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CriseL’industrie hôtelière crie son désarroi à Aziz Akhannouch

02.12.2021 à 11 H 37 • Mis à jour le 02.12.2021 à 11 H 38
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Restrictions, non-exécution du contrat-programme signé en 2020, absence de visibilité… La crise qui frappe le secteur du tourisme est telle que la plupart des établissements peinent à se maintenir à flot. Lahcen Zelmat, patron de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière, tire la sonnette d’alarme dans une lettre adressée au chef du gouvernement

Confronté à une crise inédite depuis le début de la pandémie, le secteur du tourisme est au bord de l’implosion. Les engagements du gouvernement contenus dans le contrat-programme n’étant pas appliqués pour la plupart, « la situation financière de la quasi-totalité des établissements d’hébergement ne leur permet plus de faire face à leurs dépenses urgentes. »


C’est le cri d’alarme lancé le 29 novembre par la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH) au chef du gouvernement. « Nous nous permettons de vous adresser la présente lettre pour vous faire part du désarroi des opérateurs du secteur de l’industrie hôtelière nationale qui vit, depuis l’avènement de la pandémie Covid-19 en mars 2020, une crise sans précédent, caractérisée aussi bien par sa profondeur que par sa longévité, sans aucune visibilité à ce jour », écrit son président Lahcen Zelmat à Aziz Akhannouch dans une lettre consultée par Le Desk.


« M. le chef du gouvernement, vous êtes très certainement au courant que les établissements d’hébergement touristique subissent les conséquences désastreuses de la crise sanitaire cOVID-19 et ce depuis plus de 20 mois. Vu l’importante contribution de ce secteur dans l’essor de l’économie nationale, tant directement qu’indirectement, et devant cette malheureuse et exceptionnelle situation, le gouvernement, à l’instar des autres pays qui place le secteur touristique comme prioritaire, a convenu avec les représentants du secteur plusieurs mesures de soutien des entreprises et de l’emploi », rappelle-t-il, pointant du doigt la non application des mesures prévues par le contrat-programme signé en aout 2020.


« Vingt mesures n’ont pas été déployées intégralement et celles qui ont été mises en exécution n’ont nullement tenu compte de la longévité de cette crise, rendant cette situation de plus en plus intenable aussi bien pour les établissements d’hébergement, leurs employés que pour les investisseurs dans ce secteur », déplore le patron de la FNIH.


Le tourisme a besoin d’un « plan Marshall »

Certaines restrictions décidées par le gouvernement ont amplifié cette crise, d’après Lahcen Zelmat. « Conscients des efforts importants et nécessaires déployés pour préserver les acquis sanitaires de notre pays, priorité absolue pour tous les établissements d’hébergement et tous les citoyens, nous avons proposé depuis plusieurs mois, à l’instar de ce qui se fait dans plusieurs pays, pour qui le tourisme constitue une priorité, de mettre en place un parcours incluant le pass-sanitaire avec l’objectif de lever toutes les autres restrictions (notamment en matière d’horaire de travail des restaurants et autres points de vente et lieux d’animation, d’occupation des espaces pour les événements et célébrations, d’autorisation de voyages interurbains…  », regrette la fédération.


« Malheureusement, le maintien de certaines restrictions en plus de l’exigibilité du pass sanitaire d’une part, et la décision d’annulation de plusieurs manifestations d’envergure et de suspension des vols en provenance et à destination des marchés majeurs de la destination Maroc d’autre part, provoquent une incompréhension profonde chez les opérateurs qui voient en cela un signal peu rassurant sur le calendrier de la reprise de nos activités, et e, malgré une amélioration incontestable de la situation sanitaire dans notre pays », énumère le président de la FNIH.


Salaires, impôts, redevances, électricité, eaux et assurances, échéances bancaires… Les « dépenses urgentes » sont telles, selon lui, que la plupart des établissements ne sont plus en mesure de « se maintenir à flot jusqu’à la sortie de cette crise, dont nul ne connaît la date ».


« En l’absence de mesures d’accompagnement urgentes et spécifiques, à la hauteur de la grâce situation que vit notre secteur, nous craignons une difficulté grandissante à envisager l’avenir de notre industrie, et in fine, une implosion de son tissu socio-économique que notre pays, sous les hautes directives de Sa Majesté le roi Mohammed VI que Dieu l’assiste, a fait le choix et fourni des moyens considérables, pendant des décennies afin de rehausser au niveau des grandes destinations mondiales », appelle-t-il à l’aide.


Pour la fédération, l’application des mesures du contrat-programme devrait être le prélude à la mise en place d’un « plan Marshall pour le secteur du tourisme ».

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