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Migrants« Go fast » mitraillé par la Marine royale: le décès d’une jeune femme de 22 ans attesté

26.09.2018 à 02 H 24 • Mis à jour le 26.09.2018 à 02 H 29
Par Ali Amar
La Marine royale a intercepté le 25 septembre, au large de M’Diq, une embarcation rapide pilotée par un passeur espagnol et transportant une vingtaine de migrants clandestins. Ses tirs ont, selon des sources concordantes, blessé mortellement une jeune femme de 22 ans originaire de Tétouan. Deux autres personnes sont aux soins intensifs à l’hôpital préfectoral de M’Diq tandis qu’une troisième, dans un état grave, a été héliportée vers Rabat

Une unité de combat de la Marine royale, opérant en Méditerranée, a tiré à balles réelles sur une embarcation rapide de type « go fast » pilotée par un Espagnol causant des blessures de gravités diverses à quatre candidats à l’immigration, tous de nationalité marocaine. Les blessés ont été évacués vers l’hôpital provincial de la Préfecture de M’diq-Fnideq pour recevoir les soins nécessaires


L’opération d’interception a eu lieu au motif que le pneumatique se trouvait de manière suspecte dans les eaux marocaines. Les tirs ont été effectués après le refus d’obtempérer aux avertissements.


Voici pour la version officielle délivrée via l’agence MAP qui a relayé un communiqué de la Préfecture de M’diq-Fnideq, le 25 septembre à 18 h 50. La dépêche informe en outre qu’une enquête sur les circonstances de l’incident a été ouverte.


Premier média à révéler les faits, le site d’information 2M.ma, a fait état de l’interception par un tweet diffusé à 17 h 17. Il précisait que l’embarcation interpellée entre M’diq et Fnideq transportait à son bord une dizaine de migrants clandestins, citant « une source sécuritaire ».



Quelques minutes plus tard, toujours sur twitter, 2M.ma confirmait cette fois « de source hospitalière », « le décès d’une femme qui a succombé à ses blessures au cours de son hospitalisation à l’hôpital de M’Diq ». Trois autres personnes ont été blessées, informait la même source.


A 17 h 50, Médias24, livrait la même version que 2M.ma, notamment au sujet de la mort par balles d’une femme et des trois autres blessés citant cependant « une source hautement fiable ».

 

A la parution du communiqué officiel de la Préfecture de M’diq-Fnideq, (qui ne confirmait, ni n’infirmait le décès d’une des personnes évacuées), Médias24 revenait sur sa première version pour indiquer dans une mise au point qu’ « à l’instar d’un confrère qui avait publié la même info, Médias24 a été induit en erreur par une source hautement fiable qui s’est par la suite rétractée ».

 

Entretemps, 2M.ma effaçait sa série de tweets en français et en arabe qui assuraient qu’une des victimes avait en effet succombé au cours de son transfèrement aux urgences.



Pourtant, l’AFP, autour de 20 heures, certifiait qu’ « une marocaine a succombé à ses blessures à l’hôpital », selon le témoignage « d’un représentant des autorités locales ». Celui-ci expliquait que les passagers du « go fast » « voyageaient couchés et n’étaient pas visibles ».


« La personne décédée avait 22 ans et était originaire de la ville Tétouan », précisait de son côté à l’AFP le président de l’Observatoire du nord pour les droits de l’Homme, Mohamed Benaïssa.


Deux autres blessés sont également originaires de Tétouan, indiquait aussi Benaïssa à l’agence de presse française, qui ajoutait que la troisième victime, originaire d’Al Hoceima, se trouvait dans un « état critique, le bras amputé » et a été transféré à Rabat.


Ce passage sur l’âge et l’origine de la jeune femme décédée n’a pas été repris par la presse internationale, mais il figure sur l’article du HuffPost Maroc.


A 22 h 15, 2M.ma assurait de nouveau sur Twitter qu’une jeune femme de 22 ans était morte « dans l’interception d’une embarcation au large de M’Diq », citant cette fois-ci « une source sécuritaire fiable ». Dans un tweet suivant, 2M.ma établissait que l’embarcation clandestine avait à son bord 18 personnes et que le conducteur espagnol avait débuté son périple depuis l’enclave espagnole de Ceuta. Le média ajoutait de plus que l’un des trois blessés avait été transféré à Rabat pour y subir une opération. Enfin, sur l’identité du pilote du « go fast », celui-ci « serait membre d’un réseau de passeurs qui exige le paiement auprès des familles une fois la traversée effectuée ».


 

Contacté par Le Desk, le président de l’Observatoire du nord pour les droits de l’Homme, Mohamed Benaïssa, a réitéré ce qu’il avait affirmé plus tôt dans la soirée à l’AFP, garantissant de la solidité de ses sources au niveau des services hospitaliers de l’hôpital de M’Diq.


Benaïssa a ajouté que la victime décédée « a reçu plusieurs impacts de balles au niveau du thorax et de l’abdomen. Son pronostic vital était déjà avancé lors de son transport à l’hôpital et son décès a été constaté dès son arrivée au bloc opératoire ». Quand aux trois autres blessés, « le premier, celui héliporté à Rabat dans un état critique, affirme-t-il, a eu le bras amputé par une rafale de tirs », un autre « a reçu un projectile au niveau du cou », tandis que le troisième « est touché au moins au niveau de la jambe ».

 

Le Desk a été en mesure de recouper l’essentiel de ses dires auprès d’une source sécuritaire à Rabat qui insiste sur le fait que le « go fast » « a refusé d’obtempérer à plusieurs premiers tirs de sommation ».


Par Ali Amar @MarocAmar
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