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JusticeViol à Tiflet : la victime et la témoin auditionnées à huis-clos, les trois accusés plaident non-coupables

13.04.2023 à 15 H 58 • Mis à jour le 13.04.2023 à 17 H 07 • Temps de lecture : 3 minutes
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Le procès des trois personnes accusées d'avoir violé une fille mineure de Tiflet s'est ouvert ce jeudi à la Cour d'appel de Rabat. Le Desk y est

Après le report de la semaine dernière, le procès des trois individus accusés de viol sur la fillette de Tiflet s’est ouvert ce 13 avril à la Cour d’appel de Rabat.


C’est ce jeudi qu’auront lieu les audiences de la victime, S., mais aussi d’une témoin, M., également mineure. C’est en raison de leur âge que le substitut du procureur général a demandé un huis-clos, pour ces auditions, seulement. Il a également exigé que les deux jeunes filles soient accompagnées d’une assistante sociale, « en respect des dispositions internationales ».


La demande a été acceptée par le président de la Cour, Sifeddine Rabou, qui a revanche refusé les demandes de la défense, mais aussi de la partie civile. Cette dernière insiste pour une requalification des faits en viol. La raison ? Les trois délinquants ont été condamnés pour des faits punis par les articles 471, 485 et 488 du Code pénal.


Ces trois textes répriment le détournement de mineurs, l’attentat à pudeur et la défloration, mais pas le viol, qui lui est mentionné aux articles 486 et 487. Ces deux articles de loi prévoient des peines plus conséquentes, qui atteignent 30 ans de réclusion criminelle, dans les cas les plus graves.


Mais le président a refusé ces doléances, ainsi que celle de la défense qui a demandé un report. «  C’est trop tôt pour demander une requalification des poursuites. Il faut attendre la discussion sur le fond », nous souffle une avocate de la partie civile, laissant trahir certains dysfonctionnements au sein même du comité qui défend la victime.

Parole aux accusés

Les trois accusés sont appelés à la barre. Les trois trentenaires vêtus de survêtements de sportifs ne lèvent pas la tête. Aux questions du juges, il marmonnent des dénégations timides, limites coupables. A. K, accusé d’avoir défloré la victime, est celui que les tests génétiques ont reconnu comme père de l’enfant dont elle est tombée enceinte. Lui même père de deux enfants, c’est lui qui a écopé d’une peine de prison ferme, limitée à deux ans. Il n’a rien à voir avec S., il ne la connaît même pas, selon lui.


Les deux autres prévenus se montreront un peu plus prolixes. K. A. indique à la Cour qu’il a un problème avec la famille de S., « son père, sa mère, même sa grand-mère », et qu’une plainte a été déposée auprès de la Gendarmerie royale. Les raisons du conflit n’ont pas été précisées. Y. Z. plaide non-coupable également, bien qu’il connaisse pour sa part S. et sa famille.


D’après les conclusions de l’enquête, il aurait pénétré de force et violemment à quatre reprises la victime, par voies anale et vaginale. A chaque fois, M. A, la témoin convoquée ce jeudi, assurait la garde. Il s’agit de sa cousine.


Pour sa défense, il fait savoir au président que M. A a cours les mercredis après-midi, alors que les faits qui lui sont attribués se seraient justement déroulés… des mercredis après-midi. « As-tu une copie de l’emploi du temps de ta cousine ? - Non. ». Le juge n’est pas convaincu.


A l’heure où nous publions ces lignes, le procès se poursuit à huis-clos avec les auditions de la victime et de la témoin. À en croire l'avis d'avocats rencontrés sur place, le dossier pourrait être mis en délibéré dès aujourd'hui, pour un verdict à la prochaine audience.

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