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Art

1-54 : L’art contemporain africain fait sa foire

15.02.2024 à 13 H 10 • Mis à jour le 15.02.2024 à 13 H 10 • Temps de lecture : 6 minutes
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La 5ème édition de la foire 1-54 d'art contemporain a témoigné de la bonne tenue et de la richesse de la scène artistique africaine. Zoom

Depuis sa mise sur orbite en 2013 par Touria El Glaoui, la foire d'art contemporain africain, la 1-54, s'est fermement établie dans le paysage des grands événements artistiques. Elle tire parti de l'attrait touristique de la ville ocre, de la richesse culturelle de la région et de la proximité des pays africains pour asseoir son influence, devenant ainsi l'une des principales foires internationales dédiées à la promotion de l'art contemporain africain et de sa diaspora.


Avec plus de 12 000 visiteurs cette année, la 1-54 s'est affirmée comme un événement incontournable et singulier, rassemblant le meilleur et le plus innovant de l'art africain. Faisant fi des a priori, elle offre une plateforme aux artistes souvent rejetés par l'académisme, tout en mettant en lumière des talents méconnus et en explorant de nouvelles formes d'expression artistique.


Barthélémy Toguo, « Vivant dans une boîte », 2024, Tapisserie en soie végétale, 200 x 200 cm.


A travers sa programmation, nous nous rendons compte que cette foire-là s’évertue, d’une part, à favoriser le dialogue entre les disciplines, les courants et les générations, ainsi qu’à rassembler (presque) tous les acteurs de ce domaine, des galeries aux collectionneurs en passant par les artistes et les institutions.


Et de l’autre, elle cherche à concilier les aspects marchands et culturels autour d'initiatives spéciales telles que les projets spéciaux. Parmi ces derniers, on retrouve des expositions telles que celle de la Black Rock Global Arts Foundation &  Black Rock Sénégal à La Mamounia, mettant en lumière les œuvres d'anciens élèves, dont celles de Léonard Pongo et Devin B. Johnson, qui explorent diverses techniques et thèmes.


Détail d'Amina Agueznay, « Stamps of Tana ».


De même, l'exposition d'Amina Agueznay, « Stamps of Tana », présentée à DaDa, donne à voir deux séries de panneaux tissés et d'impressions monotypes, inspirées de sa résidence à Antananarivo et de l'artiste textile malgache Madame Zo.


Autre projet phare, « Le Ventre du Lion » d'Amine El Gotaibi, une sculpture saisissante en béton et acier, ornée de feuille d'or, qui explore les symboles marocains et les tensions sociétales, offrant une réflexion poignante sur l'identité contemporaine du pays.


Rita Alaoui, « Lawsonia cataplasm Garden ».


Enfin, la performance et le rituel de soin « Lawsonia cataplasm Garden » avec Rita Alaoui à DaDa plongent les visiteurs dans les pouvoirs de guérison des plantes à travers l'art immersif et la musique, présentant une réflexion sur les méthodes de guérison contemporaines et le bien-être de la planète.


La foire fut ouverte à un large champ de domaines artistiques, et a réussi à captiver efficacement le public. Certaines galeries optent pour l'exposition de quatre ou cinq artistes, tandis que d'autres privilégient les expositions individuelles – comme celle d’Abla Ababou à Bab Hôtel offrant à voir une petite sélection d’œuvres de la plus belle eau signée Ilias Selfati.


La scène africaine fait bonne figure

Avec 30 partenariats établis cette année, entre des institutions et des structures culturelles, la foire 1-54  renforce son rôle en tant que catalyseur culturel. Bien qu’elle a élargi son empreinte à Marrakech en prenant d’assaut l’espace DaDa, et en assurant une sélection exigeante de 27 galeries, ainsi que 80 artistes, dont de nouveaux talents émergents de l'art contemporain africain, ce rendez-vous offre une plateforme dynamique pour la création et l'exploration artistiques.


Girma Berta, « Rues de Marrakech, Maroc 1 », 2023, tirage Fujiflex, 76 x 53,7 cm ou 100 x 70 cm, 2 éditions de 5 + 2 AP (présenté par Nil Gallery).


De surcroit, le programme incluait une série d'événements et de rassemblements dans tout Marrakech, mettant en valeur la richesse culturelle de la ville et renforçant ainsi son statut en tant que carrefour artistique et culturel.


Grâce à ses relations privilégiées et à sa programmation haut de gamme, incluant des visites à la Fondation Montresso* pour découvrir les expositions « In-discipline Senegal mutations » et « Imagos » suivies d'un brunch, ainsi que des visites d'ateliers chez Yasmina Alaoui à Dar El Hamra et chez Amina Agueznay à la Résidence Dar Dmana, en passant par le vernissage de l'expo « The Other in The Self » de Rida Tabit et une rencontre avec l'artiste chez Jajjah par Hassan Hajjaj.


Marrakech fait sa foire

A la veille de l’ouverture (aux pros d’abord, au public samedi et dimanche) de la cinquième édition de la foire d’art contemporain, toutes les planètes semblent alignées pour que Marrakech achève d’écraser la concurrence et claironne, sur un air de fête, qu’elle a « retrouvé son statut de, s’extasie un pur Merrakchi, capitale africaine de la cultures et des arts  ».


Ghizlane Sahli, « Et la sève fut 002 », 2023, Broderie, fil recouvert de fil de soie, peinture sur lin, 100 x 70 cm (présentée par Christophe Person).


Clients et galeristes nationaux et internationaux y se sont pressés pour l’ouverture de la 1-54, très attendue et qui présente un visage moins hautain qu’on aurait pu le craindre. Ce jeudi matin, l’inauguration était réservée au gratin. N’empêche, les travées de la Mamounia grouillaient de monde dès 10 heures et résonnaient de conversations en anglais. Ce qui fait dire aux galeristes qu’ « on se croirait à Londres ou à New York ». Et pour eux, c’est une bonne nouvelle : 1-54 Art Fair, a réussi à attirer à Marrakech sa clientèle internationale, la même que l’on croise sous les autres cieux – notamment celle de la foire éphémère à Paris. Une galeriste se pince même pour y croire : « Nous avons eu des visiteurs des États Unis, d’Amérique latine, de Chine... On n’avait jamais vu un tel empressement, une telle excitation autour de la 1-54  ».


Des galeries en pleines formes

Lors de la nuit des galeries, les visiteurs ont pu sauter d'une galerie à l'autre, offrant ainsi une expérience diversifiée et immersive dans le monde de l'art. Parmi les événements marquants, on retrouve le vernissage de l'exposition « Amur Yakus » à la Loft Art Gallery de Marrakech, le group-show « Beyond Borders » à La Galerie 38, ainsi que le solo-show de Hassan Darsi au Comptoir des Mines. Le Musée Yves Saint Laurent Marrakech a également proposé une projection du film documentaire « Invisible Beauty » de Bethann Hardison et Frédéric Tcheng.


Une œuvre de Daoud Aoulad Syad.


Parmi les autres expositions importantes, on peut citer « Souirti » de Daoud Aoulad Syad à la Galerie 127, « LOVE » d'Alia Ali à El Fenn, et « Yasalam » à L’blassa Art Space. De plus, des expositions telles que « RAAR-Historiographing » de Henrique J. Paris, présentée au Riad Alena, et « Fibi, Lydia et toutes les autres » de Margaux Derhy, organisée par Achraf Remok au JAAL Riad Resort, ont également attiré notre attention.


Alia Ali, série « Love », 2021.


Nous avions l'embarras du choix. On pouvait aller à l'exposition « Agitateurs Créatifs 05 : Showtime ! » de l'ESAV ShowLab à Dar Bellarj, à la présentation de Seloua Ejjennane au Riad Stella Cadente par la MCC Gallery, ou encore à l'exposition « Horizon Rising » d'Alia Ali à la Galerie Siniya28. En outre, l'exposition collective « Retour à la nature » à la Galerie Tindouf et « 7dit o mغzel » au Malhoun ont également enrichi cette nuit des galeries à Marrakech.


Le contemporain africain se déploie avec une subtilité remarquable, mettant en lumière des expressions picturales incisives. Nous avons été particulièrement impressionnés par tous les accrochages, où les œuvres, bien que présentant des styles picturaux différents, dialoguent harmonieusement entre elles.


Pour 1-54, il s'agit d'une véritable spirale, un tourbillon où se mêlent artistes, institutions, structures culturelles et collectionneurs. L'essence même de la foire réside dans cette fusion, défiant souvent la séparation traditionnelle entre musées, galeries et collectionneurs.


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Le Desk Culture