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DiplomatieAvec Christophe Lecourtier, Paris choisit son VRP business comme ambassadeur à Rabat

29.11.2022 à 11 H 23 • Mis à jour le 29.11.2022 à 11 H 55 • Temps de lecture : 2 minutes
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L’Elysee a porté son choix sur son futur ambassadeur à Rabat, poste vacant depuis le départ d’Helene Le Gal à Bruxelles sur fond de crise entre les deux pays: il s’agit d’un profil business passé par des capitales n’entretenant pas de relations politiques fortes avec l’Hexagone

D'après une information révélée ce mardi par le média parisien Africa Intelligence, la France a déjà choisi son futur ambassadeur au Maroc : il s'agit de Christophe Lecourtier, ex-ambassadeur de Paris en Australie et au Brésil, et actuel patron de Business France, une structure née de la fusion entre Ubifrance et l'Agence française pour les investissements internationaux.


Selon la même source, sa nomination a reçu l'aval du conseil des ministres le 23 novembre dernier. Il ne manquerait aujourd'hui que le feu vert du Maroc.


Pour rappel, les deux postes d'ambassadeurs à Paris et Rabat demeurent vacants, après le départ de Hélène Le Gal, mais aussi la désignation de Mohammed Benchaâboun en tant que patron du Fonds Mohammed VI pour l'investissement. Celui-ci assure cependant toujours l'intérim à Paris, n'ayant toujours pas rejoint son nouveau poste à Rabat.


Un VRP Business au Maroc pour la France

Si Rabat venait à donner son accord, la nomination de Lecourtier l'ambassade française au Maroc devrait marquer une première dans les relations entre les deux pays. Son profil diffère radicalement de ses prédécesseurs, celui-ci étant plus versé vers les affaires et les investissements. Une indication aussi sur la nature des relations que l'Élysée souhaite entretenir avec le Royaume, alors même que plusieurs observateurs soulignent la volonté du Maroc de diversifier ses partenaires commerciaux et économiques. Dans ce cadre, la France entend préserver et consolider ses acquis au Maroc.


Après avoir commencé sa carrière de haut-fonctionnaire au sein de la Direction générale du Trésor, Christophe Lecourtier avait occupé le poste de directeur général d'Ubifrance, ancienne agence française destinée à l'accompagnement des entreprises françaises dans leur incursion à l'étranger.


En juin 2014, il sera nommé ambassadeur de France en Australie, où il se démarquera en négociant pour la France le deal pour la construction de douze sous-marins du constructeur DCNS, devenant en 2017 Naval Group.


Un contrat qui finira cependant par être avorté en septembre 2021, Canberra décidant au dernier moment d'annuler sa commande en optant pour un rapprochement avec États-Unis et le Royaume-Uni, avec la conclusion d'une nouvelle alliance entre les trois pays qui prévoit la livraison de sous-marins à propulsion nucléaire par Washington.


Un pedigree de Christophe Lecourtier qui devrait indéniablement peser pour ses nouvelles missions : en perte de vitesse au Maroc, Paris a assurément besoin de revivifier ses activités commerciales et économiques au Maroc, et regagner du terrain sur des projets-clés : la Ligne Grande Vitesse (LGV), les énergies renouvelables, les grandes infrastructures à l'instar des ports dont celui de Dakhla Atlantique perdu, ou encore l'armement.


Une relance du partenariat France-Maroc qui devrait cependant se heurter à un mur de taille : la nécessité pour Paris de clarifier sa position au sujet de la question du Sahara occidental, comme le requiert le souverain, faisant notamment passer ses messages à travers son discours royal du 20 août, ayant demandé la levée d’ambiguïté chez les partenaires historiques du Maroc.


Il reste à voir si la proposition actuelle de ce nom sera accompagnée par des concessions françaises sur le dossier du Sahara occidental, attendues par le Maroc. La réponse sera sans nul doute fournie lors du voyage pressenti d'Emmanuel Macron au Maroc, prévu en janvier prochain.

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