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PolitiqueIstiqlal : les frondeurs anti-Chabat organisent la riposte

03.01.2017 à 23 H 34 • Mis à jour le 03.01.2017 à 23 H 34
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Les participants à "la partie de thé" au domicile de Boucetta ont deux objectifs majeurs. Eviter que le trio (Hejira, Ghellab et Baddou) soit sanctionné et se positionner au mieux pour le congrès de mars. La décision de Benkirane de se défaire de son alliance avec l’Istiqlal leur donne des chances de reconquête du parti

Réunis lundi dans le salon des invités au domicile de M’hamed Boucetta, figure tutélaire du parti de l’Istiqlal et meneur en chef du putsch contre le secrétaire général Hamid Chabat, les frondeurs ont échafaudé leur plan de riposte ayant pour objectif de saborder la tenue d’une commission disciplinaire. Celle-ci, rappelons-le, est destinée à mettre à l’écart le trio Taoufiq Hejira, Karim Ghellab et Yasmina Baddou envoyés au charbon au plus fort de la crise mauritanienne pour en finir avec le césarisme d’un Chabat fort de ses notabilités aux réservoirs populaires.


L’argumentaire exposé en défense a été de dire que les atermoiements même du secrétariat général par rapport à la raison du déclenchement de la crise ne peut plus être un motif d’éviction : le parti par la voie de toutes ses instances ayant fait amende honorable sur la question mauritanienne.


La date butoir du congrès de mars

« Reste bien entendu, la conviction à apporter à ceux qui voudrait saisir l’occasion pour un simple règlement de compte. Ce débat est dépassé depuis que Chabat lui-même s’est mis en retrait, déléguant ses prérogatives à ses lieutenants », analyse une source proche du parti qui affirme qu’Ahmed Kadiri, président de la commission disciplinaire qui a été conviée à la réunion ne s’est « absolument pas montré belliqueux à ce sujet, bien au contraire ».


Une date butoir a défini tout l’enjeu du conclave qui a vu se côtoyer des caciques du parti dont M’hamed El Khalifa, Mohamed Benjelloun Andaloussi ou encore Abdelkrim Ghellab avec leurs cadets menacés d’éviction : celle de la tenue du prochain congrès du parti prévu en mars prochain.


La “partie de thé”  a débouché sur une ligne de conduite pragmatique : ne pas se faire dépasser par les adversaires en pratiquant la politique de la chaise vide. Décision a donc été prise, selon les indiscrétions des participants, à participer au congrès.


Les partisans de Chabat ont opportunément postés sur la page Facebook officielle du parti des citations de leur leader les associant à la figure du père-fondateur Allal El Fassi en revendication de l’héritage historique de l’Istiqlal dont ils se réclament. En posture de résistance, ils ont affiché en illustration de profil une main figurant le “v”  de la victoire sur fond de la balance, emblème du parti



M’hamed El Khalifa, désigné comme porte-parole des « 40 félons », pourrait se présenter, soutenu par « les sages », pour affronter Hamid Chabat, si celui-ci ne se résigne pas à quitter la scène. Mais « le bloc que veulent constituer les anti-Chabat n’est pas encore solide », explique un istiqlalien qui fait valoir que parmi les figures iconiques, celle de Abdelouahed El Fassi, fils de Allal El Fassi a viré sa cuti pour rejoindre Chabat et ses foules.


Il est dans ces conditions incertaines peu évident de s’attendre à ce que Chabat accueille El Khalifa les bras ouverts pour siéger au sein de la commission chargée de préparer le congrès, de huiler la machinerie des votes régionaux et de poser le doigt sur les statuts du parti à toiletter.


Les conjurés qui soupèsent les forces en présence avant de sortir du bois savent que Chabat a dans sa main deux cartes maitresses : un premier cercle de fidèles qui trépignent pour obtenir quelques confortables maroquins et de puissants notables qui lui procurent une incontestable légitimité par le résultat des urnes en régions.


La décision du chef du gouvernement scrutée par tous était jusqu’ici la masse manquante dans cette alchimie. Benkirane n’a pas réussi le tour de force de réserver quelques strapontins ministériels à l’Istiqlal. Un point très négatif pour Chabat qui malgré son renoncement personnel voulait en faire un atout-maître dans la perspective de reprendre totalement la main sur le parti, et tuer dans l’œuf la mutinerie des Anciens et de leurs affidés.

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Le Desk Newsroom