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EscaladeL’Algérie menace l’Espagne qui annonce la réactivation inversée du gazoduc GME pour approvisionner le Maroc

28.04.2022 à 01 H 21 • Mis à jour le 28.04.2022 à 01 H 33
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Le ministère espagnol de la Transition écologique annonce la réactivation, en sens inverse, du gazoduc Maghreb-Europe (GME) en soutien au Maroc après sa fermeture unilatérale par l’Algérie. En réaction, l'Algérie prévient l'Espagne : pas une goutte de gaz algérien au Maroc sinon les contrats seront rompus

Nouvelle escalade d’Alger envers Madrid. « Tout acheminement de gaz naturel algérien livré à l’Espagne, dont la destination n’est autre que celle prévue dans les contrats, sera considéré comme un manquement aux engagements contractuels, et par conséquent, pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols », a indiqué mercredi le ministère algérien de l’Energie et des mines dans un communiqué diffusé par l’agence de presse étatique APS.


Le ministre Mohamed Arkab, a été informé « ce jour par message électronique, par son homologue espagnole, Mme Teresa Ribera, de la décision de I’Espagne d’autoriser le fonctionnement, en flux inverse, du Gazoduc Maghreb Europe (GME). Selon la ministre espagnole, cette opération interviendra ce jour ou demain », précise le communiqué.

L’Algérie avait déjà mis en garde l’Espagne de ne pas réacheminer le gaz algérien vers le Maroc via le gazoduc GME qui approvisionnait l’Espagne en transitant par le Maroc, fermé unilatéralement par Alger le 1er novembre dans un contexte de profonde crise avec Rabat. Un niet malgré les pressions américaine et européenne.


Le Maroc, qui consomme environ 1 milliard de mètres cubes de gaz chaque année, devrait ainsi importer pour la première fois du gaz naturel liquéfié en utilisant en flux inversé le pipeline GME.


Comme le Maroc ne dispose pas encore de terminaux (barge FRSU) pour gérer lui-même le GNL, il souhaite envoyer des cargaisons en Espagne, où le carburant peut être regazéifié puis acheminé à travers la Méditerranée jusqu’au Maroc.


Les prix du gaz canalisé et du GNL en Europe ont grimpé en flèche au cours de l’année écoulée dans un contexte de pénurie d’approvisionnement et de tensions croissantes avec la Russie au sujet de l’Ukraine. Pourtant, l’Espagne, qui détient près d’un tiers de la capacité européenne de regazéification de GNL, ne dispose que d’un petit pipeline la reliant au reste du continent. Ses terminaux d’importation sont également sous-utilisés, ce qui signifie qu’ils peuvent avoir une capacité d’acheminement du gaz vers le Maroc.


Pour que le plan se concrétise, l’opérateur de réseau espagnol Enagas SA, dans lequel le gouvernement espagnol détient une participation de 5 %, devait conclure un accord d’interconnexion avec le Maroc. Pour sa part, l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) avait retenu l’Espagnol Maetel afin d’assurer la maintenance du gazoduc Maghreb-Europe, avant l’inversion du flux.


Des accords prévus pour une durée de cinq ans

Début janvier, le Maroc a invité un groupe restreint de négociants en GNL à soumissionner pour des contrats avait déclaré la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali. Le gouvernement entendait signer des accords d’au moins cinq ans. Une solution provisoire avant la mise en place d’un terminal flottant pour importer directement du GNL, dont le premier sera au port de Mohammedia, comme l’avait révélé Le Desk. Cependant les appels d’offres pour cette infrastructure sont pour l’instant en stand-by.


La ministre a indiqué que Rabat « a demandé de l’aide pour garantir sa sécurité énergétique basée sur des relations commerciales, et l’Espagne a répondu positivement à la demande ». Ainsi, « le Maroc pourra acquérir du GNL sur les marchés internationaux, décharger dans une usine de regazéification en Espagne et utiliser le gazoduc maghrébin pour l’acheminer sur son territoire ». Pour sa part, le ministère espagnol de la transition écologique, qui supervise la politique énergétique, avait déclaré que le Maroc pourrait utiliser les terminaux méthaniers espagnols. Une solution certes plus coûteuse que le gaz canalisé algérien, mais le Maroc doit maintenir sa production d’électricité et assurer la sécurité énergétique en vaut la peine, avait déclaré Benali. Le Maroc avait pourtant assuré que l’impact de la fermeture du gazoduc GME aurait « un impact insignifiant »…


Des polémiques stériles selon Albares

Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, avait déclaré lundi qu’il ne souhaitait pas « alimenter des polémiques stériles » avec l’Algérie en refusant de commenter la condamnation du président algérien Abdelmadjid Tebboune du virage de l’Espagne en faveur de la position marocaine sur la question du Sahara.


Albares avait été interrogé sur les déclarations de Tebboune, qui, dans une interview aux médias de son pays, avait plus tôt qualifié le changement de position de l’Espagne qui a permis de clore une crise diplomatique de près d’un an entre Madrid et Rabat, de « moralement et historiquement inacceptable ».


Après avoir dénoncé le « virage » de l’Espagne, l’Algérie a rappelé son ambassadeur à Madrid et exigé des « éclaircissements » avant qu’il puisse regagner la capitale espagnole. Le régime algérien avait aussi entamé des mesures de sanctions économiques contre l’Espagne.

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