’Arabie saoudite et ses alliés ont néanmoins continué à bombarder des sites civils, y compris les maisons, les marchés, les usines et les écoles.


« Nous les avons également encouragés à faire leur possible pour protéger les entités protégées par le droit international, comme les hôpitaux », a déclaré Trudeau.


Mais pour la coalition arabe, bombarder des installations médicales est devenu une routine. En octobre, la coalition a bombardé un hôpital soutenu par MSF dans la zone de Haydan au Yémen, détruisant le centre médical d’urgence desservant 200 000 personnes. En décembre, les frappes aériennes ont détruit une clinique de MSF à Taiz alors que les médecins traitaient les blessés d’un raid aérien de la coalition à proximité d’un parc. Et en janvier, la coalition a détruit un hôpital dans le district de Razeh, tuant cinq personnes –  et tuant un chauffeur d’ambulance travaillant pour MSF plus tard le même mois.



Ces attaques ont été largement rapportées par les médias, car ils ont ciblé un organisme de bienfaisance occidental de premier plan, mais la coalition a probablement effectué beaucoup plus d’attaques sur les hôpitaux yéménites. Au cours des huit premiers mois de la guerre, entre mars et novembre 2015, la Croix-Rouge internationale a reçu des centaines de rapports sur les attaques contre les établissements de santé à travers le pays.


L’attaque de l’hôpital est la conséquence d’une offensive agressive menée par le régime saoudien et ses alliés après que les rebelles Houthis au Yémen ont rejeté les termes d’un accord de paix plus tôt ce mois-ci. La coalition a détruit depuis une usine alimentaire, une école, et un pont que l’ONG Oxfam décrit comme « la principale voie d’approvisionnement pour Sana. »

 

Silence sur la livraison des armes

Trudeau a également dénoncé la destruction de ce pont stratégique. « Nous avons vu ces rapports, et si le pont a été délibérément frappé par les forces de la coalition, nous trouverions cela complètement inacceptable », a-t-elle déclaré. Et d’ajouter, « Le pont était vital pour l’acheminement de l’aide humanitaire, sa destruction va compliquer davantage les efforts visant à fournir une assistance à la population du Yémen. »


La campagne menée par la coalition arabe au Yémen a enfoncé le pays dans une crise humanitaire sans précédent. En mars 2015, l’Arabie saoudite a imposé un blocus strict sur le Yémen, qui, auparavant, importait 90 % de ses besoins de base en nourriture et en médicaments. Selon l’UNICEF, en mai, le conflit avait exposé 21 millions de personnes a un besoin d’une aide humanitaire d’urgence, et plus de 300 000 enfants de moins de 5 ans à un risque de malnutrition sévère.


Malgré ses condamnations, Trudeau a refusé de dire si le département d’Etat américain réexaminerait ses livraisons d’armement à Riyad. « Je n’ai rien à dire de particulier à ce sujet », a-t-elle dit. Washington a décidé hier de retirer ses staffs impliqués dans le soutien à la coalition arabe à cette nouvelle offensive au Yémen.


Avec Agences

Par
Le Desk Newsroom