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Laïcité françaiseLa chasse au burkini entraîne la France dans une spirale de dérives de plus en plus dénoncées

24.08.2016 à 13 H 32 • Mis à jour le 24.08.2016 à 13 H 53
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En pleine période estivale, plusieurs maires de villes balnéaires françaises, de droite comme de gauche se sont lancés dans la chasse au burkini évoquant le risque de trouble à l’ordre public, l’hygiène, l’égalité hommes-femmes, le modèle laïc, la lutte contre Daech. Leurs arrêtés conduisent à des dérives.

Une mère de famille de 34 ans a annoncé mardi vouloir contester un PV qui lui a été dressé à Cannes dans le sud de la France en vertu du très controversé arrêté « anti-burkini » du maire de la ville. Elle était sur la plage, en legging et tunique, coiffée d’un voile à motifs et a été verbalisée car elle ne portait pas « une tenue correcte respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité », selon un extrait du PV qui lui a été dressé, et qu’elle a diffusé à la presse.


Une verbalisation « honteuse »

Une histoire qui a fait se dresser de nombreux internautes qui dénoncent cette verbalisation, jugée « honteuse » et aux forts relents islamophobes. Les opposants à l’arrêté dénoncent une dérive prévisible de cette mesure.



Les faits se sont produits le 16 août, a expliqué la mère de famille à l’AFP. « J’étais assise sur la plage avec ma famille. Je portais un foulard classique, un hijab fleuri. Trois policiers sont venus vers moi car je portais une tenue pas correcte », a-t-elle relaté.



« Je n’étais pas là pour faire de la provocation, je n’avais pas l’intention de me baigner », ajoute la jeune femme, qui dit avoir refusé de payer l’amende de 11 euros.



Interrogé par l’AFP, le maire de Cannes, David Lisnard a estimé que « si cette femme estime qu’elle a été injustement verbalisée, ce qui peut hélas toujours arriver dans beaucoup de domaines, il faut qu’elle conteste. » Le maire a dénoncé, autour de cette affaire, « un buzz voulu, orienté et dangereux. Certains veulent alimenter l’idée d’une forme de ségrégation, c’est abject ».



Contactée par l’AFP, un témoin de la scène, en a confirmé le déroulé : « Les policiers disaient ‘on ne fait qu’appliquer la loi’ . Le plus triste, c’est que des gens criaient (à la mère) ‘rentre chez toi !’ , certains applaudissaient la police. Pendant ce temps-là, sa fille pleurait », a-t-elle décrit.


A Nice, des scènes similaires créent l’indignation  

L’indignation quant aux possibles dérives de l’arrêté, a été renforcée sur les réseaux sociaux suite à la publication de photos d’une femme voilée contrainte par la police d’enlever sa tunique alors qu’elle prenait un bain de soleil sur une plage de Nice. Les clichés, publiés par le Daily Mail, ont fait le tour du web, particulièrement sur les sites britanniques ont été largement relayées sur les réseaux sociaux par les sympathisants de l’organisation Etat islamique. Le spécialiste des questions jihadistes David Thomson, reporter à RFI estime que ces clichés sont du « pain bénit » pour les jihadistes, « car elles représentent l’incarnation même de leur rhétorique anti-France ».




Les burkinis étaient extrêmement rares sur les plages françaises, cependant la question a été érigée en priorité par certains maires français qui l’ont fait interdire au nom de la laïcité –  pourtant l’arrêté ne concerne que le burkini et pas d’autres tenues comparables à connotation religieuse- . Depuis lors, le débat sur la question a monopolisé les médias et les sorties politiques.


La créatrice qui a créé ce type de maillots a annoncé que ses commandes s’étaient envolées depuis que la polémique a éclaté.


Avec Agences

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Le Desk Newsroom