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Etats-UnisSelon la CIA, Moscou a interféré dans l’élection présidentielle en faveur de Trump

10.12.2016 à 05 H 37 • Mis à jour le 10.12.2016 à 05 H 43
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Les piratages informatiques menés pendant la campagne électorale sont considérés par les agences de renseignement américaines comme une implication de la Russie dans l’issue du vote. Un rapport secret de la CIA révélé par le Washington Post contribue à cette thèse

Le Washington Post a fait état vendredi d’un rapport confidentiel émanant de la CIA qui va plus loin que la mise en cause de la Russie avancée dès le 7 octobre et que Moscou avait catégoriquement toujours nié.


L’administration américaine – le département de la sécurité intérieure et la direction du renseignement – avait clairement désigné Moscou après une série de piratages. Le National Democratic Committee avait été visé début 2016 : la divulgation de courriers internes témoignant du soutien évident apporté à la candidature de Hillary Clinton par rapport à celle de Bernie Sanders, avait débouché sur une crise politique et le départ de la responsable démocrate, Debbie Wasserman Schultz.



Le FBI avait ensuite fait état d’attaques récurrentes des administrations en charge des élections dans un certain nombre d’Etats jetant le trouble sur la fiabilité du processus électoral dans sa globalité. Toujours le 7 octobre, le site WikiLeaks avait commencé la publication de courriers de John Podesta, le directeur de campagne d’Hillary Clinton, dont les fameux échanges sur la rétribution marocaine pour assister à un forum organisé à Marrakech par l’Office chérifien des phosphates (OCP). À en croire le Washington Post, des personnes liées à Moscou ont fourni au site WikiLeaks les courriels piratés de John Podesta, et du parti démocrate, entre autres, ce qui a été vivement démenti par Julian Assange, le fondateur du site WikiLeaks. Le Post note toutefois que l’évaluation de la CIA est loin de constituer un rapport en bonne et due forme reflétant la position des 17 agences américaines du renseignement.


Les démocrates veulent briser le lien avec Moscou

Pour la centrale de renseignement américaine, l’objectif de ces piratages était très précisément de peser sur l’issue du vote en faveur de Trump alors que jusqu’ici la thèse en vogue était la volonté des Russes de créer le trouble autour de la solidité du système électoral américain. « Il y a un consensus au sein de la communauté du renseignement pour estimer que l’objectif était de favoriser un candidat aux dépens d’un autre », assure une source anonyme du Washington Post.



Ce bilan des piratages a été présenté aux responsables du Congrès chargés du renseignement il y a plus d’une semaine, toujours selon la même source. Le Washington Post rappelle que cela n’est pas un fait inédit, déjà en 2008 des intrusions du même type avaient été détectées et imputées à des officines chinoises.


A la veille de son départ, le président Barack Obama a exprimé le souhait qu’un examen approfondi du rôle de Moscou dans la présidentielle soit défini. Si l’objectif de la Maison Blanche n’est pas de remettre en cause le résultat de l’élection du 8 novembre, Obama témoigne pourtant de sa volonté de répondre aux interrogations suscitées ces derniers mois par la possible interférence de Moscou.



Le clan démocrate a poussé à la roue pour que le président prenne publiquement cette décision comptant ainsi briser un éventuel rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine, surtout que le président élu avait mis en doute l’implication de la Russie. Un avis réitéré au magazine Time, qui l’a choisi comme personnalité de l’année.


Des accusations « risibles » pour Trump

Les démocrates estiment que Trump joue un jeu dangereux « avec une puissance étrangère », soufflant le chaud et le froid, tantôt qualifiant les accusations contre la Russie de « risibles », tantôt allant jusqu’à appeler Moscou de divulguer les documents possiblement en sa possession pouvant mettre à mal Hillary Clinton durant la campagne. Une attitude jugée irresponsable au point où certains analystes avaient accusé Trump d’être « un agent russe sans que celui-ci ne s’en rende compte ».


L’équipe du président élu des États-Unis a immédiatement rejeté les conclusions de la CIA, jugeant que les analystes qui y sont parvenus « sont les mêmes que ceux qui disaient que Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive ». « L’élection a pris fin il y a déjà un bout de temps et elle s’est soldée par l’une des plus larges victoires de l’histoire au niveau du collège électoral. Il est temps de passer à autre chose et de ‘Rendre sa grandeur à l’Amérique’ », a expliqué l’entourage de Donald Trump dans une allusion au slogan de campagne du candidat républicain victorieux.

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Le Desk Newsroom