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Grandes manoeuvresLe RNI en ordre de bataille pour consacrer le retour de Aziz Akhannouch et son basculement dans l’opposition

13.10.2016 à 12 H 02 • Mis à jour le 13.10.2016 à 12 H 02
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Un Congrès extraordinaire réunissant le Rassemblement des Indépendants a été programmé pour le 29 octobre. Il est destiné à acter le remplacement de Salaheddine Mezouar, démissionnaire, par l’homme d’affaires et ministre sortant de l’agriculture, mais aussi l’alliance annoncée avec l’UC

C’est une transition menée à grande enjambée, mais réglée toutefois comme du papier à musique. Alors que de nombreuses sources évoquaient depuis déjà quelques jours le retour officiel de Aziz Akhannouch dans les rangs du RNI pour succéder au pied levé à Salaheddine Mezouar qui a surpris son monde par la présentation de sa démission, évoquant sa responsabilité directe dans les résultats peu probants du parti de la colombe aux dernières législatives, mais aussi des contingences liées à son agenda diplomatique au cœur du dispositif de la COP 22 qui se tiendra bientôt à Marrakech, le bureau politique du parti s’est réuni hier jusque tard dans la nuit pour préparer le terrain à ce remplacement.


Selon un communiqué rendu public dans la foulée de ce conclave, il est indiqué que le bureau politique du RNI « salue » cette initiative, qui précisent les Indépendants a été le fait du secrétaire général sortant. Une manière d’indiquer que cette proposition n’est pas exogène aux instances et qu’elle procède d’un passage de témoin inclusif, Akhannouch « n’ayant en quelque sorte jamais rompu le cordon ombilical avec la formation politique dont il a été l’une des figures notoires », explique un membre du parti soupesant ainsi chaque élément de langage décidé pour communiquer avec la presse.


La préparation d’une opposition « libérale »

Le RNI a aussi veillé à ne pas imposer dans ce process de mesure exceptionnelle, laissant au Congrès extraordinaire à venir de consacrer cette transition. « L’option d’un leadership transitoire a rapidement été écartée, sachant que le temps imparti était suffisant pour, d’une part afin de permettre à Mezouar de passer la main avant l’ouverture de la COP 22, et d’autre part de respecter les dispositions textuelles de l’organisation interne du RNI », explique la même source. En clair, un intérim de deux semaines d’Akhannouch était plus problématique qu’une solution en soi.


Ceci-dit, d’après les sources du Desk, le ministre de l’agriculture qui était hier à Sidi Bennour pour le lancement de la campagne agricole, agit déjà en coulisses avec pour premier mandat d’assurer un rapprochement avec l’Union Constitutionnelle. L’UC, on le sait, avait évoqué la future constitution d’un « pôle libéral » sous la forme d’un groupe parlementaire. Une décision d’ailleurs officialisée hier par le parti de Mohamed Sajid par voie de communiqué.


Autre position décisive évoquée par le RNI hier soir, celle d’annoncer en filigrane le basculement du parti dans l’opposition, confirmant la distanciation opérée lors de la campagne électorale avec les anciens alliés de la coalition gouvernementale menée par le PJD. Le RNI établit donc la césure de cette bipolarité annoncée dans le champ politique, entre d’une part les partis relevant de la technocratie du pouvoir et ceux qui se réclament plus fermement d’un socle idéologique. Le PJD et la réminiscence de l’ancienne Koutla d’une part et d’autre part les partis néo-administratifs sous la houlette du PAM.


Des grandes manœuvres menées par le RNI qui augurent déjà de la bataille en préparation, alors que le camp d’en face est en plein affinage de la future coalition gouvernementale. Le communiqué du RNI demeure dans ce sens prudent affirmant que l’option ne pas participer au futur Exécutif est prise « sauf si les conditions nécessaires sont réunies ». De quoi alimenter pendant les semaines à venir les débats autour des scénarios de coalition. Le PJD quand à lui a déjà donné le ton sur ses adversaires déclarés parlant de « parachutage prévisible d’Akhannouch (…) joker des perdants ».

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Le Desk Newsroom