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Covid-19Neila Tazi défend les artistes, Abdelouafi Laftit dit niet à l’événementiel

29.10.2020 à 01 H 29 • Mis à jour le 29.10.2020 à 10 H 38
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Alerté par la conseillère à la seconde Chambre au nom de la CGEM sur la situation catastrophique du secteur de l’événementiel et des artistes en particulier, le ministre de l’Intérieur a opposé un niet catégorique à la reprise de leurs activités. Un refus justifié par la situation épidémiologique, mais qui sanctionne aussi des opérateurs qui opèrent largement dans l’informel

A la Chambre des conseillers, un échange a retenu l’attention ce 27 octobre entre Neila Tazi représentant le patronat et le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit.


Au nom du groupe CGEM, la conseillère à la seconde Chambre a demandé dans son allocution que les organisateurs d’évènements soient autorisés à tenir des manifestations regroupant entre 50 et 100 personnes, soulignant la situation alarmante aussi bien des entreprises de ce secteur à l’arrêt depuis de longs mois que du large spectre des personnes qui y travaillent qu’ils soient salariés, contractuels ou auto-entrepreneurs, notamment les artistes. Celle-ci s’est d’ailleurs interrogée sur le fait que les Gnaouas, dont elle organise chaque année le Festival d’Essaouira, sont désormais reconnus à l’international comme patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, alors qu’au Maroc, ils continuent de vivre d’expédients, faisant remarquer que la Charte de l’INDH signée devant le Roi Mohammed VI portait justement l’esprit de la solidarité sociale…



Le gouvernement ne peut autoriser ces acteurs à reprendre leurs activités compte tenu de la situation épidémiologique actuelle, a répliqué le ministre de l’Intérieur, soulignant que les rassemblements, notamment familiaux (mariages, funérailles, etc.) ont été à l’origine des plus grands foyers de contaminations. « On ne peut autoriser les acteurs de l’organisation de fêtes à reprendre l’activité tout en continuant à interdire l’organisation des mariages et des funérailles », a-t-il tranché net.


Au bord de la ruine dans leur grande majorité, les professionnels de l’événementiel avaient proposé à travers une feuille de route d’adopter un protocole sanitaire certifié par un bureau d’étude pour garantir une reprise d’activité dans le respect des mesures sanitaires. En vain.


Dans son contrat-programme l’État s’est tout juste engagé au versement d’une indemnité forfaitaire mensuelle nette de 2 000 dirhams aux salariés et stagiaires sous contrat d’insertion, en arrêt provisoire de travail suite à la pandémie. Cette mesure couvre la période allant du 1er septembre au 31 décembre 2020.


Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur. AIC PRESS


Mais cette indemnité ne peut bénéficier qu’aux employés déclarés à la CNSS en février 2020 et relevant des employeurs en difficulté, affiliés à la CNSS. Sont ainsi éligibles à cette mesure, les employeurs pouvant justifier d‘une baisse du chiffre d’affaires d’au moins 50 % au titre de chaque mois de la période allant de septembre à décembre 2020, par rapport à la même période en 2019 et ce dans la limite de 500 personnes par opérateur et au-delà sous conditions et après avis d’une commission tripartite regroupant les Finances, le Travail et la CNSS.


Et si Laftit a douché bien des espoirs, le ministre de l’Intérieur garde aussi en tête que le secteur de l’événementiel et des fêtes est particulièrement réputé pour opérer très largement dans l’informel. Son niet fait dans ce sens office de message à tous ses entrepreneurs, qui, à l’instar de pans entiers du secteur touristique, ont toujours refuser de se mettre au pas de la législation du travail et fiscale, fait-on remarquer.


L’Etat, par ailleurs, n’est pas le seul à devoir être blâmé dans cette situation de crise aiguë : les entreprises de l’événementiel font partie de celles qui ont vu le robinet des financements bancaires se tarir brutalement durant la crise du Covid-19, n’ayant pas pu, sauf à de très rares exceptions, bénéficié d’un appui, y compris de la panoplie des produits d’aide et de garantie déployés avec le soutien public…

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Le Desk Newsroom