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Maroc-EspagneLes doléances de Pedro Sanchez à Mohammed VI

31.07.2018 à 21 H 33 • Mis à jour le 31.07.2018 à 21 H 33
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Invités de marque des festivités marquant le 19ème anniversaire de l’accession de Mohammed VI au trône, les socialistes José Luis Rodriguez Zapatero et Miguel Angel Moratinos, connus pour leur proximité avec Rabat, ont été reçus par le roi au Palais Marchane de Tanger. Ils étaient porteurs de messages de Madrid alors que ni Felipe VI, ni Pedro Sanchez n’ont pu encore se rendre au Maroc

A défaut d’une visite de Pedro Sanchez, la première à un pays étranger qu’il voulait dédier comme le veut la coutume au Maroc, ce sont deux de ses collègues socialistes qui ont été reçus en audience lundi par le roi Mohammed VI en marge des célébrations de la Fête du Trône organisées au palais Marchane de Tanger et auxquelles ils ont été conviés comme invités d’honneur : l’ex-président José Luis Rodriguez Zapatero et celui qui fut son ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, connus pour leur grande proximité à Rabat.


Selon El Confidencial, citant des sources proches de cette audience royale qui a duré 45 minutes et s’est tenue en espagnol, Sanchez « les a chargés de demander au monarque une plus grande coopération dans la lutte contre l’immigration irrégulière ».

 

 Madrid attend toujours des dates pour les visites officielles

Autre point abordé, celui de l’agenda des visites de haut niveau qui est au point mort : ni le roi Felipe VI, ni Pedro Sanchez n’ont pu obtenir de dates pour leurs visites reportées.


Avant leur déplacement à Tanger, les deux hommes politiques de gauche ont contacté La Moncloa au cas où le gouvernement aurait voulu saisir l’opportunité de leur présence avec le roi pour transmettre un message, ajoute El Confidencial.


« On nous a priés de demander à nos interlocuteurs d’essayer d’obtenir de meilleurs résultats dans la lutte contre l’immigration irrégulière car la pression interne en Espagne est énorme », a déclaré Moratinos par téléphone à son retour de Tanger.


En outre, l’ancien ministre a ajouté que « la confiance qu’ils pouvaient placer dans les dirigeants socialistes qui exercent le pouvoir » leur a été transmise par Madrid, comme cela a déjà été démontré au cours des deux législatures gouvernées par Rodríguez Zapatero. « Ce second message tente apparemment de dissiper les craintes que Rabat ait suscité un soutien à l’inauguration de Sanchez par Unidos Podemos et Esquerra Republicana de Catalunya, deux formations considérées comme anti-marocaines », commente la même source.


Les deux émissaires de Madrid ont été interviewés la veille par Medi 1 TV, télévision basée à Tanger proche des premiers cercles de pouvoirs. Ils n’ont pas manqué de tresser des lauriers à Rabat.


Une pression « de plus en plus grande » pour le Maroc

Le roi Mohammed VI aurait rappelé lors cet entretien que la pression migratoire subie par le Maroc est « de plus en plus grande ». Il a cependant promis « de faire plus d’efforts ». Il a souligné, selon la même source que le Maroc est le seul pays d’Afrique du Nord à avoir lancé avec succès deux processus de régularisation des immigrés subsahariens. « Il a insisté sur l’approfondissement dans ce domaine des relations bilatérales avec l’Espagne et s’est montré sceptique quant à l’aide que pourrait apporter l’Union européenne », précise-t-elle.


Le ministère espagnol de l’Intérieur a transmis à la Commission européenne une liste de matériels dont Rabat aurait besoin pour améliorer la surveillance de ses côtes pour un budget atteignant les quelque 60 millions d’euros. Bruxelles l’étudie et n’a pas encore décidé quelle partie de la demande marocaine l’UE est prête à payer.


Depuis le début de l’année, environ 23 000 sans-papiers ont débarqué sur les côtes espagnoles, notamment celles d’Andalousie, ce qui constitue un record. La majorité relative (17 %) sont des Marocains. A ce chiffre il faut ajouter ceux qui sont arrivés par voie terrestre, à travers Ceuta et Melilla, soit environ 3 800 personnes, ajoute El Confidencial.

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