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DiplomatieDéjà de l’eau dans le gaz entre Israël et les Emirats à cause du F-35

25.08.2020 à 00 H 24 • Mis à jour le 25.08.2020 à 00 H 33
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Quelques jours à peine après qu'Israël et les Emirats ont annoncé un accord de normalisation historique, des tensions semblent déjà émerger entre eux en raison de l’opposition affichée par Benjamin Netanyahu à la volonté d’Abu Dhabi d’acquérir le F-35, l'avion de combat le plus avancé de l'arsenal américain dont seul Israël dispose dans la région

Les Émirats arabes unis ont annulé vendredi dernier une réunion trilatérale prévue avec les États-Unis et Israël pour envoyer un message au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au sujet de son opposition à un contrat d’armement en cours entre les États-Unis et les Émirats arabes unis, ont affirmé trois sources distinctes au site d’information Axios.


Les médias israéliens ont rapporté que, comme condition de l’accord de normalisation, Netanyahu avait approuvé la vente d’avions de combat F-35 aux Emirats. Celui-ci a nié ces informations et s’est publiquement prononcé contre l’éventualité de ce contrat.


Le statut d’Israël en tant que seul pays du Moyen-Orient à posséder l’avion de combat le plus avancé de l’arsenal américain lui confère actuellement un net avantage technologique par rapport aux autres armées de la région.


Mais le deal sur le F-35 est une priorité absolue pour les Émirats arabes unis, qui le considèrent comme intimement lié à l’accord de normalisation avec Israël.


Une transaction éventuelle sur le F-35 est en discussion depuis un certain temps, et les responsables de l’administration Trump ont déclaré que l’accord de normalisation le rendait plus probable, tout en reconnaissant leur obligation d’assurer l’avantage militaire qualitatif d’Israël dans la région.


Les Emiratis avaient l’impression, en entrant dans l’accord de normalisation, que si Netanyahu peut avoir des réserves sur la question des F-35, il ne les diffuserait pas publiquement, ont déclaré les trois sources informées sur la question à Axios.


Ils ont estimé que les déclarations de Netanyahu –  suggérant qu’il n’avait aucune connaissance de l’accord proposé et insistant sur le fait qu’il s’y opposerait –  violaient l’entente entre eux.


Les Emiratis étaient particulièrement irrités que le Premier ministre israélien ait dit aux membres de son cabinet qu’il ferait part de ses préoccupations au sujet de l’accord avec les membres du Congrès américain.


L’ambassadrice américaine aux Nations Unies, Kelly Craft, a invité ses homologues israéliens et émiratis à participer à une réunion trilatérale la semaine dernière à l’ONU. Ce devait être une affaire de cérémonie –  en public, avec des photos et une déclaration commune.


Toutes les parties ont confirmé leur présence et planifiaient les détails lorsque les Emiratis ont soudainement dit à Craft et à la Maison Blanche qu’ils voulaient l’annuler.


L’accord sur le F-35 a été préparé lors des réunions du secrétaire d’État Mike Pompeo en Israël avec Netanyahu et d’autres hauts responsables israéliens, et il devrait être discuté à nouveau lorsque Pompeo se rendra demain à Abu Dhabi.


Brian Hook, l’envoyé américain pour l’Iran, qui voyage avec Pompeo, a déclaré que l’administration Trump atteindrait deux objectifs : protéger l’avantage militaire qualitatif d’Israël et aider les Émirats arabes unis à se défendre contre l’Iran.


« Les Emirtas et Israël font face à l’ennemi commun de l’Iran. Nous allons continuer à améliorer la position de défense des Emirats d’une manière qui préserve nos engagements en matière de sécurité envers Israël », a déclaré Hook.


« Les Emirats ont accepté de normaliser leurs relations avec Israël –  c’est une nouvelle relation. Cela crée un espace pour plus de coopération en matière de sécurité. Toutes les conversations nécessaires autour de l’avantage militaire qualitatif d’Israël auront lieu », a-t-il ajouté.


Les Emiratis prévoient de suspendre d’autres réunions publiques de haut niveau avec Israël jusqu’à ce que la position de Netanyahu soit clarifiée, affirment les sources consultées par Axios.


Les responsables émiratis ont refusé de commenter ce revirement tout comme la Maison Blanche et le bureau du Premier ministre israélien.

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Le Desk Newsroom