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OffshoringLa Cour des comptes soulève l’essoufflement du business model de MEDZ

31.01.2020 à 21 H 29 • Mis à jour le 31.01.2020 à 21 H 29
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La Cour des comptes indique que la situation financière de cette filiale de la CDG s'est fragilisée à cause de plusieurs facteurs, notamment un rendement modeste des investissements, un financement d'une partie des investissements par des dettes à court terme, un niveau faible d'endettement, une évolution négative du chiffre d'affaires et un déficit de trésorerie relativement élevé

La Cour des comptes a soulevé, dans son rapport annuel de 2018, l’essoufflement du business model mis en place par MEDZ, filiale du groupe Caisse de dépôt et de gestion (CDG).


« L’examen du business model de MEDZ a révélé son essoufflement et est devenu non adapté aux spécificités de certains projets notamment ceux réalisés hors Casablanca au niveau des zones destinées à l’offshoring », écrit la Cour des comptes dans son rapport.


Ces zones relèvent de la propriété de MEDZ via sa filiale Casanearshore (CNS) et sont soumises à sa gestion par le biais de sa filiale MEDZ-Sourcing, note la même source.


Parallèlement, la Cour des comptes indique que la situation financière de cette filiale de la CDG s’est fragilisée à cause de plusieurs facteurs, notamment un rendement modeste des investissements, un financement d’une partie des investissements par des dettes à court terme, un niveau faible d’endettement, une évolution négative du chiffre d’affaires et un déficit de trésorerie relativement élevé.


S’agissant des zones d’activité industrielles, MEDZ a adopté une logique d’accompagnement des pouvoirs publics dans l’opérationnalisation des plans et des programmes nationaux et régionaux d’aménagement et de développement des plateformes industrielles intégrées (P2I).


Depuis sa création, MEDZ a aménagé 13 P2I avec un coût global prévisionnel de 5,77 milliards de dirhams (MMDH), hors coût d’aménagement des zones de Gueznaya et la Technopole de Rabat.


L’examen des projets réalisés dans ce cadre a permis à la Cour des comptes de relever plusieurs constats, dont les insuffisances en matière de conception des aménagements des zones industrielles et les difficultés de commercialisation de ces P2I.


Concernant les zones d’activités offshoring, la Cour des comptes a observé un engagement de MEDZ dans la réalisation d’investissement dépassant sa capacité financière, des carences en matière de planification, d’aménagement et de construction des parcs offshoring, outre des difficultés de commercialisation et gestion de ces parcs.


Il s’agit aussi de la non atteinte des objectifs relatifs à l’impact socio-économique de ces parcs.


Par ailleurs, MEDZ a initié et réalisé, à fin 2017, une dizaine de zones d’activités touristiques (ZAT) d’un coût de 2 MMDH, dont cinq projets réalisés et huit restés en phase d’études.


La décision de s’engager dans ces projets s’est faite dans le cadre soit de la vision touristique 2020 initiée en 2001, soit dans le cadre des plans de développement touristiques régionaux (PDTR) initiés par les collectivités territoriales


Dans ce cadre, la cour des comptes a relevé la suspension des investissements dans le secteur touristique, le lancement de certaines zones ne répondant pas à une demande et le retard de transfert des équipements de certaines zones aménagées aux collectivités territoriales.


Elle a aussi constaté des délais d’aménagement du projet Oued Fès relativement longs, des difficultés de commercialisation et de valorisation de certaines zones et un retard de mise en place des associations en charge de la gestion des zones.


Ainsi, la Cour des comptes recommande aux pouvoirs publics d’impliquer MEDZ à l’amont dans le processus de choix des zones à aménager et leurs caractéristiques (consistance, emplacement géographique, vocation, etc.) et de doter les zones industrielles d’un cadre juridique spécifique à l’instar de la loi sur les zones franches.


En outre, elle recommande à MEDZ de revoir son business model, de réaliser les études de faisabilité préalablement à la création des zones (étude de marché, de positionnement, techniques, financières, etc.), ainsi que de dimensionner et phaser la réalisation des projets en termes de superficie en fonction de la demande réelle du marché.


La Cour des comptes préconise aussi de mettre en place, en coordination avec les partenaires, une politique de promotion et renforcer les moyens pour améliorer la rentabilité des zones d’activités économiques, d’encourager les investisseurs, en concertation avec les collectivités territoriales concernées, à prendre en charge la gestion des zones commercialisées et d’évaluer la demande potentielle et prendre les mesures appropriées pour développer et commercialiser les zones à difficultés.


En matière de zones d’activités industrielles, elle juge utile d’œuvrer, en concertation avec les différents intervenants, à délimiter les responsabilités incombant à chaque partie quant aux aspects de financement, de commercialisation et de suivi de valorisation.


Pour l’offshoring, il est nécessaire de mettre en place une procédure définissant les formalités de location, les délais d’étude des dossiers, de négociation des contrats de bail et d’attribution ainsi que la publication de la liste des locaux vacants, de développer, à côté des segments classiques de l’offshoring, les filières à fort potentiel au niveau international notamment “KPO”  et “ESO” .


Au volet des zones d’activités touristiques, la Cour des comptes souligner l’importance de transférer les équipements des zones aménagées aux collectivités territoriales concernées pour maintenir leur qualité et leurs fonctionnalités et d’œuvrer, en concertation avec les collectivités territoriales concernées, à la prise de mesures appropriées à fin d’encourager les acquéreurs à valoriser les lots aménagés achetés.

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