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FootballUne finale de la Champion’s League hors Europe, sous la pression des sponsors ?

21.10.2016 à 16 H 19 • Mis à jour le 21.10.2016 à 16 H 54
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Dans un monde globalisé, les sponsors et chaines sportives prennent le pas sur les fédérations nationales et mettent la pression pour organiser des shows sportifs à l’échelle mondiale.

C’est au détour d’une phrase que le président de l’Union européenne des associations de football (UEFA), Aleksander Ceferin, a annoncé qu’il réfléchissait à organiser la finale de la Ligue des Champions hors d’Europe et pourquoi pas aux États-Unis. « C’est une idée que nous pouvons discuter à l’avenir », a-t-il expliqué dans une interview accordée à l’Associated Press. Un projet déjà en gestation depuis quelques années, qui vise à élargir les audiences du football, devenu une « machine à fric », en délocalisant le spectacle vers d’autres régions du monde où la population est plus nombreuse.


Kolossal Football

Une finale de la Champions League aux États-Unis est synonyme d’un gigantesque spectacle à l’instar du Super Bowl qui serait retransmis vers l’ensemble de la planète. Si le football reste la chasse gardée des Européens, le business foot est en passe de dicter sa loi aux institutions du Vieux continent qui dirigent ce sport populaire. En effet, les mastodontes de la télévision et les sponsors exercent depuis plusieurs années une grande pression sur ces instances footballistiques pour dicter une nouvelle organisation des grandes compétitions. Normal quand on sait que le sport de façon générale brasse quelque 500 milliards de dollars annuellement et que le football est devenu la plus grosse industrie du spectacle au monde.


En mettant le grappin sur les droits télé de toutes les compétitions, les chaines sportives seraient prêtes dans un avenir proche à s’affranchir de la tutelle des fédérations nationales et continentales pour organiser des championnats entre grands clubs totalement indépendants des pays. L’Angleterre reste le laboratoire par excellence de ces idées. En effet, plusieurs clubs anglais sont cotés en bourse et leurs propriétaires proviennent de la finance mondialisée. Résultat, les clubs devenus des entreprises ont perdu leur enracinement national et local et leurs supporters sont éparpillés dans le monde entier. C’est le cas au Maroc où certains clubs européens sont devenus des équipes de substitution pour une population locale plus exigeante, alors que le football national n’offre plus de spectacle attirant.


OPA sur le foot

Le premier acte de cette réorganisation du football mondial a été signé par les Etats-Unis qui ont lancé en 2015 une enquête sur les responsables de la FIFA et qui a abouti au démantèlement du système de corruption mis en place par Sepp Blatter et ses prédécesseurs. Comme la nature a horreur du vide, un autre système dominé par les sponsors et les médias sportifs est en train de le remplacer. Certaines analyses pessimistes prédisent même une dévalorisation de la plus grande compétition de football qu’est la Coupe du monde en faveur de championnats internationaux dédiés aux grands clubs. Une évolution qui appuierait la théorie de la fin des États.


Valeur aujourd’hui, une compétition comme la Champions League est de meilleure qualité sportive que la prestigieuse Coupe du monde, puisqu’elle rassemble le gotha mondial des footballeurs. Si la nouvelle doctrine fera des mécontents parmi les supporters qui ont encore un attachement viscéral avec le maillot et l’hymne du club ou du pays, les futures générations formatées par BeIn sport, TV Globo, Canal + ou Sky Sport constitueront l’armée de réserve des supporters sans territoire et sans nation. Enfin, les nouvelles générations de téléviseurs dotées de la technologie de la réalité augmentée permettront à n’importe quel téléspectateur de regarder son match comme s’il était dans le stade sans bouger du canapé. On n’arrête pas le progrès.

Par @HichamMood
Le Desk Newsroom