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MaghrebUn rapport français qualifie l’Algérie d’État « rentier n’exportant que ses hydrocarbures »

02.08.2017 à 09 H 31 • Mis à jour le 02.08.2017 à 09 H 31
Par Yacine Babouche
Dans son rapport d'information sur l'Algérie daté de fin juillet, la commission des affaires européennes du Sénat français dresse un bilan négatif des capacités de l'économie algérienne à s'adapter à la mondialisation des échanges. Il pointe notamment son absence de diversification

Un rapport d’information sur l’Algérie publié fin juillet par la commission des affaires européennes du Sénat français fait état de plusieurs réserves émises concernant les choix économiques du gouvernement algérien, notamment ce qui a trait à l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne.


Absence d’ouverture et de diversification

« L’ouverture attendue, matérialisée par l’accord d’association […] n’a pas encore produit tous ses effets », affirme de prime abord le Sénat français dans son rapport, estimant qu’il est « possible de s’interroger sur la réelle appétence des autorités algériennes pour le libre-échange, en l’absence de diversification de l’économie locale. Le pays n’exporte in fine que de l’énergie ».


« La nature des échanges commerciaux laisse de fait apparaître une dissymétrie entre l’Algérie, État rentier n’exportant que ses hydrocarbures, et l’Union européenne, puissance commerciale au panel de produits plus développé », souligne le rapport qui rappelle que « 99,7 % des exportations de l’Algérie vers l’Union européenne en 2015 consistaient en énergie et dérivés du pétrole et 0,3 % en produits agricoles ».


En face, les importations algériennes en provenance de l’Union Européenne « se composent, quant à elles, de produits industriels – machines, équipement électrique et équipement de transport, métaux de base, produits chimiques – (85,5 %) et produits agricoles (14,4 %) », et représentent « 46,9 % des importations algériennes de marchandises ».


« Le scepticisme sur les avantages de l’accord de libre-échange reste cependant de mise. Le manque à gagner en droits de douane est déjà estimé par les économistes algériens à 1,27 milliard d’euros pour 2016 en raison de l’accord d’association », indique par ailleurs le Sénat français.


Difficultés à investir, corruption, change parallèle…

Le rapport de la commission des affaires européennes du Sénat français a également émis plusieurs critiques sur les difficultés à investir en Algérie. « La pénalisation du monde des affaires, le poids de la bureaucratie et la lenteur de délivrance des certificats d’importation contribuent également à freiner les investissements européens sur place », estime le Sénat qui affirme que « plusieurs entreprises européennes installées sur le territoire algérien font aujourd’hui état d’une absence de visibilité pour leur activité à moyen terme et d’une profonde insécurité juridique ».


«  Des phénomènes de corruption sont également observables », indique en outre le rapport, qui considère qu’ « il n’est pas étonnant dans ces conditions que l’Algérie pâtisse d’une mauvaise image ».  Le rapport pointe également du doigt l’existence du marché parallèle de devises. « Les doutes sur la valeur de la monnaie – le taux de change varie de 1 euro pour 120 dinars à 1 euro pour 193 dinars entre le marché aux changes officiel et celui, très développé, de la rue – contribuent également à cette mauvaise réputation », affirme le rapport du Sénat français, qui souligne que « l’absence de certitude sur l’avenir politique constitue également un frein à l’investissement ».


Le rapport fait également part de ses réserves sur la priorité accordée par l’Etat algérien à la production d’énergie, « au risque de créer les conditions d’une surproduction ». Pour le Sénat français, « ce parti-pris pour l’énergie a conduit l’Algérie à ne pas développer suffisamment son potentiel industriel ainsi que le secteur des services, la rendant de facto beaucoup plus vulnérable à une baisse des droits de douane en faveur de ses principaux partenaires. Il fait également reposer la stabilité financière du pays sur le prix de l’énergie ».

Par Yacine Babouche
En partenariat avec TSA
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