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PourparlersTrump et Kim disent s’engager dans une «nouvelle ère»

12.06.2018 à 08 H 59 • Mis à jour le 12.06.2018 à 08 H 59
Par La rédaction
Les deux dirigeants ont signé un document commun où la Corée du Nord s'engage notamment derrière le principe d'une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Des Américains et des responsables internationaux seront impliqués dans la vérification de la dénucléarisation nord-coréenne

La « rencontre historique » entre Donald Trump et Kim Jong-un, mardi à Singapour, s’est conclue par la signature d’un document « complet » scellant l’engagement des deux dirigeants à mener une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne tout en garantissant la sécurité de la Corée du Nord.


Le président américain et le dirigeant nord-coréen ont bouclé cette journée diplomatique parfaitement orchestrée par une cérémonie commune au cours de laquelle ils ont signé ensemble un texte sous le regard des caméras du monde entier.


Le document consiste en un échange de points de vue destinés à entamer une « nouvelle ère » dans les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord dont les dirigeants ne s’étaient jamais rencontrés auparavant.


Les deux pays promettent de travailler à une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne, ce qui constituait la demande majeure de l’administration américaine.


En échange, Washington participera aux efforts pour bâtir une situation pacifique durable et stable dans cette région, Trump s’engageant à fournir les garanties de sécurité que réclame le pouvoir nord-coréen.


Le texte annonce la tenue de négociations qui seront conduites par le secrétaire d’Etat Mike Pompeo et par un responsable nord-coréen pour fixer les détails de cette nouvelle collaboration qui doit promouvoir la paix dans la région.


Avant d’apposer sa signature sur le document, Kim Jong-un a pris quelques secondes pour saluer la nouvelle ère qui commence entre les deux pays, insistant sur la nécessité « d’abandonner le passé ».


Donald Trump a, lui, indiqué s’attendre à voir le processus de dénucléarisation débuter « très très rapidement », sans fournir de précision sur un éventuel calendrier.


Le président américain a dit développer un « lien très particulier » avec le dirigeant nord-coréen dont il a loué le talent et l’intelligence et a précisé que les relations entre Washington et Pyongyang allaient désormais être très différentes de celles du passé.


« Les gens vont être très impressionnés et les gens vont être très heureux et nous allons nous occuper d’un problème très dangereux pour le monde », a dit Trump.


Interrogé pour savoir s’il envisageait d’inviter Kim Jong-un à la Maison blanche, Donald Trump a répondu de manière affirmative.


Ballet diplomatique millimétré

Lors d’une promenade après un déjeuner de travail dans les jardins de l’hôtel qui abritait la rencontre, Trump a estimé que les choses s’étaient déroulées « beaucoup mieux que quiconque pouvait l’espérer ».


Kim, qui est resté silencieux à ses côtés, avait affirmé un peu plus tôt dans la journée que cette rencontre était « un bon prélude à la paix ».


L’atmosphère de ce ballet diplomatique millimétré contrastait avec les échanges d’insultes et de menaces de guerre auxquels les deux hommes s’étaient livrés il y a quelques mois après de nouveaux essais nucléaires et balistiques de Pyongyang.


« Nous allons avoir une relation formidable, je n’ai aucun doute là-dessus », a déclaré d’emblée le président américain à son interlocuteur nord-coréen, qu’il s’est dit « très honoré » de rencontrer.


Conscients que le sommet de Singapour pourrait rester comme un moment clé de leur vie politique, Donald Trump et Kim Jong-un ont fait assaut d’amabilités, de sourires et de petits gestes d’attention devant les caméras admises dans l’enceinte d’un hôtel de luxe de l’île de Sentosa, même si la tension et la concentration se lisaient aussi sur leurs visages.


Kim Jong-un s’est pour sa part félicité que Nord-Coréens et Américains aient réussi à « surmonter le scepticisme et les nombreux obstacles » qui ont failli empêcher la tenue de la rencontre, dont Donald Trump avait un temps annoncé l’annulation.


« Je crois que le monde entier regarde ce moment. Beaucoup de gens dans le monde vont penser qu’il s’agit d’une scène tirée d’une fiction…  d’un film de science fiction », a-t-il ajouté, selon des propos traduits.


Processus long

Les deux hommes se sont entretenus en tête-à-tête pendant une quarantaine de minutes, échange dans lequel Kim Jong-un a déclaré voir « un bon prélude à la paix », sans toutefois livrer le moindre indice sur le fond des discussions.


Après cette prise de contact initiale, les deux dirigeants ont été rejoints par leurs gardes-rapprochées respectives pour des discussions élargies consacrées à la dénucléarisation de la Corée du Nord et à la fin des hostilités dans la péninsule.


Côté américain, étaient présents le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, connu pour son hostilité envers le régime de Pyongyang.


Côté nord-coréen, la personnalité la plus en vue était l’ex-chef des services de renseignement militaires Kim Yong-chol, qui s’est récemment rendu en visite à New York.


Les discussions à huis clos ont duré environ une heure et demie, avant de se poursuivre de manière moins formelle lors d’un déjeuner de travail.


Les observateurs avertis disent douter de la volonté réelle de Pyongyang de renoncer à la bombe atomique, que le régime considère comme sa meilleure police d’assurance-vie, et soulignent qu’en tout état de cause, un processus de dénucléarisation s’étalerait sur de longues années et s’accompagnerait nécessairement d’importantes concessions de la part des Etats-Unis, comme le retrait du « parapluie nucléaire » dont bénéficient la Corée du Sud et le Japon.


La rencontre de Singapour, disent les experts, donne le coup d’envoi de ce long processus à l’issue très incertaine.


Dans un premier temps, les négociateurs pourraient donc progresser plus rapidement sur la question de la fin formelle des hostilités entre les deux Corées, la guerre de 1950-1953 s’étant achevée sur un simple armistice.


La signature d’un traité de paix semble en effet être une ambition partagée par Kim Jong-un et par le président sud-coréen Moon Jae-in, dont la politique de détente a ouvert la porte à la tenue du sommet de Singapour.


Sur les sanctions américaines à l’encontre de la Corée du Nord, Donald Trump « pense que les sanctions seront levées à un certain moment ». « J’ai hâte d’ailleurs de les lever. Mais elles seront levées quand nous auront des garanties », a-t-il poursuivi au cours de sa conférence de presse de ce mardi.


Il a également annoncé qu’il allait mettre fin aux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, ce que souhaitait la Corée du Nord depuis plusieurs années, sans pour autant réduire la présence américaine dans la péninsule, « tant que les négociations ne seront pas plus avancées ». Donald Trump affirme que Kim Jong-un s’est engagé à détruire un site de tests de missiles.

Par La rédaction
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