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PolisarioL’Espagne débloque près de 2 M€ pour les camps de Tindouf

26.07.2017 à 19 H 49 • Mis à jour le 26.07.2017 à 19 H 51
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Ce don espagnol contribue à la distribution mensuelle des rations du PAM pour 125 000 réfugiés sahraouis. Des portions alimentaires qui cependant n'atterrissent pas toujours dans les assiettes des populations de Tindouf comme l'avait révélé le rapport OLAF de l'Union européenne qui dénonçait les trafics des pontes du Polisario

L’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), ainsi que les régions autonomes de Galice, La Rioja, Madrid et Murcie, ont aidé les réfugiés sahraouis vivant dans les camps de Tindouf en Algérie avec une contribution conjointe de 1,9 million euros.


Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a salué mercredi la contribution du gouvernement espagnol à fournir une aide alimentaire à cette population.


Dans les camps de Tindouf. Archives/Le Desk


Dans un communiqué, l’agence a expliqué que « depuis plus de 40 ans réfugiés sahraouis vivent dans des conditions extrêmement difficiles dans le désert du Sahara au sud-ouest de l’Algérie. Les femmes, les hommes, les enfants réfugiés vivant dans cinq camps à Tindouf dépendent de l’aide humanitaire extérieure. Le PAM est la principale source de nourriture pour ces personnes, parce que les possibilités d’emploi sont limitées ».


En outre, le représentant du PAM en Algérie, Romain Sirois a déclaré que « l’Espagne est parmi les principaux donateurs qui maintiennent avec régularité l’aide alimentaire aux réfugiés sahraouis. Le PAM apprécie également le fait que plusieurs régions espagnoles contribuent à la sécurité alimentaire et à la nutrition de la population sahraouie ».


Il y a un an, le Programme alimentaire mondial (PAM) avait reçu de l’Espagne un don de 2 millions d’euros pour l’aide alimentaire à destination des camps de Tindouf, comme l’indiquait Europa Press. Pour cette antenne des Nations-Unis, ce chèque venait « au bon moment  ». En octobre 2016, le PAM s’est vu obligé de suspendre une partie de cette assistance par manque de financement. En décembre dernier, il annonçait la réduction probable de moitié la ration mensuelle destinée à Tindouf et ce, durant six mois, en raison d’un déficit qui s’élève à 10 millions de dollars. Antonio Guterres avait alerté l’opinion internationale sur la situation humanitaire dans les camps.


Une aide destinée à 125 000 réfugiés… 

Ce don espagnol contribue à la distribution mensuelle des rations du PAM pour 125 000 réfugiés sahraouis. Des portions contiennent de la farine de riz, d’orge et de blé, des légumineuses (pois et lentilles) de l’huile végétale enrichie, du sucre et un mélange de maïs et de soja.


À cet égard, le Secrétaire d’Etat pour la coopération internationale et latino-américaine, Fernando Garcia Casas, a expliqué que « la situation des réfugiés sahraouis vivant dans les camps est l’une des principales priorités humanitaires pour l’Espagne, et nous sommes le premier donateur bilatéral à soutenir ces réfugiés, avec des contributions annuelles d’environ dix millions d’euros en 2014 et 2015 ».


Le rapport OLAF (Office antifraude de l’Union européenne) sur les détournements « frauduleux et systématiques » de l’aide humanitaire aux camps de Tindouf qui se sont produits sur plusieurs décennies pose toutefois la question sur la destination finale de ces aides.


En 2003, informée qu’une partie de l’aide versée aux camps du sud de l’Algérie était sans doute détournée, la Commission européenne avait demandé à l’OLAF d’ouvrir une enquête. A l’époque, 10 millions d’euros sont débloqués chaque année pour venir en aide aux réfugiés.


Première surprise, l’enquête révèle que leur nombre a été surévalué par l’Algérie, qui a estimé à 155 000 le nombre de personnes vivant dans les camps alors que le comptage effectué par le Centre commun de recherche (CCR) de l’Union européenne en recense seulement 90 000. Cette évaluation « scientifique » sera notamment réalisée à partir d’images satellites.

…mais souvent détournée par le Polisario

Passé cette première anomalie, les enquêteurs vont de surprise en surprise. Ils découvrent qu’une partie de l’aide alimentaire destinée aux camps de Tindouf se retrouve sur les marchés de Nouakchott, en Mauritanie, à 1 500 km de leur lieu de destination.


Le volume de marchandises détournées ne laisse aucune place au doute. Les responsables sont ceux qui ont la haute main sur la gestion des camps. L’OLAF épluche alors tous les contrats passés sur place pour l’acheminement de l’aide. Elle va compter le nombre de rotations des camions entre les camps et le port d’Oran et s’intéresser aux bordereaux de livraisons pour remonter toute la filière. Et elle y parvient. Le centre de El Jazhouani à 26 km de Tindouf est identifié comme étant l’un des endroits où l’on procède au transvasement de l’aide alimentaire pour la détourner.


Ce n’est pas tout. Les enquêteurs découvrent que l’argent de certains donateurs, destiné à financer de gros travaux, est également détourné. Les infrastructures subventionnées ne sont pas bâties par une main-d’œuvre rémunérée mais par des prisonniers. « Ce que révèle ce document sur les pratiques en vigueur à l’intérieur des camps de Tindouf est accablant », explique Stéphane Rodrigues, l’avocat du cabinet belge Lallemand &  Legros en charge du dossier.


Le rapport daté de 2007 n’a pu être obtenu qu’en 2014. Les noms des personnes directement impliquées dans les détournements y ont été rayés. On peut lire sous la plume des inspecteurs que ces personnes sont « soupçonnées d’enrichissement personnel, sous la forme de propriétés immobilières ».

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Le Desk Newsroom