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Cartel des pétroliersCarburants : soupçons sur une entente sur les prix à la pompe

18.10.2016 à 14 H 09 • Mis à jour le 18.10.2016 à 14 H 11
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Alors que le prix du baril n’a jamais été aussi bas, les prix à la pompe connaissent des augmentations sensibles. Le gouverneur de Bank Al-Maghrib avait pourtant mis en garde contre toute pratique de cartel

Alors que les prix du pétrole se sont effondrés depuis plus d’un an, le prix à la pompe a augmenté de 40 à 60 centimes. Ainsi, le prix du diesel varie entre 9 et 10 DH le litre tandis que celui de l’essence est passé à 10,30 DH. Une augmentation que laisse planer le doute sur une éventuelle entente sur les prix entre les quinze principaux distributeurs du marché national. Ces derniers ont justifié cette augmentation par la TIC et la TVA qui s’élève à 4 dirhams comme prévu par la loi de finances.


L’autre argument des distributeurs consiste à justifier l’impact sur le prix à la pompe de l’augmentation du prix du baril qui est passé de 35 à 52 dollars. Une façon de se protéger de cette augmentation insignifiante dans un marché qui dispose de stocks énormes négociés au prix du plancher de 34 dollars.



L’autre crainte vient de l’OPEP qui est en passe de décider la diminution de la production mondiale quotidienne de 800 000 barils par jour et fixer le volume total de production à 33 millions dans l’espoir de limiter la baise des prix. Or, les distributeurs pourraient surfer sur cette diminution de la production pour augmenter le prix à la pompe.


Jouahri tire la sonnette d’alarme

Pourtant l’argentier du royaume n’est pas allé de main morte avec les distributeurs dans l’une des ses sorties médiatiques fin septembre. Le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdelatif Jouahri a tiré à boulets rouges sur la corporation des pétroliers les accusant de corriger les prix systématiquement dans le sens de la hausse et accuse ces sociétés de ne pas répercuter les baisses du cours international du pétrole. La BAM est allée jusqu’à accuser les distributeurs d’augmenter leurs marges sur le dos des consommateurs. Un message politique en filigrane qui dresse un constat de manipulation de la décompensation via une entente sur les prix.



Pour rappel, depuis la libéralisation du marché des hydrocarbures le 1er décembre 2015, les différences de prix entre les distributeurs ont été insignifiantes. Mais, un an après cette décompensation, les distributeurs semblent décidés à agir sur les prix pour augmenter leurs marges. Mais s’agit-il d’une entente sur les prix ? Dans un précédent entretien accordé au Desk, Adil Ziyadi, le président du groupement pétrolier marocain avait balayé d’un revers de main cette thèse : « Aujourd’hui, nous sommes quinze opérateurs sur ce marché, et il y a beaucoup de concurrence entre tout ce beau monde. C’est un secteur très diversifié, on trouve des multinationales, on a aussi des majors marocains leaders du marché et il y a aussi un ensemble de sociétés moyennes et plus petites. Tout cela fait qu’une entente entre tous est à oublier. En tout cas, moi je m’attends à ce qu’il y ait de la concurrence honnête. »


Enfin, l’idée d’une autorité de régulation du secteur n’a eu les faveurs ni des distributeurs ni du gouvernement. Et pour cause, la mise en place d’une instance de ce type est pressentie comme un retour à la régulation d’un marché qui a mis 30 ans pour s’en départir.

Par @HichamMood
Le Desk Newsroom