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Covid-19Le Maroc autorise un vaccin de Sinopharm sans dire lequel

22.01.2021 à 21 H 32 • Mis à jour le 22.01.2021 à 22 H 21
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En annonçant l'autorisation d'urgence d'un vaccin de Sinopharm, sans préciser lequel, le ministère de la Santé continue de cultiver la confusion autour du produit chinois commandé à hauteur de 40 millions de doses par le Royaume et dont les premières livraisons sont prévues pour ce 27 janvier.

La commission nationale d’autorisation du vaccin anti-Covid s’est réunie ce 22 janvier et a accordé une autorisation d’utilisation d’urgence d’un vaccin du laboratoire chinois Sinopharm, annonce un communiqué du département de Khalid Ait Taleb publié ce vendredi en soirée. Dans un précédent communiqué, la Santé annonçait la réception ce mercredi 27 janvier d’une première cargaison du vaccin chinois anti-Covid. Un premier envoi du vaccin de AstraZeneca a également été réceptionné ce vendredi.


Le communiqué du ministère de la Santé explique que les autorités marocaines ont demandé des éclaircissements au laboratoire chinois. Le Maroc a reçu ce complément d’informations, prenant la forme de résultats d’études cliniques, d’où la décision de ce 22 janvier, mais sans que l’on précise de quelle phase d’essais cliniques il s’agit…  Le délai de l’autorisation est fixé à 12 mois, indique-t-on.


Avec ce communiqué, le ministère de la Santé continue de cultiver la confusion autour de ce vaccin chinois, commandé à hauteur de 40 millions de doses par le Royaume auprès du laboratoire étatique Sinopharm. Comme nous le clarifions auparavant, Sinopharm développe deux injections à base de virus « inactivté » : un au Wuhan Institute of Biological Products (WIBP), un autre au Beijing Institue of Biological Products (BIBP). Le premier avait fait l’objet d’essais cliniques de phase III au Maroc, et était annoncé comme étant celui acquis par le Maroc, le second a été approuvé par plusieurs pays du Moyen-Orient, notamment les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn ou encore l’Egypte. Le communiqué de la Santé ne précise pas de quel vaccin il s’agit.


Aucune donnée étayant la prise de décision

Il justifie de façon très vague la décision d’approuver le vaccin, en mentionnant « les données issues des études pré-cliniques et des essais cliniques », n’indiquant ni de quels essais cliniques ni les chiffres étayant « sa qualité, son efficacité et sa sûreté ». Pis, à la différence de l’annonce de l’autorisation du vaccin AstraZeneca/Oxford, le 6 janvier dernier, dont le Maroc a reçu aujourd’hui quelque deux millions de doses en provenance d’Inde, les médias officiels n’ont pas publié la fiche de l’autorisation temporaire d’utilisation d’urgence, qui éclaire sur l’identité du fabricant, du nom commercial du vaccin, ainsi que le principe actif du vaccin. Autrement dit, le contraste de la volonté de la transparence du ministère de la Santé ne fait qu’exacerber le mystère autour de ce vaccin.


Dès fin décembre, nous alertions sur la possibilité que le Maroc autorise le vaccin de Sinopharm en dépit de résultats disponibles. Depuis, le ministère de la Santé a continué à participer à la confusion autour de ce vaccin, en disséminant dans la presse un discours fallacieux prétendant que le « le Maroc considère que désormais, Pékin ou Wuhan, il s’agit du même vaccin ».


La raison ? Comme nous l’expliquions le 13 janvier dernier, les chercheurs qui se sont penchés sur la comparaison entre les différents vaccins en développement partout dans le monde, prennent le soin de distinguer les deux injections fabriquées par Sinopharm. Et pour cause, ils ne présentent pas tout à fait les mêmes résultats, du moins pour les phases I et II, puisque les résultats des essais cliniques de phase III opérés dans plusieurs pays du monde n’ont toujours pas été publiés ni révisés par des pairs comme le veut la méthodologie de la recherche médicale.

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