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Vatican Le programme du Pape François au Maroc

30.03.2019 à 12 H 49 • Mis à jour le 30.03.2019 à 19 H 22
Par La rédaction
Le pape François se rend samedi au Maroc pour une courte visite à l'invitation du roi Mohammed VI. Une première depuis Jean-Paul II en 1985. Une rencontre placée sous le sceau du « dialogue interreligieux »

Près de 25 000 personnes sont attendues sur la grande esplanade de Rabat. Le pape François entame, samedi 30 mars, une courte visite au Maroc, centrée sur le dialogue avec l’islam et la problématique des migrations, deux priorités de son pontificat. Le chef spirituel des 1,3 milliard de catholiques a été invité par Mohammed VI, roi du Maroc et Commandeur des croyants, pour cette visite « placée sous le signe du développement du dialogue interreligieux », selon les autorités marocaines.


Bâtiments repeints, rues pavoisées, pelouses tondues, forces de l’ordre renforcées…  Tout a été fait pour recevoir le souverain pontife en grande pompe à Rabat, capitale d’un pays à 99 % musulman.


Le roi accueillera le pape à sa descente d’avion avec, comme le veut la tradition, des dattes et du lait d’amande. Les deux hommes se rendront ensuite en cortège, l’un en papamobile, l’autre en limousine, sur une grande esplanade de Rabat bordée par la Tour Hassan et le mausolée Mohammed V.



Après un tête-à-tête avec Mohammed VI au palais royal, le pape se rendra à l’Institut de formation des imams qui accueille des Marocains et des étrangers d’une dizaine de pays, dont la France. Ils sont 1 300 étudiants, hommes et femmes, à suivre des cursus dans cet établissement, fer de lance de « l’islam modéré » prôné par le roi.


« C’est un événement très significatif, la première fois qu’un pape est accueilli dans un institut de formation d’imams », a souligné avant la visite le porte-parole du souverain pontife, Alessandro Gisotti, alors que le pape François dénonce régulièrement toute forme d’extrémisme religieux.


Le roi et le pape ne prendront pas la parole mais écouteront les témoignages de deux étudiants, l’un d’Afrique, l’autre d’Europe, ainsi qu’une déclaration du ministre marocain des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq. Un concert de musiques puisées dans le répertoire des traditions islamiques, juives et chrétiennes est également prévu.


Favoriser « la culture de la tolérance »

En février, lors d’une visite historique aux Émirats arabes unis, le pape et le grand imam de l’institution de l’islam sunnite Al-Azhar au Caire, cheikh Ahmed al-Tayeb, avaient co-signé un « document sur la fraternité humaine », appelant notamment à la liberté de croyance et d’expression et à la pleine citoyenneté pour les « minorités » discriminées. Le texte valorise « la culture de la tolérance », sans toutefois aller jusqu’à admettre le droit à ne pas adhérer à une religion. Le pape ne manquera pas d’évoquer ce document qu’il distribue désormais à tous les chefs d’État, selon Alessandro Gisotti.


Au Maroc, où l’islam est la religion d’État, les autorités aiment souligner la « tolérance religieuse » qui permet aux chrétiens étrangers et aux juifs d’exercer librement leur religion. Reste que pour les Marocains considérés automatiquement comme musulmans quand ils n’appartiennent pas à la communauté juive, l’apostasie est désapprouvée par la société et le prosélytisme en faveur d’une autre religion condamné par la loi.


Si le renoncement à l’islam n’est pas explicitement mentionné dans le code pénal, ceux qui sont soupçonnés « d’ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion » peuvent être poursuivis. Longtemps dans l’ombre, la petite minorité des convertis plaide ouvertement depuis 2017 pour vivre sa foi « sans persécution » et « sans discrimination ».


Dimanche, le pape consacrera sa journée à la petite communauté catholique du pays, en clôturant sa visite par la plus grande messe catholique jamais célébrée au Maroc, avec quelque 10 000 personnes attendues dans un complexe sportif.

Par La rédaction
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