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PolitiqueSur instructions royales, Benkirane réunit les chefs de partis pour instituer le Parlement

13.01.2017 à 05 H 29 • Mis à jour le 13.01.2017 à 05 H 30
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Le chef du gouvernement désigné va réunir à 17h les chefs des partis politiques représentés dans l’hémicycle pour désigner une personnalité au perchoir et les commissions parlementaires. Objectif officiel : faire aboutir l’adoption de la loi approuvant le traité panafricain

Abdelilah Benkirane va présider ce vendredi aux alentours de 17h, au siège de la primature une réunion à laquelle participeront les huit secrétaires généraux et présidents de partis politiques représentés au sein du parlement.


« Sa Majesté m’a chargé de réunir les chefs de partis représentés au parlement en présence de M. Abdelouahed Radi pour arriver à un compromis et faire aboutir le projet de loi approuvant le traité constitutif de l’Union Africaine », a déclaré le chef du gouvernement désigné au sortir d’une réunion du secrétariat général du PJD, jeudi 12 janvier, vers 20 heures.



« Il est naturel au vu de l’initiative royale que nous trouvions un consensus et que chacun y apporte sa contribution » a-t-il déclaré, tout en indiquant que des points de débats devraient être aplanis à l’entame des discussions, en premier lieu la question épineuse de la présidence du parlement, et particulièrement la commission de la législation et de justice qui échoit au bloc de l’opposition.


Actant le fait que rien n’empêche sur le plan constitutionnel que la Chambre des représentants soit constituée avant la formation du gouvernement, le secrétariat général du PJD a diffusé un communiqué dans la foulée qui acte de la décision du roi Mohammed VI dont il s’engage à œuvrer à sa réalisation et qui réitère que seul le secrétaire général est légitime à s’exprimer au sujet de l’approbation de la loi entérinant l’acte constitutif de l’Union Africaine.



Exceptionnel en soi, ce conclave a donc pour principal objet la désignation du président de la Chambre des représentants, compte tenu de la situation d’impasse dans laquelle se trouve la formation du futur gouvernement. Une assemblée de la Chambre des élus de la nation regroupant les élus du 7 octobre devra se tenir, selon des sources concordantes au plus tard le lundi 16 janvier.


Abdelouahed Radi qui y est convié en sa qualité de doyen de l’Hémicycle a déjà été témoin de la constitution des instances parlementaires dans des conditions similaires. En 1998, il avait été lui-même élus à la présidence de la Chambre des représentants suite à l’accession historique de Abderrahmane Youssoufi à la fonction de premier ministre de la fameuse « alternance consensuelle » voulue par Hassan II.


Depuis le début des tractations entre le chef du gouvernement désigné avec les leaders des écuries partisanes candidates à former une coalition exécutive, notamment avec Driss Lachgar, un consensus informel avait porté le nom de Habib El Malki, figure et économiste en chef de l’USFP. Benkirane avait cependant très tôt refusé cette option, arguant du fait que cette nomination devait découler de l’architecture gouvernementale, et non la précéder.


Benkirane refuse El Malki au perchoir

Si un quorum est atteint durant la réunion préparatoire sous l’égide du chef du gouvernement consacrant la nomination d’El Malki, Benkirane devrait très probablement rendre son tablier, selon des sources citées par la presse quotidienne parue jeudi 12 janvier au soir.


Afin d’éviter d’être acculé lors de la réunion prévue cet après-midi, Abdelilah Benkirane, avait joint au téléphone son rival du RNI, Aziz Akhannouch, i pour lui proposer de présider lui-même la Chambre des représentants. Ce dernier avait décliné l’offre de chef du gouvernement, indiquant son intention de « voter pour le  candidat idoine sans préjuger de sa couleur politique », selon des sources qui affirment qu’il a affirmé n’avoir « pas de candidat en tête à proposer à ce poste ».

 

Le président du RNI est l’un des fervents supporters de la réactivation du Parlement. Il l’avait asséné lors d’un meeting mercredi 11 janvier devant ses troupes à Casablanca défiant pour l’occasion « toutes les milices électroniques du monde », en allusion à la guerre menée contre lui par les pro-PJD sur les réseaux sociaux.


Suivant les directives royales, toute la classe politique –  y compris désormais les instances du PJD -, a souligné « l’urgence de désigner un président de la chambre des représentants, dictée par l’obligation de ratifier l’acte constitutif de l’Union Africaine, et ce pour l’intérêt suprême de la nation ».

 

Face à cette pression, le PJD est en pleine ébullition. De nombreuses voix se sont élevées dans les rangs des « faucons » du parti pour dénoncer une manœuvre politicienne du pouvoir pour forcer la main à Benkirane.


Après Abdelali Hamieddine qui a mis en garde contre l’intégration du PAM dans une majorité parlementaire opposée au PJD, Abdelaziz Aftati, député du PJD de l’Oriental a fustigé le parti d’Ilyas El Omari, le ministère de Intérieur, et Aziz Akhannouch, tous accusés de comploter contre le PJD, pourtant légitimé, a-t-il affirmé, par la « volonté populaire », pour déclasser Benkirane.


D’autres, comme le syndicaliste Mohamed Yatim ou les contestataires sur les réseaux sociaux, à l’instar de Hassan Hamourou ou Aminatou Maalainine ont donné de la voix, notamment à travers leurs comptes Facebook, obligeant Benkirane à leur imposer le silence.

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