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ConjonctureHCP: la croissance prévue à 0,8% au second trimestre

06.07.2022 à 00 H 54 • Mis à jour le 06.07.2022 à 00 H 54
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Cette prévision tient en compte d'une contraction des activités agricoles de 14,1% et d'une progression de celle hors agriculture de 2,9%, précise le Haut-Commissariat au Plan (HCP) dans son point de conjoncture du deuxième trimestre 2022 et perspectives pour le troisième trimestre. Les détails en chiffres

L’économie nationale devrait enregistrer une hausse de 0,8 % au troisième trimestre 2022, en variation annuelle, au lieu de +8,7 % au même trimestre de 2021, prévoit le Haut-Commissariat au Plan (HCP).


Cette prévision tient en compte d’une contraction des activités agricoles de 14,1 % et d’une progression de celle hors agriculture de 2,9 %, précise le HCP dans son point de conjoncture du deuxième trimestre 2022 et perspectives pour le troisième trimestre.


Au niveau mondiale, les perspectives de croissance économique resteraient entachées de fortes incertitudes, relève la même source, ajoutant que le commerce international de biens devrait bénéficier de l’amélioration relative des échanges commerciaux des économies avancées et de la Chine, mais sa dynamique resterait tributaire de l’évolution de la trajectoire de l’inflation mondiale, des tensions géopolitiques en Ukraine, de la situation sanitaire et de l’impact du resserrement des politiques monétaires sur l’investissement et la consommation.


Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc augmenterait de 4,2 %, en variation annuelle, au lieu de +7,3 % lors de la même période une année auparavant, estime le HCP.

 

La croissance à 0,9 % au second trimestre

La croissance économique se serait légèrement accélérée au deuxième trimestre 2022, s’établissant à 0,9 %, en rythme annuel, au lieu de +0,3 % au trimestre précédent.


Ce léger regain aurait été, particulièrement, attribuable à la progression de 3,6 % de la valeur ajoutée hors agriculture, ainsi qu’au repli de 16,1 % de la valeur ajoutée agricole, précise le HCP dans son point de conjoncture du deuxième trimestre 2022 et perspectives pour le troisième trimestre.


Ce point fait ressortir que la réduction de 32 % du cumul pluviométrique par rapport à une année normale, à fin mai 2022, aurait entraîné une baisse de 17,1 % de la production végétale. Pénalisés par le repli des réserves en eau de barrages, les rendements des cultures printanières se seraient abaissés, notamment ceux des rosacés à pépins.


Le redressement de la production des maraichères de saison par rapport au premier trimestre se serait accompagné par une amélioration de leurs quantités exportées, notamment en tomate et petits légumes. En revanche, les expéditions des pastèques et des melons auraient régressé de plus 30 % au cours de la même période.


Dans les filières animales, en dépit de l’affaiblissement des parcours et du renchérissement des prix des aliments de bétail, la production aurait affiché une hausse de 2 %, en variation annuelle. Elle aurait été particulièrement soutenue par la reprise de la filière avicole, après deux années de faibles performances.


Par ailleurs, le HCP fait savoir que la valeur ajoutée des branches tertiaires, essentiellement soutenue par l’affermissement des activités des services publics et par la poursuite du rétablissement du tourisme, du transport et des services culturels, aurait progressé de 5 % au deuxième trimestre 2022, contribuant pour +2,5 points à la croissance économique globale.


La valeur ajoutée du secteur secondaire se serait redressée de 0,8 % au T2-2022, en variation annuelle, après avoir régressé de 0,9 % au trimestre précédent. Cette reprise aurait été principalement le fait d’une amélioration de la valeur ajoutée des industries manufacturières de 1,1 %, attribuable au redressement des activités du textile et au raffermissement de celles des produits pharmaceutiques et du caoutchouc.


En contrepartie, les valeurs ajoutées des industries chimiques et de celles des matériaux de construction auraient poursuivi leurs baisses aux rythmes de 1,6 % et 2,1 % respectivement, en variations annuelles au cours de la même période.


Le secteur de la construction aurait, pour sa part, poursuivi son ralentissement pour le troisième trimestre successif. Sa valeur ajoutée aurait évolué de 0,7 %, au deuxième trimestre 2022, au lieu d’une hausse de 1,8 % au trimestre précédent.


Cette évolution aurait été confirmée par la baisse de l’utilisation des matériaux de construction, notamment du ciment, dont les ventes se seraient infléchies de 11,1 % au deuxième trimestre 2022, en variation annuelle.


Les anticipations des professionnels de la construction, exprimées dans le cadre de la dernière enquête de conjoncture du HCP, augurent d’une baisse des carnets de commandes des entrepreneurs, dans un contexte de repli conjugué des prix des actifs immobiliers et des transactions immobilières.


Forte modération de la demande intérieure au second trimestre

Le HCP fait état d’une forte modération de la demande intérieure au deuxième trimestre 2022.


Ainsi, la consommation finale serait restée modérée au T2-2022, dans un contexte de forte augmentation des prix à la consommation et du repli des revenus ruraux, précise le HCP. La consommation des administrations publiques aurait, quant à elle, progressé de 5,9 %, en ligne avec l’accroissement des dépenses de fonctionnement. Mais celle des ménages aurait été moins dynamique, affichant une hausse de 1,8 %, en variation annuelle, au lieu de +13,6 % au cours du même trimestre de l’année passée.


Le léger surplus de la consommation domestique aurait été alimenté par une hausse du flux des crédits à la consommation, une réduction de l’épargne et par la poursuite de l’affermissement des transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE), explique le HCP. Il aurait profité, en grande partie, aux dépenses de services, notamment celles de santé et de communication, alors que les dépenses consacrées aux produits manufacturés, notamment importés, auraient sensiblement reculé.


L’investissement aurait, pour sa part, poursuivi son repli au deuxième trimestre 2022, au rythme de 1,3 %, en variation annuelle. Cette évolution aurait été, particulièrement, attribuable à la poursuite du mouvement du déstockage des entreprises amorcé au début de l’année, notamment dans le secteur des industries extractives et au ralentissement des investissements en construction.


L’investissement en produits industriels se serait, de son côté, légèrement amélioré, dans le sillage d’un accroissement des importations de biens d’équipement industriel.

  

La demande intérieure prévue en hausse de 1,6 % au 3ème trimestre

La demande intérieure au Maroc devrait progresser, en glissement annuelle, de 1,6 % au troisième trimestre 2022, selon le HCP.


« La demande intérieure nationale resterait modérée, dans un contexte de poursuite du ralentissement de la consommation des ménages et de l’investissement », indique le HCP.


Dans ces conditions, la valeur ajoutée hors agriculture devrait afficher une croissance de 2,9 % au T3-2022, en variation annuelle. L’essentiel de cette hausse serait attribuable au secteur tertiaire, notamment les services publics et le tourisme, alors que le secteur secondaire poursuivrait son redressement à un rythme modéré, tiré par une hausse de la valeur ajoutée des industries manufacturières de 1,3 %.


Créances sur l’économie : l’encours augmente de 3,4 % au second trimestre

L’encours des créances sur l’économie aurait augmenté de 3,4 % au deuxième trimestre 2022, en glissement annuel, après +4,7 % un trimestre plus tôt, selon le HCP. Cette évolution serait attribuable notamment à la décélération des crédits d’habitat aux ménages et d’immobilier aux entreprises, explique le HCP dans son point de conjoncture du deuxième trimestre 2022 et perspectives pour le troisième trimestre.


Le point de conjoncture rappelle aussi que Bank Al-Maghrib (BAM) aurait maintenu son orientation accommodante de la politique monétaire, en maintenant le taux directeur inchangé à 1,5 %, afin de soutenir l’activité économique. Les taux d’intérêt sur le marché interbancaire se seraient encore stabilisés au même niveau du taux directeur. Parallèlement, les taux auraient augmenté sur le marché des adjudications des bons du Trésor, avec des hausses de 20 et 28 points de base pour les taux de maturité 1 et 5 ans respectivement. Pour leur part, les taux créditeurs auraient reculé de 13 points de base en moyenne.

En outre, le HCP fait savoir que la masse monétaire aurait nettement ralenti, affichant une hausse de 4,9 % au T2-2022, en glissement annuel.

Le besoin de la liquidité des banques se serait creusé en variation annuelle, à la suite d’une augmentation de la circulation fiduciaire. BAM aurait ainsi renforcé le volume de ses financements aux banques. Les avoirs officiels de réserve auraient augmenté de 8,2 %. Les créances nettes sur l’administration centrale auraient légèrement décéléré, traduisant une hausse de 12 % de l’endettement monétaire du Trésor.


Dans ces conditions, la valeur ajoutée hors agriculture devrait afficher une croissance de 2,9 % au T3-2022, en variation annuelle. L’essentiel de cette hausse serait attribuable au secteur tertiaire, notamment les services publics et le tourisme, alors que le secteur secondaire poursuivrait son redressement à un rythme modéré, tiré par une hausse de la valeur ajoutée des industries manufacturières de 1,3 %.


Hausse des prix à la consommation de 6,3 % au second trimestre

Les prix à la consommation auraient poursuivi leur ascension, avec une hausse, en glissement annuel, de 6,3 % au T2-2022, soit un rythme nettement supérieur à la barre de 2 % pour le troisième trimestre successif, selon le HCP.


Cette accélération aurait résulté de la progression de 9,5 % des prix des produits alimentaires et de 4,1 % de ceux des produits non-alimentaires, explique le HCP dans son point de conjoncture du deuxième trimestre 2022 et perspectives pour le troisième trimestre. L’envolée des prix des produits alimentaires proviendrait surtout de la poursuite du renchérissement des produits hors frais qui auraient contribué pour 3,3 points à l’évolution des prix, relève la même source.


Et d’ajouter que l’escalade des cours mondiaux des matières premières agricoles aurait été responsable de la hausse, aussi bien, des prix des produits à base de céréales et des huiles végétales que de viande de volaille et du lait et produits laitiers, dans le sillage du renchérissement des prix des aliments composés et de bétail. Ledit point de conjoncture fait aussi ressortir que les prix des produits frais auraient, pour leur part, connu un redressement au cours du deuxième trimestre 2022, contribuant pour 0,4 point, dans le sillage de la hausse plus marquée des prix des légumes frais. Quant aux produits non alimentaires, les tensions sur les prix auraient concerné, principalement, les carburants (1,4 point de contribution) et, dans une moindre mesure, les produits manufacturés (0,7 point). Les prix des services auraient, par contre, connu une progression moins soutenue comparativement à la même période de l’année passée (+1,4 %, au lieu de +1,8 % en 2021), en dépit d’une hausse dans les forfaits touristiques.


S’agissant de l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix soumis à l’intervention de l’Etat et les produits à prix volatils, elle aurait nettement progressé, pour atteindre +5 % au T2-2022, tirée par l’évolution très dynamique de ses composantes, en particulier alimentaire et manufacturière, dans le sillage de la hausse des coûts de production.

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