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PolitiqueIstiqlal : Adil Douiri apporte sa contribution à la motion de défiance des anti-Chabat

02.01.2017 à 17 H 33 • Mis à jour le 02.01.2017 à 21 H 43
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Dans un long monologue au micro d’Ihata.ma, l’ancien ministre du Tourisme explique la nécessité, selon lui, de bâtir un gouvernement sur des bases technocratiques. Il appelle aussi à mots couverts au départ de Hamid Chabat de la tête du parti

Alors que le secrétaire général de l’istiqlal avait excusé l’absence de Adil Douiri du dernier Conseil national extraordinaire en raison « d’un déplacement à l’étranger » et non d’un refus d’y participer au même titre que la quarantaine de signataires de la motion de défiance à son encontre, celui-ci s’est longuement expliqué dans une déclaration à Ihata.ma de sa position.



Diouri critique Hamid Chabat sur de nombreux points prenant fait et cause pour ses détracteurs.


D’abord en opposition à l’idée de combattre le « tahakkoum » souvent évoqué par les partisans de Chabat en affirmant que la confrontation avec l’Etat et en particulier avec le Palais n’est pas dans la nature de l’istiqlal, faisant notamment une lecture particulière de l’histoire des rapports du partis avec la monarchie. Pour lui, les pères de l’Indépendance du Maroc, réunis par leur adhésion à l’Istiqlal, rencontraient en cachette le roi Mohammed V pour recevoir de lui les instructions précises pour mener leurs actions.


Deuxième point, il défend l’idée du caractère réservé au roi dans la conduite des affaires diplomatiques, critiquant en cela la sortie de Chabat mettant en cause la légitimité nationale de la Mauritanie.


Douiri, nostalgique de l’ère Jettou

Au sujet de la constitution du gouvernement, l’ancien ministre du Tourisme avance que les expériences technocratiques, notamment celle du gouvernement Jettou ont été davantage bénéfiques au développement socio-économique du pays. Le co-fondateur de la banque CFG et patron de Mutandis estime qu’il est désormais nécessaire de bâtir un gouvernement autour d’une structure resserrée et dont le pôle des affaires économiques devraient être dévolues à un super-ministre chargé de la coordination des dossiers stratégiques. Un arbitrage en phase avec le discours royal de Dakar et dont Aziz Akhannouch, président désigné du RNI se place désormais comme le prétendant évident.


Il estime, au vu des derniers développements, que l’Istiqlal a affranchi le chef du gouvernement désigné de son engagement à former sa coalition avec le parti de la balance, en prenant comme gage la sortie des sages de leur mutisme pour défier Hamid Chabat.


Dans une autocritique sans concession de sa propre formation politique, Adil Douiri avoue l’échec de la direction actuelle de l’Istiqlal, qui selon lui a l’ambition naturelle d’être le premier parti du Maroc. Lors du dernier scrutin d’octobre, l’Istiqlal aurait du engranger 20 % des voix, soit 100 sièges au parlement. « Qu’a de plus le PJD par rapport à l’Istiqlal ? » s’est-il questionné.


Un rajeunissement des cadres loin des polémiques

Adil Douiri estime que le prochain congrès du parti programmé en mars doit être l’occasion de rajeunir l’encadrement de l’Istiqlal avec de nouvelles figures représentant l’idéal historique du parti, loin des polémiques stériles qui ont écorné son image aux yeux de l’opinion publique.


Sur les sanctions envisagées contre Taoufiq Hejira, Karim Ghellab et Yasmina Baddou, Diouri, dit qu’il faudrait alors en toute logique faire passer les 40 contestataires signataires de la lettre de défiance à Chabat en conseil de discipline.


Défendant une vision pragmatique de ce que doit être la composition du futur gouvernement « exclusivement dédiée à l’intérêt des citoyens », Douiri explique en creux la disqualification évidente de Chabat, en raison de la crise dans laquelle il a entrainé tout le parti, mais aussi par ses choix antérieurs personnels.


Il relève cependant « un point positif » dans la déclaration finale du Conseil national : l’Istiqlal soutiendra, quel que soit son sort réservé au parti par Benkirane, l’action du futur gouvernement mené par le PJD.


Enfin, faisant référence aux conséquences des Printemps arabes sur la stabilité des autres pays de la région, Douiri a conclu que la singularité du Maroc n’est pas dans le PJD ou l’Istiqlal, mais dans l’institution royale.


Selon des sources proches de l’Istiqlal, cette sortie qui vient conforter le camp des opposants de Chabat, préfigure de la consolidation en cours d’un front intérieur destiné à le mettre à l’écart de la tête du parti. Une réunion au domicile de M’hamed Boucetta est prévue ce lundi 2 janvier, selon un témoignage recueilli par Medias24 « pour organiser son départ ». Suffisant dans le rapport de force avec les partisans de Chabat ? Pas si sur, la pétition de la ligue anti-Chabat n’a pas mobiisé grand monde jusqu’à présent.

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