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DiplomatieLe Japon s’était opposé à la participation du Polisario à la TICAD de Maputo

25.08.2017 à 11 H 52 • Mis à jour le 25.08.2017 à 14 H 12
Par et
Une lettre de la diplomatie nippone, adressée au chef de cabinet du président de la Commission de l'Union africaine, démontre que le Japon avait refusé la participation du Polisario à la réunion du TICAD alors qu'il avait vainement tenté de s'imposer, appuyé par le Mozambique pays hôte de cette session d’août. Le Maroc, malgré le blocage, pu prendre part à la réunion de Maputo

Le ministre japonais des Affaires étrangères, Kono Taro, a réitéré la position de son pays de ne pas reconnaître la « RASD », exprimant son vif regret des incidents ayant marqué la séance d’ouverture de la réunion ministérielle de suivi de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Tokyo International Conference on African Development –  TICAD).


Lors d’un entretien vendredi avec le ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, Nasser Bourita, en marge de la Réunion Ministérielle de suivi de la TICAD à Maputo, le responsable japonais a exprimé « son vif regret s’agissant des incidents et la confusion durant la séance d’ouverture de la réunion ministérielle de suivi de la TICAD ».



Dans ce même contexte, Kono Taro a réitéré « la non reconnaissance » de son pays de la « RASD », et insisté que la position du Japon de ne pas les inviter aux travaux du processus de la TICAD demeure inchangée.


Il a également fait part de « sa stupéfaction » que « les autorités du Mozambique aient contourner les procédures d’accès pour faire introduire les membres non invités du Polisario » par une porte dérobée , tout en refusant l’accès à des délégations disposant de badges et dûment accrédités. « Même des membres de l’Ambassade du Japon ont été brutalisés ».


Selon le responsable japonais, cela représente un problème grave de sécurité. À ce sujet, le Japon a protesté vigoureusement auprès du pays hôte pour ce comportement inadmissible.


Un problème d’organisation qui sera plié ultérieurement

Le ministre japonais des Affaires étrangères a précisé par ailleurs que le Japon œuvrera pour régler ce problème organisationnel définitivement.


Il a déclaré, dans ce contexte, que la prochaine ministérielle et le Sommet de la TICAD auront lieu au Japon, et de tels incidents ne se reproduiront plus.


La réunion ministérielle de suivi de la TICAD, qui se déroule à Maputo (23-25 août), a été émaillée de nombreux incidents. En effet, malgré le refus du Japon de toute présence de l’entité fantoche, et ce conformément à la légalité internationale et à la pratique au sein de la TICAD depuis 1993, les autorités du pays hôte, le Mozambique, ont voulu imposer dans cette réunion la présence de la “RASD”  qui n’a pas été invitée par la partie japonaise.


Ainsi, la réunion préparatoire des Hauts-Fonctionnaires n’a pas pu se tenir, en raison du désaccord sur le format mais aussi, du refus de certains pays, notamment le Japon, de permettre la présence de la « RASD » De même, la réunion ministérielle a connu elle aussi un retard considérable.


Le Japon avait indiqué son refus lors d’une téléconférence

Un document de la diplomatie japonaise daté du 30 mai 2017 adressé par Takeshi Osuga, ambassadeur, directeur général du département des affaires africaines du ministère japonais des Affaires étrangères, envoyée à Jean Mfasoni, chef du cabinet du président de la Commission de l’Union Africaine démontre que le Japon s’était opposé à la présence des représentants du Front Polisario.


La lettre du diplomate japonais explicitant la position de son pays. DR


La lettre revient en détail sur les conditions qui ont mené à l’incident : le chef du département des partenariats et de la coordination de la Commission de l’UA a émis la remarque que la liste des invités à la TICAD de Maputo était « incomplète », « l’ensemble des 55 pays de l’Union africaine incluant le Sahara occidental » n’étant de ce fait pas « représentative » .


La lettre de l'ambassadeur japonais (2e partie). DR


« J’ai répondu que le nombre de pays africains pour le Japon est de 54, soit 53 pays en plus du Mozambique comme pays hôte. Nous n’avons pas discuté le sujet plus en profondeur, étant donné que la qualité de la communication était mauvaise, et que les voix des participants à la téléconférence étaient à peine audibles », rapporte Osuga.


Takeshi Osuga, ambassadeur, directeur général du département des affaires africaines du ministère japonais des Affaires étrangères. TICAD


Il ajoute que le « Sahara occidental ne sera pas invité en tant que pays africain lors du sommet ministériel au Mozambique en août ». Il ajoute de manière explicite que Tokyo ne « reconnaît pas le Sahara occidental comme étant un Etat, que ce soit de manière explicite ou tacite ». Aussi, par conséquent il n’a « jamais été invité dans les précédentes réunions du TICAD, que ce soit en Afrique, au Japon, et quel que soit le niveau de participation aux rencontres ».

 

Le diplomate nippon précise que le TICAD « n’est pas un sommet bilatéral entre le Japon et l’Union africaine », mais « un sommet multilatéral pour les partenariats internationaux avec les pays africains, dirigé par le Japon et co-organisé avec des instances internationales ».


Le Maroc, malgré le blocage, pu prendre part à la réunion de Maputo.

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