Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
Newsroom

Face au COVID 19Dans un CHU de Rabat : «J’ai fait ma garde sans gants, ni masque»

20.03.2020 à 12 H 54 • Mis à jour le 20.03.2020 à 12 H 54
Par Ali Amar
Alors que le Maroc lutte contre la pandémie du coronavirus par des moyens sécuritaires drastiques, dans les hôpitaux, l’inquiétude monte chez le personnel médical mobilisé en première ligne. De garde dans un des trois CHU de Rabat, un jeune médecin témoigne de l’absence de moyens de protection suffisants

Selon l’agence Bloomberg, des médecins du Wuhan, épicentre de l’épidémie en Chine, mettent en garde leurs collègues européens et l’ensemble des personnels soignants contre le manque de protections. « Nos collègues européens contractent l’infection au quotidien lors de leurs soins dans une proportion semblable à celle que nous avions connue au début de l’épidémie. Nous devons protéger le personnel médical », a expliqué le professeur Wu Dong qui exerce dans un hôpital de Pékin. Des milliers de soignants chinois ont été infectés en janvier et au moins 46 d’entre eux sont morts.


Quand au Maroc, alors que la pandémie n’a pas encore dépassé le premier stade, l’inquiétude gagne le personnel médical. A travers la vidéo qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, filmée par une femme en isolement dans un hôpital de Salé, celle-ci, explique outre l’état d’hygiène déplorable de l’établissement et les conditions plus que spartiates de sa quarantaine, que les médecins et infirmiers se tiennent à distance des patients, n’étant pas équipés pour les ausculter convenablement. Après la diffusion de ces images sur Internet, le directeur de cette unité a été limogé, assure la presse.



« Je suis un médecin interne dans un CHU de Rabat et je voudrais vous parler de l’état catastrophique des urgences ici. On ne dispose d’aucun moyen de protection. D’ici quelques jours, plusieurs médecins vont tomber malades et on sera des vecteurs de transmission de la maladie. Ca ne sert a rien de prendre des décisions de fermeture des écoles et des restaurants, si nous, qui sommes au premier plan, nous ne sommes pas protégés. Lors de ma dernière garde, il n’y a avait ni gant ni masque FFP2, et le pire dans tout ça, c’est que même l’alcoogel était dilué dans de l’eau », atteste K.Z, interrogé par Le Desk.


Selon nos sources, les chefs de service obtiennent en dernier recours des lots de matériel directement de la part de l’industrie pharmaceutique locale qui a en tout temps des stocks suffisants (notamment les masques) pour sa propre production. Mais avec la situation de pénurie mondiale, ces approvisionnements sont aujourd’hui quasiment à l’arrêt.


« Les premiers servis sont les services qui assurent des consultations froides », explique le jeune médecin stagiaire qui raconte par ailleurs comment l’Association des médecins internes a du faire une collecte de fonds pour acheter sur le marché des masques et du gel.


« Le problème, c’est que nous sommes en première ligne au niveau des urgences et nous recevons les patients accompagnés de leurs familles. Or, nous ne pouvons pas identifier de cas suspects au premier contact, car les enfants par exemple peuvent être asymptotiques », déplore notre source.


Si, notre témoin reconnaît que des « négociations avec la hiérarchie sont en cours pour obtenir plus de matériel, l’autre problème vient aussi de certains patients qui subtilisent par exemple l’alcoogel… ».


« Les hôpitaux en première ligne et les unités d’isolement sont bien équipés et le personnel qui y exerce se sent protégé. Par contre, les autres structures manquent des dispositifs de protection. Même les bavettes chirurgicales, les casaques et le gel hydroalcoolique y sont absents », témoigne à TelQuel, Hamid Massou, membre du Conseil national du Mouvement des infirmiers et techniciens de santé au Maroc.


Lors de sa conférence de presse télévisée du 18 mars, Khalid Aït Taleb, ministre de la santé a assuré par ailleurs que le Maroc comptait 44 unités hospitalières préparées à faire face à la pandémie



SUIVEZ NOTRE LIVE SUR LA CRISE DU CORONAVIRUS AU MAROC ET DANS LE MONDE >                    >                    >                    >                     ICI

Par Ali Amar @MarocAmar
Le Desk Newsroom