Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
Newsroom

SocialPourquoi les vélos-taxis de Rabat ont été retirés de la circulation

07.08.2019 à 14 H 28 • Mis à jour le 08.08.2019 à 19 H 26
Par La rédaction
Lancés en début d’année par le roi en personne, les vélos électriques destinés aux touristes n'ont pas sillonné longtemps les artères de la capitale. Derrière leur mise à l'arrêt par la Wilaya de Rabat, l'incapacité pour leurs bénéficiaires à mener ce projet soutenu par l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), faute de moyens et de modèle économique. Des solutions sont cependant envisagées avec l'aide de la société civile et du secteur privé

« Un nouveau mode de transport qui changera le visage de la ville des lumières », avaient promis les autorités. Huit mois plus tard, les 50 vélos-taxis acquis dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) pour doper l’offre de services touristiques de la capitale ont été temporairement remisés par la wilaya de Rabat.


Selon nos sources, cet arrêt est la conséquence de l’incapacité des jeunes bénéficiaires de s’acquitter de leurs frais d’assurance et des charges liées à leur maintenance. L’association Espace Point de Départ (ESPOD) qui a mené auparavant un projet similaire à Casablanca n’a été en charge, selon les termes de la convention multipartite qui la lie à la Wilaya et à l’INDH, que du volet formation. Celui-ci, selon Sabah Chraïbi, sa directrice, a été entièrement bouclé et sur fonds propres de l’association. En effet, ESPOD, s’est engagée bénévolement sans requérir des fonds de l’INDH, mobilisant pas moins de 140 000 dirhams auprès de ses propres adhérents pour former les jeunes agents cyclistes à l’accueil et la prise en charge des touristes.



Si l’acquisition des 50 vélos-taxis a nécessité, selon nos sources, une enveloppe jugée excessive (2,5 millions de dirhams) puisque chaque tricycle électrique avait été facturé à près de 50 000 dirhams l’unité, cette décision relève uniquement des choix pris par la Wilaya de Rabat qui au demeurant reste propriétaire des véhicules.


Ce prix avait été justifié par le fait qu’il disposent de batteries au lithium et d’une capote protégeant les occupants des intempéries et du soleil.   Interrogée par Le Desk, en janvier dernier, l’association ESPOD avait regretté pour sa part ne pas disposer dans l’immédiat de leurs fiches techniques. A titre comparatif, des véhicules similaires fabriqués en Asie sont proposés entre 5 000 et 10 000 dirhams l’unité pour les plus sophistiqués. Lors de leur lancement, la MAP expliquait qu’il s’agit de vélos écologiques à assistance, c’est à dire dont la force motrice est couplée à une source d’énergie d’appoint…



La retrait prématuré des vélos-taxis de Rabat, présentés comme économiques et respectueux de l’environnement alors qu’ils ne sont pas dotés de panneaux solaires comme le sont la plupart des vélos écologiques de ce genre, s’explique par plusieurs facteurs combinés : les grandes difficultés pour les jeunes bénéficiaires à faire face aux coûts inhérents à leur maintenance et surtout au défi pour eux de trouver le bon modèle économique pour rentabiliser leur exploitation.



Sabah Chraïbi regrette dans ce sens que le secteur privé n’ait pas pu participer à cet effort. Citant les expériences similaires dans d’autres capitales à travers le monde, elle préconise que ces jeunes guides-cyclistes soient épaulés par des entreprises sponsors qui pourraient acheter un certain nombre de tickets tout comme louer de l’espace publicitaire sur ces vélos pour promouvoir leurs propres marques.


Afin de dépasser ce cap, ESPOD élabore par ailleurs  avec le soutien d’une fondation allemande un programme de formation à la maintenance de ces véhicules avec la mise sur pied prochaine d’un atelier de réparation à moindre coûts. Autre piste évoquée, celle de conventions éventuelles à établir avec l’Office de la formation professionnelle (OFPPT) et les Instituts de technologie pour offrir des stages de mise en compétence des guides, pour la plupart non-diplômés.


En attendant, les vélos sont parqués dans un dépôt communal à ciel ouvert situé à proximité de l’océan. Un abandon qui a causé leur délabrement par les effets de l’humidité et de la rouille. Une situation qui devra être réglé rapidement à condition que les solutions d’urgence préconisées soient validées par les pouvoirs publics et avec la collaboration de la société civile et du secteur privé.


Disclaimer : Cet article a été remanié le 8 août 2019 après une mise au point de l’association ESPOD à propos du périmètre de ses responsabilités dans ce projet.

Par La rédaction
Le Desk Newsroom