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« Bouclier de l’Euphrate »,La Turquie lance la plus grosse opération militaire en Syrie depuis le début du conflit

24.08.2016 à 12 H 11 • Mis à jour le 24.08.2016 à 12 H 11
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L'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antijihadiste, a lancé à l'aube une opération militaire de grande envergure pour chasser le groupe Etat islamique de Jarablous, ville frontalière avec la Syrie. Les milices kurdes sont aussi visées.

Mercredi 24 août avant l’aube, l’armée turque a lancé une opération en Syrie pour chasser l’organisation Etat islamique (EI) et les milices kurdes de Jarabulus, frontalière de la Turquie. Une dizaine de ses chars sont entrés en territoire syrien.


Cette opération, soutenue par les forces de la coalition internationale antidjihadiste et baptisée « Bouclier de l’Euphrate », est la plus ambitieuse de la Turquie depuis le début du conflit syrien, il y a cinq ans et demi. « Les forces turques ont lancé mercredi matin une offensive contre l’Etat islamique et les milices kurdes dans le nord de la Syrie », a confirmé le président Recep Tayyip Erdogan.L’objectif est de faire cesser les violences qui éclatent fréquemment à la frontière, a-t-il précisé.


Des blindés et des chasseurs F-16 engagés dans l’attaque

Selon des sources militaires, des chars turcs ont pénétré en Syrie dans le cadre d’une offensive en direction de Jarablous, ville frontalière tenue par l’EI. L’opération a été précédée de tirs d’artillerie ainsi que de raids de l’aviation turque et de la coalition formée par les Etats-Unis. Un journaliste de Reuters sur place a noté la présence de six blindés du côté syrien de la frontière et fait état d’intenses bombardements.



Des membres de l’Armée syrienne libre (ASL) qui se rassemblaient depuis plusieurs jours en Turquie avec le soutien d’Ankara dans l’optique d’une offensive à Djarablous ont également franchi la frontière dans le même secteur, a déclaré leur commandant, interrogé par Reuters.


Jarabulus est le dernier point de passage contrôlé par l’EI à la frontière côté syrien. La Turquie tente ainsi d’établir sa « zone de sécurité ». Le ministère des affaires étrangères a affirmé attendre que les milices kurdes du Parti de l’union démocratique (PYD) se retirent à l’est de l’Euphrate. Alors que des centaines de rebelles syriens soutenus par Ankara se préparaient du côté turc à une offensive pour prendre Jarabulus mardi, un responsable turc avait indiqué que cette opération était motivée par la volonté d’Ankara d’empêcher la prise de contrôle par les milices kurdes de cette localité.



Ankara voit avec anxiété toute tentative des Kurdes de Syrie de créer une unité territoriale autonome le long de sa frontière. La Turquie considère l’EI et le PYD comme des organisations terroristes, et les combat, alors que son allié américain soutient, au grand dam d’Ankara, les Kurdes contre les djihadistes en Syrie. La Turquie est aussi soucieuse d’empêcher l’avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par le PYD mais aussi composées de groupes armés arabes luttant contre l’EI, de Manbij vers Jarabulus et ne veut pas que les Kurdes se positionnent davantage à la frontière.



Le vice-président américain, Joe Biden, est arrivé ce mercredi à Ankara, où il doit rencontrer le premier ministre, Binali Yildirim, puis le président Erdogan. La situation en Syrie, comme la question de l’extradition de l’ex-imam Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et que les autorités turques désignent comme l’instigateur du putsch avorté du 15 juillet en Turquie, seront à l’ordre du jour de la visite de Biden.


Avec Agences

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Le Desk Newsroom