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Balise des marchésL’OCP se prépare à lever 5 milliards de dirhams en obligations spéculatives

29.11.2016 à 15 H 01 • Mis à jour le 29.11.2016 à 15 H 01
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L’OCP se prépare à faire une sortie inhabituelle sur le marché obligataire national. L’entreprise publique fait appel à un instrument financier très rarement utilisé au Maroc : les obligations perpétuelles

L’AMMC vient de viser la note d’information préliminaire pour un futur emprunt obligataire de l’Office chérifien des Phosphates (OCP). Une nouvelle levée sur le marché domestique, mais avec des caractéristiques différentes des précédentes sorties. L’entreprise publique présidée par Mostafa Terrab a fait valider lors de la dernière réunion du Conseil d’Administration un emprunt obligataire sous la forme d’obligations subordonnées perpétuelles. Le montant maximal de cette levée sera de 5 milliards de dirhams possiblement en tranches, réparties entre obligations cotées et non cotées. Un type d’opération financière particulièrement peu usité sur le marché financier national.


Des obligations peu conventionnelles

Les obligations perpétuelles sont des obligations très particulières généralement choisies par la dette souveraine. Pour une raison simple, elles n’ont pas de date de maturité. Théoriquement, le remboursement ne se fait que si la société émettrice est mise en liquidation, sans que cela ne soit une règle générale. En 2009, la BMCE Bank, par exemple, avait levé 1 milliards de dirhams de cette manière, précisant que la durée est indéterminée, avec possibilité de remboursement anticipé à l’initiative de la banque, à partir de la 10ème année.


De plus, le caractère subordonné de la dette implique qu’elle ne peut être honorée qu’après assèchement des autres créances de l’entreprise. La note d’information finale devra davantage préciser les modalités et les caractéristiques techniques de cet emprunt hors normes de l’OCP. Une chose est néanmoins connue : « les dates de rachat seront prédéterminées, et marquées par une augmentation de la prime de risque à chaque date de rachat », précise la note préliminaire.


Garantie, rendement et perspectives alléchantes

L’instrument peut, à priori, paraître risqué pour un investisseur potentiel, mais pour compenser la dimension perpétuelle du sous-jacent, l’émetteur propose des rendements largement supérieurs aux différents taux obligataires habituels. C’est ce point, précisément, qui fait de ce produit un produit à fort potentiel spéculatif. D’un coté, le détenteur du titre sait qu’il ne sera, peut être, jamais remboursé par l’émetteur. Et d’un autre, le marché secondaire ne peut qu’être demandeur d’un rendement important. Dans ce cas précis, la stature de l’OCP ne représente aucun risque d’ordre financier ou même de crédit s’agissant d’une entreprise publique présentant une garantie souveraine. De quoi dynamiser par son caractère très attractif le marché secondaire. Les ambitions grandissantes de l’Office constituant de plus des arguments supplémentaires en faveur de la souscription.


L’OCP explique dans cette note préliminaire que ce nouvel emprunt rentre dans le cadre de son programme d’investissement qui s’étale entre 2008 et 2025 nécessitant une enveloppe d’environ 200 milliards de dirhams. « La stratégie du Groupe OCP vise à renforcer sa place en tant que premier producteur intégré de phosphates et de maintenir un positionnement flexible sur la chaîne de valeur (roche, acide, engrais), tout en renforçant son offre de produits dérivés », peut-on lire sur le document visé par le gendarme de la bourse. Dans le détail, l’ambition du phosphatier national est de doubler sa capacité d’extraction minière et de tripler sa capacité de production chimique. L’entreprise prévoit entre autres, la construction d’un nouveau pipeline de transport reliant El Gantour et Safi, ainsi que l’aménagement du Jorf Phosphate Hub, sans parler de ses projets à l’échelle continentale.

Par @berradaelmehdi
Le Desk Newsroom