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Face au Covid-19Chakib Alj interpelle Othman Benjelloun sur l’absence de soutien des banques aux entreprises

27.03.2020 à 12 H 46 • Mis à jour le 27.03.2020 à 12 H 47
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Alors que nombre d’entreprises font face à des difficultés de trésorerie intenables en raison de l’impact de la crise du coronavirus et voient ainsi leur fonds de roulement s’amoindrir dangereusement, le patron des patrons fait remarquer au président du groupement des banques que celles-ci se montrent réticentes à accompagner les entreprises, certaines ayant même augmenté leurs marges et leurs tarifs d’emprunts, tandis que les mécanismes prévus par la Caisse centrale de garantie (CCG) n’ont pas été activés

Dans une lettre datée du 26 mars dont Le Desk détient copie, le président de la CGEM (patronat), Chakib Alj interpelle le président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), Othman Benjelloun sur la situation critique que vivent les entreprises dans leurs rapports avec les banques en cette période de crise due à la pandémie du coronavirus et de ses effets sur l’économie.


« Une écrasante majorité d’entre elles ont baissé drastiquement leur activité ou sont carrément à l’arrêt. Elles voient leurs revenus s’effondrer ce qui, par un effet domino, finit par toucher la quasi-totalité des secteurs. Quasiment aucune entreprise n’est épargnée », écrit Alj sur un ton alarmiste.


« L’aide aux salaires apportée par le gouvernement leur donne du souffle, mais leur situation reste plus que préoccupante. Ces entreprises maintiennent pour la plupart leurs salariés pour des raisons sociales et pour être en mesure de reprendre l’activité au plus vite dès la levée de l’état d’urgence. Elles essaient également de maintenir leurs relations avec leurs fournisseurs, locaux ou étrangers. Elles font ainsi preuve de responsabilité. Mais dans les conditions actuelles, beaucoup peinent lourdement à financer leur besoin en fonds de roulement », poursuit-il.


« (…) Nous observons des écarts et des situations en décalage avec ces principes. L’impact de ces écarts, s’ils ne sont pas rattrapés, pourrait être fatal à de très nombreuses entreprises, pourtant aptes à retrouver leur rythme de croisière après cette crise (générant ainsi un niveau de casse sans précédent, et qui laissera une empreinte économique et sociale indélébile) », avertit le patron des patrons qui estime « qu’un traitement au cas par cas des entreprises est en décalage avec la situation (sauf demande expresse de votre clientèle) ».


« Les besoins de financement en fonds de roulement sont évidemment aussi importants pour nos entreprises que pour nos confrères des autres économies confinées de la planète. Il est urgent de mettre en place le dispositif prévu avec la CCG (Caisse centrale de garantie, ndlr) à un niveau suffisant pour rétablir un sentiment de sécurité des entreprises. A défaut, nous subirons la disparition de nombreuses entreprises et de très lourdes pertes d’emplois ».


Alj cite à titre d’exemple, certains crédits exceptionnels de trésorerie mis en place en Europe, qui sont remboursables sur 5 ans à taux zéro, et construits sur la base d’un plan de trésorerie avec zéro recette pendant 3 mois.


« D’autres banques ont décidé de refondre leur appréciation des risques et réduisent les lignes de PME jusque-là clientes, ce qui leur est fortement préjudiciable. Le cas des PME exportatrices est également préoccupant. Ces unités doivent impérativement être maintenues puisqu’elles permettront dès la reprise en Europe, à la fois d’assurer quelques dizaines de milliers d’emplois mais aussi de rapatrier des devises aujourd’hui rares », explique-t-il


« De même, les unités de services aux entreprises, caractérisées par une masse salariale lourde, souffrent d’un déficit brutal de traitement de la part de certains de vos confrères (revenant sur leurs autorisations de découvert par exemple) ».


Il souligne de plus que « le report des échéances de crédits moyen terme et de leasing est généralement bien suivi. Néanmoins, nous relevons la difficulté d’accès de certaines entreprises à leur responsable clientèle, impactant le délai de réponses à leurs requêtes ».


« De même, il apparaît que certains de vos confrères annonceraient des pénalités ou intérêts supplémentaires, et d’autres n’accepteraient le report qu’à compter du mois d’avril. En comparaison, certains pays européens reportent, à la fin des contrats, les échéances de 6 mois », fait-il remarquer.


« Certains membres de votre groupement ont augmenté leurs marges et la tarification des emprunts. Le taux de refinancement des importations sont parfois passés de 1,5 % à 3,5 % (pourtant Bank Al Maghrib a réduit son taux de base et les taux de base sur le dollar et l’Euro sont à des niveaux historiquement bas). Les taux de change sont parfois sans rapport avec les cours pivots et certaines salles de marché sont fermées », conclut Alj qui en appelle à la “bienveillance”  de Benjelloun… 

Par @MarocAmar
Le Desk Newsroom