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ExécutifLa feuille de route d’Akhannouch pour réformer la Santé publique

14.06.2022 à 09 H 53 • Mis à jour le 14.06.2022 à 11 H 28
Par
Des structures de santé régionales autonomes et unifiées, une Haute autorité de la santé à court terme, deux agences, l’une pour les médicaments, l’autre pour le sang, davantage d’étudiants en médecine, un taux d’encadrement aux normes de l’OMS, un CHU par région, 1 400 centres de santé et une loi-cadre à réviser : le chef du gouvernement fixe un cap pour son mandat

Lors d’une présentation au parlement le 13 juin à l’occasion de la session mensuelle réservée à la politique générale du gouvernement, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch a fait état de ses intentions pour réformer le secteur de la Santé par des projets concrets dont il est question depuis longtemps, mais qui n’ont jamais vu le jour jusqu’ici.


Son plan vise à transformer la gouvernance régionale du secteur par la création de groupes régionaux autonomes de santé autour des CHU dont il a signifié la construction d’une unité par an dès 2023, et la mise sur pied de deux agences nationales, l’une en charge des médicaments, l’autre de la transfusion sanguine et de la gestion des stocks de sang.


Par ailleurs, le chef du gouvernement a annoncé qu’une instance de la santé sera bientôt mise en place. Qualifiée de stratégique, celle-ci aura pour mission de garantir la continuité et la qualité de la politique nationale en matière de santé. Elle œuvrera à la régulation de la couverture médicale obligatoire et à l’évaluation de l’efficacité des prestations dispensées par les différents intervenants des secteurs public et privé, à fait savoir Akhannouch.


La réforme prévoit aussi la mise à niveau de quelques 1 400 centres hospitaliers de proximité dont 300 seront réhabilités à partir de septembre 2022.


Par ces mesures, il s’agit de faciliter et coordonner la prise de décision et garantir la convergence et l’harmonie entre les différents intervenants et l’ensemble des programmes existants en vue d’assurer leur complémentarité, a expliqué le chef de l’Exécutif.


Ce programme de réforme est de nature à contribuer au règlement des dysfonctionnements du système de santé, ainsi qu’à démanteler les obstacles législatifs dans l’arsenal juridique encadrant le secteur, à travers l’adoption de nouvelles réglementations améliorant l’offre de santé et permettant de surmonter les difficultés qui affaiblissent le rendement du secteur, a-t-il estimé.


 

Des structures de santé unifiées et autonomes par région

A cet égard, le gouvernement a ainsi préparé des projets de lois relatifs à la mise en place de groupements de santé régionaux, qui réuniront, au niveau de chaque région, l’ensemble des structures de santé, dont les hôpitaux provinciaux, régionaux et universitaires et les centres de proximité, a fait savoir Akhannouch.


Le Chef du gouvernement a aussi souligné que le système de santé doit s’articuler autour des attentes et besoins du patient, plutôt que d’être déployé en fonction du découpage administratif, « d’où la création de groupements de santé régionaux, allant des centres de proximité aux centres hospitaliers universitaires, afin d’orienter le patient selon ses besoins, construire un itinéraire régional de la santé et rationaliser les ressources humaines et techniques ».


Ces groupements de santé régionaux seront des établissements publics jouissant de la personnalité morale et de l’autonomie de gestion des ressources financières et humaines, et disposeront également de larges prérogatives pour la gestion des services de santé dans le cadre d’un contrat de performance avec le département de tutelle, a-t-il expliqué.


Ces nouvelles structures régionales garantiront une meilleure utilisation des ressources financières et humaines et permettront d’orienter les investissements publics selon des critères précis et déterminés, en harmonie et en complémentarité avec la méthodologie de la régionalisation avancée, de manière à réaliser l’équité territoriale dans le domaine de la santé à travers le Royaume, a dit Akhannouch.


Et pour assurer une offre de santé juste et équitable sur l’ensemble du territoire national, le gouvernement s’attèle à la mise en place du schéma régional de l’offre de soins, visant à identifier l’ensemble des capacités des régions en termes d’infrastructures publiques et privées et de ressources humaines, ce qui aidera les groupements de santé régionaux à déterminer les priorités de l’investissement dans le domaine de la santé et de la protection sociale au niveau de chaque région, en vue d’améliorer l’offre de soins régionale et de réduire les disparités territoriales.


Ce système de gestion intégré permettra, en outre, de clarifier l’itinéraire médical du patient, garantir la fluidité des interventions médicales, depuis les centres de santé de « niveau 1 » jusqu’aux hôpitaux universitaires, qui constitueront des locomotives pour les réseaux hospitaliers sur le plan régional, a-t-il ajouté.


Par ailleurs, le gouvernement entend œuvrer à l’élaboration du cadre organisationnel et scientifique pour la spécialité de « médecin de famille », a noté Akhannouch, relevant que ce cadre implique de désigner un médecin chargé d’un certain nombre de familles, avec pour mission d’assurer le suivi des patients et leur orientation, le cas échéant, vers les structures de santé capables de leur fournir un traitement qui n’est pas disponible dans les centres de proximité, ou vers les établissements hospitaliers multidisciplinaires.


Une Haute autorité de la santé en gestation

La Haute Autorité de la santé verra le jour prochainement dans le but de garantir la continuité et la qualité de la politique nationale en matière de santé, a indiqué, Akhannouch.


Cette institution stratégique œuvrera à la régulation de la couverture médicale obligatoire et à l’évaluation de l’efficacité des prestations dispensées par les différents intervenants des secteurs public et privé, a promis le chef du gouvernement. La même structure se chargera de l’élaboration de guides de formation et de bonnes pratiques dans le domaine médical et veillera à la bonne utilisation et répartition des soins sur les usagers et les professionnels de la santé, a-t-il ajouté.


Cette instance est de nature à garantir une véritable continuité des politiques nationales en matière de santé et de pérenniser les plans et les grands chantiers, en plus d’assurer la convergence et la complémentarité entre la politique de santé et les orientations générales en matière de généralisation de la couverture médicale, a précisé Akhannouch.


Deux agences, l’une pour les médicaments, l’autre pour le sang

La réforme structurelle du système de santé vise aussi la création de l’Agence nationale des médicaments et des produits de santé qui sera dotée de l’autonomie financière et administrative.


Cette agence, a-t-il poursuivi, aura pour missions de chapeauter le processus de développement de la politique pharmaceutique nationale et de contribuer à sa mise en œuvre, en plus d’accompagner les transformations et les défis qui se posent dans ce domaine.


La consolidation de la souveraineté pharmaceutique du Royaume est de nature à renforcer la sécurité sanitaire et à garantir l’accès équitable aux médicaments et aux soins, a soutenu le chef du gouvernement, ajoutant qu’à travers l’appui à la production nationale et à la fabrication des génériques, les citoyens pourront accéder, à des prix abordables, aux médicaments de base.


Dans ce sens, Akhannouch a évoqué le projet de l’usine de fabrication des vaccins anti Covid-19 et autres vaccins, dont les travaux de réalisation ont été lancés par le Roi Mohammed VI, un chantier qui permettra de « renforcer la souveraineté vaccinale du Royaume et de mettre des quantités de vaccins à la disposition de l’Afrique ».


Par ailleurs, il a fait savoir que le gouvernement planche sur la mise en place de l’Agence Marocaine du Sang dans les plus brefs délais, le but étant de réaliser l’autosuffisance en produits sanguins nécessaires pour sauver des vies, eu égard aux difficultés rencontrées par les centres de transfusion sanguine au Maroc et à l’importance vitale que revêt cette question pour la santé des citoyens, à un moment où le stock stratégique de sang couvre à peine quelques jours.


Cette agence, a précisé le chef du gouvernement, aura pour attributions l’élaboration et la mise en oeuvre d’une stratégie nationale pour la mise à disposition du sang et des produits sanguins, la délivrance d’autorisations pour la constitution de stocks de sang dans les unités hospitalières relevant des groupements régionaux de santé et le développement des activités de diagnostic et de traitement, de même qu’elle se chargera de faire respecter les normes relatives à la vigilance lors de la collecte du sang auprès des donneurs.


+20 % d’étudiants en médecine et pharmacie

Le gouvernement a élaboré un plan ambitieux visant à accroitre le nombre des étudiants en métiers de médecine, dans le cadre des efforts visant à combler le déficit en ressources humaines accusé dans le secteur de la santé, a indiqué Akhannouch.


Ce plan prévoit l’augmentation du nombre des sièges pédagogiques destinés aux étudiants des facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire, ainsi que l’extension des cadres des stages pratiques afin qu’ils englobent les structures sanitaires régionales, a-t-il précisé.


Ce plan, qui sera activé à partir de l’année scolaire 2022-2023, ambitionne, en outre, d’augmenter de 20 % le nombre d’étudiants inscrits dans les facultés de médecine et de pharmacie publiques et privées, ainsi que de multiplier ce chiffre par deux à la fin de cette législature.


Le gouvernement compte assurer les ressources humaines et moyens financiers nécessaires, en multipliant par deux le nombre des médecins lauréats des facultés et par trois celui des lauréats des écoles d’infirmiers.


Plus de 23 médecins par 10 000 habitants en 2026

Ce plan permettra, à moyen terme (à l’horizon 2025-2026), de dépasser le taux d’encadrement de 23 cadres médicaux et paramédicaux pour 10 000 habitants, comme minimum fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour répondre aux besoins de la population, et d’atteindre les objectifs chiffrés du Nouveau modèle de développement à l’horizon 2035, soit 45 cadres pour 10 000 habitants.


Akhannouch a mis l’accent sur le rôle central des ressources humaines dans la réussite de toute réforme du secteur de la santé, dans un contexte marqué par une hausse de la migration des médecins marocains (entre 30 et 40 % des lauréats des facultés de médecine marocaine), la faible attractivité des concours de recrutement dans le secteur public, le déséquilibre de la répartition territoriale du personnel médical et la non concrétisation de l’objectif de formation de 3 300 médecins par an à l’horizon 2020.


Le chef du gouvernement a noté que ces indicateurs peuvent entrainer une baisse du nombre de médecins et, par conséquent, menacer la capacité du pays à renforcer l’accès aux services de santé.


Il a affirmé que cette situation impose d’accorder l’intérêt qui se doit aux cadres du secteur de la santé, en garantissant la qualité de leur formation et en les qualifiant en matière d’accompagnement du progrès scientifique dans les domaines de traitement et de prévention, tout en en œuvrant à dépasser le déficit chronique en plusieurs spécialités et métiers de la santé, à répondre à la demande croissante sur les services de santé, à prendre en considération l’équité territoriale dans la répartition géographique de ces ressources et à préparer les conditions adéquates pour le travail et motivation.


Une révision de la loi-cadre relative au système de santé

Le gouvernement veillera à opérer une révision profonde et globale de la loi-cadre 09/34 relative au système de santé et à l’offre de soins, qui est considérée comme étant la base de la mise en œuvre des axes et principes modernes encadrant le système de santé, dont le projet de la loi sur les garanties essentielles des ressources humaines des métiers de la santé qui constitue un engagement clair de la majorité et une innovation gouvernementale tenant compte des spécificités de ces emplois, a fait savoir  Akhannouch.


Il a relevé que cette loi, qui prendra en considération les spécificités des différentes catégories actives dans le secteur de la santé, veillera à renforcer les garanties de protection légale des fonctionnaires et à jeter les bases d’un nouveau mode de travail dans ce domaine, en adoptant un système incitatif additionnel lié au rendement et en consacrant l’obligation de prise en charge de la formation continue pour le personnel de ce secteur, de manière à contribuer à la motivation de l’élément humain et au renforcement de l’attractivité de la santé publique.

 

Un CHU par région, 1 400 centres de santé

Par ailleurs, Akhannouch a affirmé qu’une réforme profonde et réelle du secteur de la santé est tributaire du développement des infrastructures, de manière à garantir la qualité des services des structures de santé et leur amélioration au profit des citoyens, ainsi que l’équité sociale et territoriale en matière d’accès aux soins.


Il a indiqué, à cet égard, que le gouvernement œuvrera à la réhabilitation des structures sanitaires pour concrétiser les objectifs de cette réforme, à travers la construction d’un Centre hospitalier universitaire (CHU) dans chaque région afin qu’il soit la locomotive des structures sanitaires régionales.


Il a relevé que cette démarche est une priorité du gouvernement pour améliorer les performances des infrastructures de soins aussi bien locales, que provinciales et régionales, précisant qu’il sera procédé à la mise à niveau de 1 400 centres de santé de proximité au cours des 18 prochains mois.


Akhannouch a fait savoir, en outre, que le gouvernement compte numériser le système de santé et le rattacher au système informatique de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), dans le but de créer un système de la carte sanitaire numérique qui permet de suivre le processus de traitement du patient, du centre de santé de proximité jusqu’au CHU.


Il a précisé que le gouvernement est en train d’apporter les dernières retouches à ce projet numérique important qui permettra de doter les centres de santé et les hôpitaux d’un système informatisé qui contribuera à la simplification des procédures, à fluidifier l’accès des citoyens aux services de santé et à opérer un saut qualitatif en matière de soins à travers l’adoption d’un dossier médical pour chaque patient.


Le gouvernement veillera également au développement du service des consultations médicales à distance, à travers l’ensemble du territoire national, notamment au niveau des provinces enclavées, a-t-il conclu.

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