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LobbyingCEDEAO: le patronat nigerian vent debout contre l’adhésion du Maroc

20.12.2017 à 21 H 43 • Mis à jour le 20.12.2017 à 21 H 44
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La fédération patronale du Nigeria a de nouveau réclamé au gouvernement fédéral de faire barrage à la candidature du Maroc à rejoindre la Communauté économique ouest-africaine qui compte 15 Etats. Le puissant lobby a adressé un mémorandum au pouvoir d’Abuja faisant état de ses griefs. Compte-rendu

Depuis des mois, le royaume ferraille contre des lobbys persistants à lui faire barrage dans son ambition de rejoindre la CEDEAO,  Nouvel épisode de cette levée de boucliers : le patronat nigerian (OPS), a prévenu hier 19 décembre, le gouvernement fédéral contre l’octroi de l’adhésion à la CEDEAO au Maroc, affirmant que cela « va aggraver les niveaux de chômage et de pauvreté au Nigeria », rapporte Vanguard.


L’OPS comprend l’Association des fabricants du Nigéria (MAN), l’Association consultative des employeurs du Nigeria (NECA), l’Association nigériane des chambres de commerce, de l’industrie, des mines et de l’agriculture (NACCIMA), l’Association nigériane des petites industries Petites et moyennes entreprises (NASME).


Dans un document de position, intitulé « Les raisons pour lesquelles le Maroc ne devrait pas être admis à la CEDEAO », signé par son président, Frank Jacobs, le groupe avertit : « L’adhésion du Maroc à la CEDEAO va nuire au secteur manufacturier, dissiper les avancées industrielles déjà réalisées, aggraver le chômage et la pauvreté au Nigeria ».


« Le Maroc est membre de l’Union pour la Méditerranée qui regroupe 28 pays de l’Union européenne. Accorder à ce même pays, l’adhésion à CEDEAO, permet à 28 pays de l’Union européenne d’accéder librement au marché régional, inondant ainsi le marché de produits européens. C’est un leurre qui affaiblira la position du Nigeria sur l’Accord de partenariat économique CEDEAO-UE (APE), et entravera la diversification nigériane et musèlera la croissance du secteur manufacturier par l’exploitation du marché nigérian et de la CEDEAO », a-t-il déclaré.


Lire aussi : CEDEAO : le détail des conditions à l’adhésion du Maroc


Compte tenu du « préjudice que l’entrée du Maroc pourrait causer au bloc économique, en particulier au Nigeria », l’OPS demande au gouvernement fédéral, à la Commission de la CEDEAO et aux autres parties prenantes de l’économie nigériane de rejeter la demande.


« Nous appelons le gouvernement nigérian à déployer, dans l’intérêt national et de toute urgence, les mécanismes diplomatiques nécessaires pour mettre fin à la demande du Maroc de rejoindre pleinement la CEDEAO qui a été examinée par la Communauté lors de sa réunion de juin 2017 au Liberia », note le document.


« Cela permettra au Nigeria d’avoir une position ferme avant le premier trimestre 2018 lorsque le verdict final sur la demande du Maroc sera conclu par la CEDEAO », est-il mentionné. A rappeler que le sommet d’Abuja a désigné un quintet de pays, dont le Nigeria, pour étudier l’impact économique de l’admission du royaume à l’espace économique ouest-africain.


Selon le lobby patronal du Nigeria, d’autres raisons de rejeter la candidature marocaine à l’adhésion à part entière de la CEDEAO sont à prendre en compte : « L’économie marocaine n’est pas industrialisée et donc, la question est posée sur où il va se procurer des biens industriels pour commercer avec la CEDEAO ».


Et d’ajouter : « Il est évident que cela renforcerait l’intérêt de l’UE en faisant du Maroc un canal stratégique pour faire avancer les produits de l’UE que le Nigeria est actuellement en train de freiner ».


« L’économie marocaine est également largement agraire, on peut aussi se demander quelles économies membres de la CEDEAO qui sont principalement agraires bénéficieront de l’admission du Maroc dans la Communauté », conclut OPS.

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