Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
Newsroom

BiotechL’Argentine va fournir des mouches stériles au Maroc pour lutter contre les insectes ravageurs

09.02.2020 à 12 H 47 • Mis à jour le 09.02.2020 à 12 H 47
Par
Pour lutter contre les parasites nuisibles à ses produits agricoles, notamment les fruits, le Maroc a passé commande à un institut argentin de biotech 440 millions de mouches méditerranéennes stériles. Les livraisons débuteront en mars par lots de 10 millions d’insectes par semaine

L’Institut argentin de santé et de qualité agricole de Mendoza (Iscamen) a annoncé la vente de 440 millions de mouches méditerranéennes stériles au Maroc, rapporte le média local El Economista, cité par Yabiladi.


Ce produit vivant et non conventionnel a été produit dans la Bioplant de la province, dans le département de Santa Rosa, à 90 kilomètres à l’est de la capitale Mendoza, et sera utilisé par Rabat dans le cadre de son programme de lutte contre les parasites.


L’agriculture de la région du Souss-Massa souffre particulièrement des effets néfastes de la mouche cératite. Cette mouche pond ses œufs dans les fruits les rendant impropres à la consommation. Aussi appelée « mouche méditerranéenne », elle occasionne des pertes notables. A cause de ce nuisible, les Etats-Unis ont, à de nombreuses reprises, interdit l’importation des agrumes marocains suite à des cargaisons de fruits infestés de larves.


À partir du mois de mars, le gouvernement de Mendoza commencera donc à fournir 10 millions d’insectes stériles par semaine.


Jusqu’à présent, le matériel utilisé par le Maroc était fourni par l’usine de production d’insectes stériles de Valence, en Espagne. À partir du mois de mars, les expéditions d’insectes stériles en provenance de Mendoza commenceront et se poursuivront jusqu’au 15 mai 2021. Au total, 44 expéditions de 10 millions de mouches par semaine seront effectuées.


En octobre dernier, 162 millions d’insectes mâles stériles ont quitté l’usine pour la Bolivie dans ce qui a été la première expédition internationale.


« C’est le premier pays où nous exportons notre matériel biologique, c’est un point de départ pour la possibilité d’aider avec ce type de matériel vers différents pays qui l’ont déjà demandé, comme la Turquie ou le Chili », a expliqué Alejandro Molero, président de l’Iscamen à l’époque.


En chiffres, l’année dernière, la bioplantation d’Iscamen a produit entre 60 et 70 millions de nymphes de mouches par semaine. Aujourd’hui, l’entité sanitaire est prête à produire 100 à 450 millions par semaine, à raison de 500 dollars pour chaque million de nymphes.


Actuellement, la production de la bioplantation de Santa Rosa atteint 400 millions par semaine, dont 23 millions sont envoyés pour aider le programme de lutte contre les parasites en cours de développement en Patagonie.


La Technique de l’insecte stérile (TIS) est la première méthode de lutte contre les insectes ravageurs qui utilise la génétique. « Pour simplifier, on pourrait la définir comme une forme de contrôle des naissances des insectes menée à l’échelle d’une région », rapporte un document de la FAO cité par Yabiladi.


« Cette technique consiste à reproduire des quantités énormes d’insectes cibles dans une usine et de stériliser les mâles en les exposant à des faibles doses de radiations. Ces mouches mâles stériles sont ensuite lâchées par voie aérienne dans les zones infestées, où elles s’accouplent aux femelles sauvages. Si les mâles stériles l’emportent largement en nombre sur les mâles sauvages féconds, la population de mouches sauvages est rapidement anéantie… »

Par
Le Desk Newsroom