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Législatives 2016A Mohammedia, plus offensif que jamais, Benkirane répond aux remontrances du Palais

03.10.2016 à 20 H 12 • Mis à jour le 06.10.2016 à 12 H 32
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Tantôt menaçant, tantôt conciliateur, le chef du PJD a usé d’un ton très critique ce soir, tirant à boulets rouges contre ses adversaires, mais aussi contre les médias qui le descendent en flamme. Résumé

L’attaque avait été frontale. Abdelilah Benkirane « se comporte en opposant le week-end venu, lors des réunions et meetings du PJD », alors que dans d’autres circonstances, il encense le roi à tout va, lui jurant une fidélité absolue, même si ce dernier décidait de l’envoyer au cachot, selon les termes effectivement tenus à maintes reprises par l’homme fort du PJD. Une attitude jugée « particulièrement irresponsable », par l’entourage royal, rapportait sous couvert d’anonymat une source à Jeune Afrique en juillet dernier.


Ce soir,à Mohammedia, Benkirane répond à la critique en affirmant que « oui, je travaille cinq jours par semaine et le week-end, j’endosse mon rôle de chef de parti pour faire de l’opposition… à la corruption et aux privilèges ». « Le projecteur est braqué sur nous, nuit et jour, mes enfants (…) Certains disent que je vais m’associer avec le PAM (rires) Je ne vais pas m’associer avec un menteur, moi je n’ai ni maison, ni verger, ni mètre carré, j’attends de mourir pour rejoindre ma tombe »,


« Nous descendrons sur le terrain ! »

Particulièrement offensif, le chef du gouvernement sortant a tenté de galvaniser une foule acquise mais trop tiède à son goût. « Les citoyens ont confiance en nous parce que nous ne voulons ni leurs richesses, ni les spolier comme les autres (…) Je ne vous sens pas habitants de Mohammedia, vous dormez la journée ou quoi ? », a-t-il déclamé.



Il a particulièrement décoché des flèches aux médias :  « Devant les attaques d’une certaine presse vendue et surtout les attaques immondes de la chaîne 2M, j’ai décidé de patienter contre mon gré, mais sachez qu’un jour nous descendrons sur le terrain pour leur rendre la monnaie de leur pièce ! ».


Reprenant sa thématique fétiche sur le social, le leader du PJD a déclaré : « Marocains, nous ne sommes pas là pour vous voler votre vote, nous voulons travailler ce pays en faveur de tous les déshérités, les veuves, les divorcées, les orphelins ! », ajoutant : « Le Maroc n’est pas pauvre, il a les moyens. Les décideurs qui aiment leur pays doivent agir, les autres, partir ».


Commentant les critiques qui l’accusent de vouloir « islamiser la société », il a répondu en ponctuant sa phrase de rires : « Cette société est musulmane depuis 14 siècles. Que veulent-ils ces démons, changer la donne ? »


Enfin, en VRP de son parti venu convaincre un maximum d’électeurs, il a rétorqué à la foule qui l’appelait à la victoire  : « Pourquoi vous ne me donnez pas les trois sièges de cette ville ? (…) Vous voulez une deuxième législature pour le PJD ? Alors allez votez pour nous, sinon ce sera la catastrophe ! (…) L’autre, en face, qui veut vous acheter pour une poignée de dirhams, il veut vous donner combien ? Moi, je vous offre l’avenir de ce pays », a-t-il déclaré déclenchant les vivas de la foule électrisée par son discours.


Communicant habile, et après avoir éreinté « l’Etat profond », Benkirane a terminé son discours sur une note de rassemblement, rappelant à son audience qu’il agit sous le commandement du roi : « Si le peuple de Salé (circonscription où il se présente, ndlr), ne me veut pas, je m’en irai. Mais s’il le veut et si vous le voulez aussi, Ô peuple de Mohammedia, je vais tenter de concilier mes efforts avec ceux de Sa Majesté le roi, le chef de l’Etat, et avec nos alliés et même avec nos adversaires s’ils abandonnent enfin leurs manigances ! »

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Le Desk Newsroom