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Affaire FikriLes fonctionnaires syndiqués de la pêche solidaires avec leurs collègues d’Al Hoceima

17.11.2016 à 23 H 53 • Mis à jour le 17.11.2016 à 23 H 53
Par El Mehdi Berrada

Le sit-in organisé aujourd’hui conjointement entre l’UMT et la CDT à Rabat devant le siège de l’administration centrale des délégués de pêche maritime a connu un franc succès selon les organisateurs. Près de 300 fonctionnaires en grève ont manifesté leur soutien à leurs collègues d’Al Hoceima qui sont en état d’arrestation et accusés de meurtre non prémédité suite à l’affaire Mouhcine Fikri.


Selon les personnes présentes presque toutes les délégations ont manifesté leur condamnation et ont été représentées aujourd’hui. Les fonctionnaires du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime demandent la libération des accusés d’Al Hoceima. Mourad El Ghazali, secrétaire général des fonctionnaires de la pêche maritime explique leur démarche.



Quelles sont les raisons de ce mouvement de grève tenu aujourd’hui à Rabat à l’initiative de l’UMT et la CDT ?

Les causes qui nous ont poussé à faire ce sit-in aujourd’hui sont très simples. C’est l’arrestation de nos collègues, Mohamed Charaf, Rachid Reguragui et le Dr Abdelmjid Ahmraoui. Ces personnes ont été arrêtées alors qu’ils n’ont fait que leur travail en respectant la loi sur la confiscation du poisson pêché dans un cadre illégal et non déclaré. L’espadon est interdit à la pêche du 1er octobre au 30 novembre et le vétérinaire, après consultation, a jugé que le produit ne pouvait pas être destiné à la consommation. Nos collègues ont appliqué la loi pour lutter contre ces pratiques frauduleuses. C’est un produit interdit, c’est comme si on parlait d’une drogue, on ne peut pas laisser passer ça. Et à la fin ils se retrouvent emprisonnés et avec de lourdes peines choses qu’on dénonce et qu’on condamne fortement au sein de notre syndicat et de la CDT qui est notre partenaire dans cette manifestation.


Si vous dites que ces personnes n’ont fait que leur travail en respectant la loi, pour quelles raisons, selon vous, sont-elles actuellement en état d’arrestation ?

Sincèrement, je pense que c’est à cause de l’émotion et des tensions, suscitées par la mort de Mouhcine Fikri, que nos collègues paient maintenant. Nous aussi on se pose la question et nous croyons fortement en l’innocence de nos collègues. Mohammed Charaf est un exemple de droiture dans notre métier et il est connu à travers le Maroc pour sa loyauté. Le procureur du roi, dans son communiqué, disait qu’il avait constaté des irrégularités dans la rédaction du PV de destruction qu’il a qualifié de falsification. Or, ce qui a été rédigé n’a rien d’un PV légalement parlant. Il n’est pas tamponné, il est manuscrit et n’est pas établi sur un document officiel avec en-tête. C’est un simple papier qui a été rédigé en attendant que les autres directions qui interviennent dans les opérations de destruction similaires le contresignent. Nous nous posons toujours la question sur les dessous de cette arrestation et de l’accusation du meurtre non prémédité et nous demandons la libération de nos amis.


Qu’allez vous faire maintenant après cette première sortie, réussie comme vous dites ?

On vient de finir le sit-in et on aura une réunion pour décider de ce qu’on va entreprendre dans les jours à venir. Ce qui est certain c’est que nous sommes tous convaincus qu’il faudra continuer de lutter pour changer cette image stéréotypée qui a été dressée des fonctionnaires de la pêche maritime et qui touche tout le corps du secteur public. Alors que ce sont des personnes qui luttent contre les trafics en tout genre et qui génèrent des milliards de dirhams aux caisses de l’Etat. C’est ça qu’il faut voir et c’est sur ça qu’il faut mettre l’accent. Nos amis de l’ONSSA ont annoncé une grève le 23 et 24 novembre et nous pensons y participer comme ils l’ont fait à nos côtés.

Par El Mehdi Berrada @berradaelmehdi
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