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BudgetPLF 2020: Un objectif de croissance de 3,7% dans une logique d’austérité

11.08.2019 à 13 H 14 • Mis à jour le 11.08.2019 à 13 H 14
Par Issam El Yadari
Le projet de loi de Finances 2020, marqué par une continuité de l'approche d'austérité, se fixe un objectif de croissance économique de 3,7% (contre 3,3% en 2019). Un cap fondé sur la base de l’hypothèse d’un prix du gaz butane à 350 dollars la tonne et d’une production céréalière moyenne annuelle de 70 millions de quintaux.

Les grandes orientations du projet de loi de finances (PLF-2020) sont placés cette année dans une perspective de rationalisation des dépenses publiques et d’une focalisation de l’effort budgétaire sur les nouveaux chantiers préconisés par le roi Mohammed VI dans son discours du trône.


La logique de l’austérité budgétaire est toutefois maintenue, faisant de cette note d’orientation un document finalement aligné sur la doctrine de maîtrise des équilibres négociés avec les instances internationales, les fondamentaux du pays demeurant fortement induits par l’endettement, l’aggravation des déficits, l’effet de marge de manœuvre du aux réserves de devises et à la capacité de recourir au programme de privatisation pour alimenter les caisses de l’Etat.


Un taux de croissance prévisionnel fixé à 3,7 %

Pour l’année 2020, les prévisions économiques, basées sur une estimation de 350 dollars la tonne de butane et une production annuelle céréalière moyenne de 70 millions de quintaux, sont de 3,7 % pour le taux de croissance économique, avec 3,6 % pour le PIB non agricole, contre 3,3 % en 2019 et 2,6 % en 2018.


Maîtrise des dépenses et recours aux financements créatifs sont mis en avant à travers l’activation du nouveau cadre juridique de partenariat avec le secteur public et privé.


Les dépenses des secteurs publics (fonctionnement et charges des fonctionnaires) devront être rationalisées notamment concernant la création des postes budgétaires en les limitant aux besoins de base et par le redéploiement des postes budgétaires pour couvrir le déficit réel aux niveaux spatial et sectoriel.


Ce rationnement touche aussi la consommation de l’eau et de l’électricité via le recours aux énergies renouvelables et aux technologies d’efficacité énergétique. Idem pour les dépenses liées aux communications, au transport et à la mobilité nationale et internationale, la location et l’aménagement des sièges administratifs, la réception et l’événementiel ainsi que les frais des études et de location et achats de voitures.


Ce PLF-2020 placera la dynamisation de l’investissement et du soutien de l’entreprise parmi ses priorités, en vue d’accélérer la croissance et la création d’emploi, a souligné le Chef du gouvernement, Saâddedine El Otmani dans sa note fixant ainsi le niveau des enveloppes budgétaires maximales pour chaque département ou institution, portant sur les dépenses de matériel et d’investissements. El Otmani a ainsi invité les différents départements à soumettre leurs propositions à ce sujet avant le 30 août 2019.



L’appui de l’investissement public et la promotion de l’investissement privé national et étranger à travers la poursuite de la mise en œuvre des réformes institutionnelles visant à améliorer le climat des affaires, l’amélioration de l’efficacité des administrations et établissements publics, la facilitation des procédures et l’adoption de la nouvelle charte de l’investissement sont aussi parmi ces priorités, a fait savoir El Otmani dans cette note qui rappelle la régularisation préalable de la situation juridique du foncier réservé aux projets d’investissement.


Il est aussi question de poursuivre la réforme des centres régionaux de l’investissement (CRI) en vue de leur accorder les attributions nécessaires pour jouer leur rôle dans la promotion de l’investissement et la création de l’emploi au niveau régional.


10 MMDH consentis au développement régional

Les transferts budgétaires au profit des régions s’élèveront à 9,5 milliards de dirhams en 2020, soit un de plus que l’exercice précédent. A partir de 2021, ils s’établiront à 10 milliards. Ce budget est assuré par des ponctions de 5 % de l’IS, 5 % de l’IR et 20 % de la taxe sur les contrats d’assurance. Il est parachevé par le budget de l’Etat, pour 3,7 milliards de dirhams en 2020.


Le PLF-2020 met également l’entreprise au cœur de ses préoccupations et stipule une série de mesures en sa faveur, notamment l’appui aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) via la poursuite des efforts visant à assainir la dette de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) cumulée durant ces dernières années, l’accélération des délais de récupération de cette taxe, la réduction des délais de paiement et l’amélioration de l’accès au financement.


Le gouvernement entend, parallèlement, soutenir les entreprises marocaines exportatrices et augmenter leur capacité et compétitivité en bénéficiant des différents accords de partenariat stratégiques et de libre-échange.


L’accent est aussi mis sur la promotion du secteur informel pour intégrer graduellement le cycle économique, le durcissement du contrôle fiscal et douanier, le recours à l’ensemble des mécanismes légaux, fiscaux et douaniers pour lutter notamment contre la fraude et l’évasion fiscales, la contrebande, le dumping.


Par ailleurs, cette note fait ressortir que l’année prochaine sera consacrée à la poursuite du chantier de réforme de la Justice, la consolidation du système de transparence et la lutte contre la corruption, l’exécution de la charte nationale de la déconcentration administrative et à la mise en œuvre de la nouvelle approche de gestion des projets d’investissement publics.


Il s’agit aussi de continuer la mise en œuvre de la régionalisation avancée, la modernisation de l’Administration publique, la réforme de retraite, la mise en œuvre des dispositions de la réforme de la loi organique relatif à la loi de finances, la réforme fiscale et le renforcement du développement durable.


Le PLF-2020 donnera la priorité à la poursuite du soutien aux politiques sociales, à la réduction des disparités sociales et spatiales, outre la mise en place de mécanismes de protection sociale, a indiqué le Chef du gouvernement Saad Dine El Otmani.


Convaincu que la réalisation de ces priorités nécessite un financement continu et durable, le gouvernement veille à encourager l’investissement et à soutenir l’entreprise, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME) afin d’accélérer la croissance économique, pilier fondamental de la création de la richesse et de l’emploi, a fait savoir El Otmani dans sa note d’orientation.


13 MMDH attribués aux dépenses de compensation

Le Chef du gouvernement a aussi souligné que la priorité sera également accordée à l’accélération de la mise en œuvre des réformes visant à améliorer les mécanismes d’une distribution équitable de la richesse (Justice, Régionalisation avancée, Réforme fiscale), outre le renforcement de l’efficacité de la gestion des politiques publiques (Réforme de l’Administration, de la loi organique des finances et la gestion efficace de l’investissement).


Ainsi, a-t-il poursuivi, plusieurs mesures seront prises, notamment l’accélération de la mise en œuvre de la réforme du système de l’Éducation et de la Formation, la poursuite de la généralisation graduelle de l’enseignement préscolaire, la consolidation du soutien social à la scolarisation, le renforcement du rôle de l’éducation pour aider les jeunes à accéder au marché du travail, ainsi que la mise en œuvre de la feuille de route relative à la formation professionnelle présentée devant le Roi Mohammed VI, le 4 avril dernier.


Il s’agit aussi d’améliorer et de généraliser les services de santé, garantir l’accès du citoyen à des services de qualité et dans des conditions préservant sa dignité.


Par ailleurs, cette note fait ressortir la nécessité d’accélérer le rythme de réalisation du programme de réduction des disparités sociales et spatiales dans le monde rural, d’accompagner la 3ème phase de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), de mettre en œuvre les engagements de l’accord du dialogue social ainsi que de continuer à subventionner les produits de base dans le cadre de la Caisse de compensation et d’élargir la couverture médicale en corrigeant les dysfonctionnements du système du RAMED. Les dépenses de compensation sont évaluées à 13,6 milliards de dirhams pour l’exercice 2020.


6 MMDH injectés dans le dialogue social

Le dialogue social bénéficiera ainsi d’un surplus budgétaire de 6 milliards de dirhams supplémentaires en 2020 contre 5,3 en 2019. En 2021, cette facture sera fixée à 2,9 milliards de dirhams, soit un coût global de 14,2 milliards pour le budget de l’Etat. A compter de 2021, le coût du dialogue social sera donc supérieur à 1 % du PIB.


De même, l’amélioration du ciblage des citoyens en situation de précarité, le développement des aides directes à travers l’adoption d’un cadre juridique et le lancement d’une phase de test du registre social unique (RSU), outre la poursuite de l’appui notamment aux femmes veuves, divorcées, mères en précarité figurent également parmi les priorités du PLF 2020.


Ce texte met aussi l’accent sur la réforme du système de protection sociale, y compris les programmes visant le soutien des familles, la protection de l’enfance et la prise en charge des personnes âgées, outre la poursuite des efforts consentis en faveur de la modernisation et de la gestion des services offerts à la communauté marocaine à l’étranger et la mise en œuvre de la stratégie nationale d’immigration et d’asile.

Par Issam El Yadari
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