Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
Newsroom

EmploiAu Maroc, les femmes sont davantage marginalisées du marché du travail

29.03.2018 à 14 H 23 • Mis à jour le 29.03.2018 à 14 H 23
Par et
D'après le HCP, près de la moitié des femmes inactives invoquent, comme obstacle à l'accès au marché du travail, la nécessité de prendre soin des enfants ou du foyer, alors qu'une femme sur 5 préfère ne pas travailler et 8% citent le refus du mari

La participation des femmes au marché du travail (22,4 %) demeure faible et largement en deçà de celle des hommes (71,6 %) en 2017, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP).


Lors d’une rencontre tenue mercredi à Rabat, et consacrée à la présentation des principaux résultats relatifs aux nouvelles thématiques couvertes par l’enquête nationale sur l’emploi, le HCP a souligné que malgré les efforts consentis au cours des quinze dernières années, dans les domaines de la formation et de la scolarisation, le taux d’activité des femmes a reculé d’environ 3,5 points. Les femmes en dehors du marché de travail, au nombre de 10 millions, représentent ainsi, 77,6 % de la population féminine âgée de 15 ans et plus (81,6 % en milieu urbain et 70,4 % en milieu rural), selon la même source qui a précisé que la majorité d’entre elles (76,6 %) sont des femmes au foyer et 13,4 % des élèves ou étudiantes.


L’enquête a également fait ressortir que 60,8 % des femmes en dehors du marché du travail sont mariées, 25,9 % célibataires, tandis que 34,9 % d’entre elles, ont moins de 29 ans, 27,8 % ont 30 à 44 ans et 37,4 % ont 45 ans et plus, et près des deux-tiers de ces femmes ne disposent d’aucun diplôme contre 7,9 % qui ont un diplôme de niveau supérieur.


L’obstacle de la condition de femme au foyer

D’après le HCP, près de la moitié des femmes inactives (52,7 %) invoquent, comme obstacle à l’accès au marché du travail, la nécessité de prendre soin des enfants ou du foyer (52,6 % en milieu urbain et 52,8 % en milieu rural), alors qu’une femme sur 5 (18 %) préfère ne pas travailler (18,3 % en milieu urbain et 17 % en milieu rural) et 8 % citent le refus du mari (8,3 % en milieu urbain et 7,2 % en milieu rural).


Les obstacles pour l’accès de la femme au marché du travail diminuent avec l’amélioration de son niveau de diplôme, a relevé l’enquête, faisant ressortir que la part des femmes inactives pour des raisons liées à la nécessité de prendre soin des enfants baisse de 59,7 % pour les sans diplôme à 42,9 % pour celles ayant un diplôme de niveau moyen pour atteindre 31,4 % pour celles disposant d’un diplôme de niveau supérieur.


Parallèlement, le HCP a fait remarquer qu’environ une femme inactive sur 10 (10,9 %) est disposée à exercer un emploi (11,2 % en milieu urbain et 10,4 % rural), ce qui représente des effectifs, respectivement, de 1,1 million, 759.000 et 341 000 femmes, ajoutant que cette proportion est de 25,9 % pour celles évoquant le refus du père ou d’un membre de la famille, de 16,8 % le refus du mari et de 10,3 % la nécessité de prendre soin des enfants. Selon la qualification, les femmes inactives disposant d’un diplôme de niveau supérieur sont les plus motivées à intégrer le marché du travail avec une proportion de 19,6 % contre 13,1 % pour celles ayant un diplôme de niveau moyen et 8,9 % pour les femmes inactives sans diplôme.


Au niveau régional, la part des femmes en dehors du marché du travail qui sont prêtes à exercer un emploi est de 35 % dans la région de Laayoune-Sakia El Hamra, de 17 % dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et de 6,1 % dans la région de Casablanca-Settat.


L’accès des femmes en dehors du marché du travail disposées à travailler aurait pour conséquence d’améliorer les taux d’activité, plus particulièrement celui de la population féminine, a souligné le HCP, notant que ce taux serait, ainsi, à l’échelle nationale et pour les deux sexes réunis, de 51,0 % (au lieu de 46,7 %) et de 30,9 % pour les femmes (au lieu de 22,4 %), soient une amélioration, respectivement, de 4,3 et 8,5 points de pourcentage.


Les fortes contraintes d’une société patriarcale

L’enquête a par ailleurs, indiqué que 28,9 % des femmes âgées de moins de 30 ans qui sont en dehors du marché du travail suite au refus du père ou d’un proche sont disposées à travailler, précisant que cette proportion est de 24,4 % parmi les femmes âgées de 30-44 ans et de 11,9 % parmi les 45 ans et plus. Parmi les femmes déclarant comme raison le refus du mari, ces proportions sont respectivement de 22,3 %, 18,2 % et 7,2 %, a-t-elle relevé. Parmi les femmes qui détiennent un diplôme de niveau supérieur, la proportion de celles disposées à intégrer le marché de travail atteint 43,1 % parmi celles dont la raison avancée est le refus du père ou d’un membre de la famille, 29,8 % le refus du mari et 28,6 % l’éducation des enfants et les tâches domestiques.


L’enquête nationale sur l’emploi qui, à partir de 2017, adopte un nouvel échantillon élargi de 60 000 à 90 000 ménages, introduit de nouvelles thématiques dans son champ d’investigation et intègre les nouvelles nomenclatures d’activités, de professions et de diplômes élaborées par le HCP sur la base des classifications internationales et adaptées à la réalité nationale en concertation avec les différentes institutions concernées.


Cette enquête porte sur les nouvelles thématiques prévues dans la réforme de l’enquête nationale sur l’emploi et qui sont en lien directe avec le marché du travail. Il s’agit en particulier de la relation entre les compétences de la main d’œuvre et les métiers exercés, de la préscolarisation des enfants âgés de 3 à 5 ans, de l’accès des femmes au marché du travail, du profil des entrepreneurs, de la couverture des systèmes de retraite et des caractéristiques des immigrants installés dans notre pays.


Outre ces thématiques, l’enquête nationale sur l’emploi a introduit d’autres questions visant à appréhender certains aspects des conditions sociales de la population marocaine particulièrement celle en âge d’activité. Ces questions portent essentiellement sur la couverture médicale, la mobilité des actifs occupés entre leurs lieux de résidence et de travail, les bassins d’emploi, l’utilisation des nouvelles technologies d’information et de communication ainsi que les noyaux familiaux.

Par et
Le Desk Newsroom