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Arabie SaouditeMBS boude le Maroc lors de sa tournée arabe

23.11.2018 à 06 H 32 • Mis à jour le 23.11.2018 à 10 H 46
Par Issam El Yadari
Premier voyage à l’étranger du prince héritier saoudien après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi qui le mène auprès de ses principaux alliés arabes. Le Maroc, qui n'a pas brisé ses liens avec le Qatar comme le souhaitait l'Arabie Saoudite, est ainsi le seul pays du Maghreb boudé par MBS, indiquent des sources diplomatiques. Une situation qui montre que les différends entre Rabat et Riyad n'ont pas été aplanis

Le Prince héritier saoudien, Mohamed Bin Salman, a entamé jeudi à Abou Dhabi, sa première visite à l’étranger après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul, le 2 octobre dernier. Le prince a été accueilli à son arrivée dans les Émirats arabes unis par le prince héritier d’Abou Dhabi, Cheikh Mohammed bin Zayed al-Nayhan, qui n’a pas manqué de célébrer ses retrouvailles avec son proche allié.



Selon un communiqué rendu public par le cabinet royal et transmis par l’agence de presse officielle saoudienne SPA,, jeudi soir, « Bin Salman a quitté Riyad pour visiter un certain nombre de pays arabes ». « Cette tournée arabe intervient sur instruction du roi saoudien Salman bin Abdul Aziz, afin de renforcer les relations du Royaume aux niveaux régional et international, et en réponse à des invitations reçues », souligne le communiqué sans donner plus de détails sur la visite, ni sur sa durée.



Six pays visités avant une participation au G20

Une visite prévue auprès de six pays arabes ont indiqué cependant des sources diplomatiques : les Émirats arabes unis, Bahreïn, la Tunisie, l’Égypte, l’Algérie et la Mauritanie, mais pas le Maroc, seul pays du Maghreb ainsi boudé par MBS. Une situation qui montre que les différends entre Rabat et Riyad n’ont pas été aplanis.


Début juillet, des sources saoudiennes avaient annoncé que le  Roi Salman Ibn Abdelaziz d’Arabie Saoudite avait annulé son traditionnel séjour estival à Tanger en raison du coup de froid dans les relations entre les deux royaume. A l’été 2017, Riyad, qui accuse Doha de soutenir le terrorisme, c’est-à-dire les Frères musulmans et surtout de garder des relations avec l’Iran, avait convaincu l’Égypte, les Émirats arabes unis et Bahrein de se joindre à sa stratégie d’isolement du Qatar, mais pas le Maroc qui a gardé sa neutralité dans le conflit.


Le prince, dirigeant de facto du pays, devrait également participer à une réunion du G20 à Buenos Aires à la fin du mois, à laquelle participeront des dirigeants des États-Unis, de la Turquie et des pays européens.


L’assassinat de Khashoggi, éditorialiste du Washington Post et critique du prince héritier, au consulat de Riyad à Istanbul il y a six semaines a mis à rude épreuve les liens entre l’Arabie saoudite et l’Occident et a terni l’image de marque du prince MBS à l’étranger.


L’Arabie saoudite a déclaré que le prince n’avait aucune connaissance préalable du meurtre de l’éminent journaliste saoudien. Après de nombreuses explications contradictoires, Riyad a déclaré la semaine dernière que Khashoggi avait été tué et son corps démembré lorsque les négociations pour le persuader de retourner en Arabie saoudite avaient échoué.


Le président turc, Tayyip Erdogan, a déclaré que le meurtre avait été ordonné par les plus hautes autorités saoudiennes, mais probablement pas par le roi Salman, mettant ainsi l’accent sur le prince héritier âgé de 33 ans.


Le président américain Donald Trump a déclaré mardi que Washington resterait un « partenaire indéfectible » de l’Arabie saoudite, bien que le prince Mohammed ait peut-être entendu parler du plan d’assassinat de Khashoggi.

Par Issam El Yadari
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