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ReligionL’institut Mohammed VI de formation des imams ciblé par une enquête du Palais ?

22.10.2016 à 10 H 53 • Mis à jour le 22.10.2016 à 15 H 59
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Une enquête commandée « en haut lieu » viserait actuellement l’institut Mohammed VI de formation des imams. La raison ? Des imams franco-marocains ont obtenu leur diplôme sans avoir terminé leur formation et ont été renvoyés en France.

Depuis quelques semaines, l’institut Mohammed VI de formation des imams de Rabat serait la cible d’une enquête commandée en « haut-lieu », selon des sources proches de l’établissement. La commission d’enquête, qui court-circuite le ministère de tutelle d’Ahmed Taoufiq selon nos sources, serait chargée de lever certaines zones d’ombres, notamment celles entourant le départ précipité l’été dernier de plusieurs imams venus de France.


La diplomation malgré une formation écourtée

Ce qui pose problème : les imams en question, binationaux pour la plupart, n’auraient au final passé qu’une seule année sur les deux promises dans le cadre de leur formation. Ce qui ne les aurait pas empêchés de décrocher une attestation de formation avant de revenir officier dans les mosquées des différentes villes françaises.


Interrogé par nos soins, certains imams concernés par la formation et donc par le départ précipité, racontent les faits sous couvert d’anonymat. « Au terme de la première année, le ministre des Habbous et des Affaires islamiques s’est réuni avec nous pour nous faire savoir que cette année (2015-2016, ndlr) allait compter pour « du beurre », selon ses propres termes », nous explique un des deux imams rencontrés.


L’institut Mohammed VI de formation des imams à Rabat. EMB


Les imams revenus en France ont d’ores et déjà été contactés par les responsables de l’établissement de formation afin de témoigner et de rapporter « mot pour mot » ce qui a pu se dire lors des différentes entrevues avec le ministre des Affaires religieuses.


Les raisons invoquées par Ahmed Taoufiq concernent une supposée « inadéquation » de la formation des imams. Solution selon le responsable gouvernemental ? Que les imams refassent leur première année, avec une toute nouvelle promotion. Une année de perdue qui n’a pas été du goût des prédicateurs. Après de nombreuses réunions entre le ministre et les imams, une solution médiane finira par être trouvée. « Face à nos contestations, à nos menaces de recourir à la presse mais aussi d’adresser une correspondance au roi du Maroc, le ministre a fini par nous demander de partir, en acceptant quand même de nous décerner une sorte de diplôme, même si nous n’avons pas fini les deux années », précise le second imam.


L’arrivée du premier contingent des imams de France, envoyé par l’Union des mosquées de France (UMF) pour une formation à l’institut sis à Madinat Al Irfane remonte à mars 2015, date de son inauguration officielle par Mohammed VI. Cela, sachant que la signature de l’accord par le ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Laurent Fabius, et Ahmed Taoufiq n’a eu lieu que plusieurs mois après, en septembre 2015, à l’occasion d’une visite du président français François Hollande à Tanger. Les imams auront donc passé près de 7 mois en formation alors même que le contenu de leur formation n’avait pas été officiellement validé entre les deux pays.

Par @soufianesbiti
Le Desk Newsroom