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EspionnageLe Maroc parmi les pays victimes du «chiffrement troué» de la CIA et de la NSA

12.02.2020 à 16 H 18 • Mis à jour le 12.02.2020 à 16 H 24
Par La rédaction
Depuis 50 ans, les services de renseignement des États-Unis vendaient des solutions de chiffrement obsolètes à des gouvernements étrangers, dont le Maroc, pour les écouter

Selon une enquête explosive menée conjointement par ZDF et le Washington Post, Crypto AG, une entreprise suisse qui a connu son heure de gloire en vendant des « machines à chiffrer » aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, était pilotée en sous-main depuis des années par la CIA et les services secrets allemands qui ont écouté des décennies durant les communications supposément sécurisées de plus de 120 pays, dont le Maroc qui figure parmi les clients victimes de trous dans le filet de leurs communications.


L’opération, menée sous les noms de code Thesaurus et Rubicon, commence en 1950 quand Boris Hagelin, alors président de Crypto AG, accepte de vendre des machines obsolètes à certains pays, réservant les fleurons de l’entreprise à des pays approuvés par les États-Unis.


Dix ans plus tard, la CIA verse des centaines de milliers de dollars à Hagelin pour des dépenses marketing consistant à convaincre les gouvernements partout dans le monde d’adopter les solutions de Crypto AG.



En 1967, une nouvelle étape est franchie et la H-460, nouvelle machine de l’entreprise, est directement construite par la NSA. Tout cela, bien évidemment, dans le plus grand des secrets.



La même année, la France et l’Allemagne de l’Ouest, au courant de l’opération, vont toquer à la porte de Crypto AG et proposent à Hagelin de racheter son entreprise. L’homme refuse et la vend à la CIA trois ans plus tard. À partir de cet instant, les services secrets nord-américains et ouest-allemands écoutent les conversations venant d’Iran, d’Amérique latine, d’Inde, du Pakistan, du Vatican, d’Arabie Saoudite etc… Et Au Maghreb, du Maroc, d’Algérie, de Libye, de Mauritanie et de Tunisie.


Fin 1970, les renseignements ouest-allemands se retirent du partenariat, mais cela n’arrête pas les États-Unis qui continuent leur opération jusqu’à ce que les moyens de chiffrement électronique moderne prennent le relais. Crypto sera liquidé en 2018, mais « une douzaine de pays » utilisent encore ses machines.

Par La rédaction
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