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EgypteL’attaque dans le Sinaï fait 305 morts dont 27 enfants

24.11.2017 à 15 H 57 • Mis à jour le 25.11.2017 à 16 H 43
Par La rédaction
Le bilan de l’attaque perpétrée contre la mosquée de Bir Al-Abeb, dans le nord du Sinaï, s’est alourdi à 305 morts dont 27 enfants, et 128 blessés, a annoncé samedi le parquet égyptien. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière qu’ait connue l’Egypte dans son histoire récente

Plus de 300 personnes ont été tuées vendredi dans l’attaque d’une mosquée dans le nord du Sinaï en Égypte, selon des médias égyptiens, dont l’agence de presse officielle Mena. L’attaque, qui n’a pas été revendiquée, serait la plus violente depuis l’implantation du groupe État islamique dans la région, en 2014.


Des hommes armés ont fait sauter une bombe et ouvert le feu sur les fidèles à l’intérieur de la mosquée Al Raoudah, à Bir al-Abed, un village proche d’Al-Arich, la principale ville du nord de la péninsule. Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. La télévision publique a montré les images de nombreux corps recouverts de couvertures à l’intérieur du lieu de culte, qui était comble pour le jour des grandes prières du vendredi.


« Ils tiraient sur les fidèles fuyant la mosquée. Ils tiraient aussi sur les ambulances », a déclaré un habitant dont plusieurs proches ont été témoins de la fusillade. La chaîne d’information panarabe Al Arabia et plusieurs sources locales ont déclaré que certains des fidèles étaient des musulmans soufis, considérés par l’État islamique et d’autres groupes islamistes radicaux comme des apostats.



Le président Abdel Fattah al-Sissi a convoqué un conseil ministériel restreint après l’attaque, qui n’a pas été revendiquée. Au début de leur insurrection, les djihadistes du Sinaï ont ciblé les forces de sécurité, avant de s’en prendre aux tribus locales qui collaborent avec les forces armées. Les activistes ont également étendu leur lutte armée en dehors de la péninsule, commettant plusieurs attentats dans la région du Caire ou le sud de l’Égypte.


Une branche du groupe armé État islamique est active dans le nord-est de l’Égypte depuis 2014. Son efficacité s’est révélée redoutable. À son actif, le crash d’un avion de ligne russe en 2015 et l’explosion d’un bus de touristes sud-coréens se dirigeant vers Israël au poste-frontière de Taba en 2014. Depuis le début de l’année 2017, l’État islamique au Sinaï a notamment revendiqué les attentats contre les églises coptes de Tanta et d’Alexandrie en avril.



Le 15 octobre, plusieurs check points militaires égyptiens ont été attaqués par une centaine de djihadistes, tuant six soldats et en blessant 37 autres. En avril 2017, le gouvernement israélien a fermé pendant plusieurs jours son côté du poste frontalier de Taba, entre Eilat et l’Égypte, par crainte que les terroristes ne ciblent des touristes dans la région. Quelques mois plus tôt, l’État islamique avait également revendiqué des tirs de roquette en direction d’Eilat.


Alors que la guerre contre l’État islamique semble toucher à sa fin en Syrie, des officiels du renseignement israélien s’inquiétaient, ces dernières semaines, « que de nombreux combattants de l’État islamique ne choisissent d’aller dans la péninsule du Sinaï »,comme l’avait raconté Mediapart début novembre. La déroute de l’État islamique en Syrie « va évidemment avoir un impact » sur la situation dans le Sinaï, expliquait ainsi Yoni Ben-Menachem, journaliste et analyste israélien spécialiste des questions arabes et diplomatiques.


« Cela a déjà commencé avec l’attaque du 20 octobre. Avant d’aller en France pour voir Macron, [Abdel Fattah] al-Sissi [le président égyptien – ndlr] a eu une réunion avec ses ministres et les représentants de l’armée. On lui a remis plusieurs rapports, dont les conclusions sont identiques : une nouvelle vague de terreur va frapper l’Égypte dans les prochains mois », poursuivait cet analyste. « Après la chute de Raqqa, le groupe va vouloir prouver qu’il existe toujours, qu’il a toujours la capacité opérationnelle de mener des attaques graves. »

Par La rédaction
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