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L’ambitieux projet de Musée de la Photo de Marrakech se saborde

15.12.2016 à 12 H 08 • Mis à jour le 15.12.2016 à 12 H 17
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Le Musée de la Photographie et des Arts Visuels de Marrakech (MMP+) annonce sa fermeture jusqu'à nouvel ordre.

Le Musée de la Photographie et des Arts Visuels de Marrakech (MMP+) annonce sa fermeture jusqu’à nouvel ordre, selon un communiqué diffusé aux médias jeudi 15 décembre qui ne précise pas toutefois pour quelles raisons précises il est mis un terme au projet.


A son ouverture en septembre 2013, le MMP+ a été conçu comme un « laboratoire » où expérimenter les possibilités d’un site permanent pour un musée de la photographie et des arts visuels contemporains. Après 18 expositions et plus de 180 000 visiteurs annuels, “la direction a réalisé qu’il était temps de marquer une pause pour tracer de nouvelles perspectives, de manière productive et cohérente”  avance la direction du musée.


L’équipe du MMP+ se dit fière d’avoir organisé des expositions d’artistes aussi divers que Daido Moriyama et Mounir Fatmi. Le MMP+ a également fourni à plus de quinze artistes marocains une première occasion d’exposer leur travail dans le cadre d’un musée. Le programme international du MMP+ a réuni plus de 15 éminents chercheurs internationaux au Maroc. Dans le cadre de ce programme, six étudiants marocains ont bénéficié d’un cursus d’échange, totalement pris en charge, aux États-Unis. Enfin, au niveau local, le programme du MMP+ a bénéficié à plus de 5 000 écoliers. Le MMP+ espère toutefois réouvrir ses portes très prochainement dans une nouvelle adresse à Marrakech, conclut le communiqué, qui ne fait pas mention du projet architectural dévoilé en grande pompe en 2013.


Il y a trois ans, l’annonce que Marrakech aller se doter du « plus grand musée indépendant consacré à la photographie » avant fait ravi le monde de l’art. Dessiné par l’architecte britannique David Chipperfield et managé par David Knaus, le MMP+ devait ouvrir ses portes cette année.


Un projet victime d’une scène photographique minuscule ?


Avec ses 6 000 m2 de bâtiment et son budget de plusieurs millions d’euros qui avait suscité un réel enthousiasme dans le milieu artistique à l’échelle mondiale, le MMP+ comptait se doter de salles d’exposition, d’un théâtre, d’un café, d’une librairie et d’espaces d’enseignement. Il affichait pour objectif clair de vouloir faire une place à la photographie nord-africaine et particulièrement émergente. « Il y a un très grand nombre d’excellents artistes dans cette région du monde, mais que personne ne connaît », expliquait David Knaus, directeur exécutif du musée à l’annonce du projet. Plus de 5 millions d’euros avaient été dépensés dans le chantier depuis 2010 avec le soutien de nombreux partenaires dont la Fondation Pierre Bergé- Yves Saint Laurent. Basé dans le quartier de la Biennale de Marrakech et du festival international du film, le MMP+ espérait dès 2016 profiter de l’affluence annuel des 9 millions de visiteurs internationaux.


Dans l’intervalle, il s’était doté d’un espace d’exposition temporaire dans une annexe au cœur du palais El Badi. Premier lieu touristique visité dans la ville ocre, ce musée improvisé avait exposé de grands noms d’artistes contemporains : Carolle Benitah, Hassan Hajjaj, Hicham Gardaf, Lamia Naji, Leila Sadel, Yto Barrada, Ali Chraibi, Daouad Aoulad Syad, Hicham Benohoud et Yasmina Bouziane. « Cette sélection éclectique confrontant des regards émergents à ceux d’artistes confirmés constitue déjà un manifeste pour le MMPVA : aller chercher l’excellence marocaine là où elle se trouve », annonçait fièrement ses promoteurs.


Mais ce projet ambitieux et les moyens déployés, avaient reçus un accueil dubitatif, notamment sur la réalité encore expérimentale d’une scène photographique contemporaine au Maroc. La raison première de son échec trois ans après son annonce ?


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Le Desk Culture