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PandémieCovid-19: Des confinés d’Afrique témoignent

26.03.2020 à 15 H 19 • Mis à jour le 26.03.2020 à 15 H 19
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Au-delà du Maroc, le reste du continent africain n’est pas non plus épargné par la pandémie de Covid-19, comptabilisant à ce jour 2 137 cas ,dont 62 morts.L’Afrique reste cependant relativement épargnée au regard des chiffres mondiaux. Les Etats prennent davantage de mesures de restriction. Confinement, couvre-feu, état d’urgence sanitaire, comment vivent les citoyens des autres pays du continent ? Le Desk a recueillis des témoignages à Alger, Tunis, Niamey, Libreville, Abidjan et Rubavu
Infographie: Le Desk / Données Johns Hopkins University


Mahamane Bachir, journaliste – Niamey (Niger)

« Les écoles et les lieux de loisirs sont fermés. Dans le milieu du travail, chacun essaie de faire attention et du coup une psychose s’installe, teintée pour certains d’un langage fataliste. Comme quoi c’est Dieu qui amène tout etc.. Moi personnellement, j’utilise toujours mon gel à main, un savon au service et surtout beaucoup de prudence partout. Car l’ennemi covid-19 est partout, même le dépistage n’est pas à grande échelle. Depuis les mesures édictées par les pouvoirs publics, beaucoup au Niger peinent à croire au Covid-19. Néanmoins depuis la découverte de 7 cas suivi d’un décès, les citadins se ruent sur les bavettes et autre gels hydro-alcooliques pour se prémunir. Mais les habitudes ont la vie dure chez nous, même si le confinement n’est pas pris, certains dans les mosquées continuent à ne pas respecter la distanciation, sans compter les marchés qui continuent à être animés ».



Moko Diaby, réalisateur –  Abidjan (Côte d’Ivoire)

« Abidjan vit une psychose, vu l’actualité du moment dans presque tous les pays où sévit le Covid -9. Ici, il y a 73 cas et aucun décès. Tout est en train de s’arrêter, les commerces, les activités administratives, etc. Les bars, les boîtes de nuit, les maquis, les églises, les mosquées et tout lieu de rassemblements sont clos. Les rues sont moins bondées et partout il y a du gel ou de l’eau plus du savon afin d’appliquer les mesures basiques de prévention. La peur se lit sur tous les visages, ce qui a engendré un auto-confinement de certaines personnes dont je fais partie. Nous sommes tous dans l’attente d’une solution médicale qui pourra éradiquer ce fléau qui frappe la planète toute entière »


Emna Salim, architecte -Tunis (Tunisie)

« C’est un retour à la nature, à la vie humaine normale. Qu’on vive tout le temps comme ça mais sans la maladie dehors ! Les restrictions de mouvement ici, elles rassurent. L’après-virus ? J’y vois des choses positives, je rêve d’une révolution mondiale après cet épisode de coronavirus. Il faut vraiment que l’on passe dans une nouvelle ère, une nouvelle politique économique, un nouvel environnement. J’espère que ça va pousser à ça mais je peux toujours rêver ! Ce matin j’ai vu une carte des lits de réanimation, ils sont tous à l’Est, aucun à l’Ouest. Cette crise révèle certaines graves réalités de notre pays. On voit que les gens dans les quartiers populaires ont du mal à se confiner et à être rassurés. Et ce qui me choque le plus, c’est le manque de protection des médecins qui prennent de vrais risques ».



Marie Dialo, cadre dans un cabinet d’audit –  Libreville (Gabon)

« Je suis en télétravail jusqu’au 30 mars. Les bars, boîtes et restaurants sont fermés. Il n’y a que les commerces d’alimentation qui sont ouverts jusqu’à 19h30. Nous avons un couvre-feu ici. Au début ça se passait bien mais aujourd’hui, des images horribles ont circulé sur les réseaux sociaux. Pour prendre leur salaire, les gens étaient serrés dans une file sans précaution aucune. D’où un arrêté ministériel ce soir qui dispose qu’une distance d’un mètre doit être respectée. Tout ceci est inédit. On s’organise… La fermeture des frontières a été très bien accueillie ici. C’est un défi pour les pays africains encore peu touchés par le virus ».


Sarah Aboukir, artiste –  Alger (Algérie)

« Je me suis auto-confinée il y a bientôt dix jours. On voyait partout dans le monde des gens se confiner chez eux avec la progression du virus. Ici en Algérie, les autorités n’ont pas réagi tout de suite, même avec l’épidémie à Blida. J’ai eu très peur à ce moment-là. Il y a des mesures de restriction mais elles sont venues très tard. J’espère seulement que le traitement à la chloroquine va marcher car nos hôpitaux ne peuvent pas faire face à une plus grande épidémie. On a un peu de chance par rapport à d’autres pays, il n’y a pas de milliers de cas comme en Europe, espérons que cela reste comme ça ».


Sammy, Entrepreneur- Rubavu (Rwanda)

« On est confiné au Rwanda. Je suis avec trois amis qui devaient transiter par le Rwanda pour la ville de Goma en RDC, mais les frontières sont fermées. J’ai une résidence ici. Le seul problème, c’est que je travaille en RDC et je ne peux pas y aller, mais comme rien ne vaut la vie, je ne prends pas cela mal. C’est une bonne décision si elle peut aider à maîtriser la chaîne de contamination. Seulement, c’est pas facile à vivre. Et surtout pour mes trois amis bloqués ici. Sinon, au Rwanda, tout est fermé, nous sortons juste pour acheter à manger. Je crois que la situation économique va se compliquer, et d’ailleurs cela se vit déjà ici ».

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