Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres

Le bloc notes de la rédaction

Grand écran

Le Festival du film de Marrakech revient plus créatif que jamais

30.11.2018 à 16 H 00 • Mis à jour le 30.11.2018 à 16 H 00
Par
Une des nouveautés de ce 17ème opus du FIFM et qui sera sans aucun doute très appréciée du public, est la section des « Ateliers de l’Atlas », véritable creuset de projets aux identités multiples qui font que ce festival peut désormais se mesurer aux grands rendez-vous du genre par sa vocation à faire découvrir les meilleurs premiers et seconds films de la planète cinéma

Après une année blanche, le Festival international du film de Marrakech (FIFM), s’ouvre vendredi sous le signe des étoiles, avec la présence annoncée de grands noms comme l’habitué Martin Scorsese, et des stars qu’on ne présente plus comme Robert De Niro, Agnès Varda, Robin Wright ou Guillermo Del Toro.


Très cosmopolite, le jury du festival sera présidé par le réalisateur américain James Gray. A ses côtés : l’actrice indienne Ileana d’Cruz, la cinéaste marocaine Tala Hadid, la libanaise Joana Hadjithomas, l’actrice américaine Dakota Johnson, la réalisatrice britannique Lynne Ramsay ainsi que l’acteur allemand Daniel Brühl, le réalisateur français Laurent Cantet et le mexicain Michel Franco.


Ils devront départager les 14 films en compétition officielle, avec 13 pays en lice (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Serbie, Argentine, Mexique, USA, Chine, Japon, Égypte, Maroc, Tunisie, Soudan) pour l’Etoile d’Or du festival.


Pour la précédente édition en 2016, c’est le réalisateur chinois Zang Qiwu qui avait reçu le Grand prix du festival pour son film The donor.


Au total, environ 80 films de 29 pays seront projetés pendant le festival prévu jusqu’au 8 décembre.



Les traditionnelles séances à ciel ouvert sur la très touristique place Jemaa El Fna permettront au grand public de voir des films populaires d’Inde, du Maroc ou des Etats-Unis. Pendant l’édition 2016, la place avait accueilli un total de 80.000 spectateurs.


Le festival a prévu plusieurs soirées d’hommage pour célébrer les carrières de l’acteur américain Robert de Niro, de la britannique Robin Wright, de la réalisatrice française Agnès Varda et du marocain Jillali Ferhati.


Des avant-premières des nouveaux films de Valeria Golino (Italie), Alfonso Cuarón (Mexique), Peter Farrelly (États-Unis), Abu Bakr Shawklky (Égypte) et Nadine Labaki (Liban) figurent également au programme.


Une manifestation complètement repensée

Si l’édition 2017 du festival avait été annulée après le départ de sa directrice, Mélita Toscan du Plantier, après quatorze ans d’exercice (la productrice a conservé un poste de conseillère dans le comité d’organisation), c’est une manifestation complètement repensée qui reprend ses quartiers sous les lustres du Palais des Congrès de la ville ocre.


A ses débuts, ce qui deviendra au fil des ans une des vitrines culturelles du Maroc de Mohammed VI, avait été catalogué comme une énième expérience en terre africaine et arabe face aux marques établies que sont le Fespaco de Ouagadougou ou encore les Journées de Carthage. Mais très vite, le FIFM a pu, contre vents et marées, se hisser sur la première marche du podium régional, rivalisant avec les poids lourds européens grâce à la venue remarquée de stars hollywoodiennes charmées par le Maroc et surtout Marrakech. Cependant le tout-glamour et les paillettes n’auront pas suffi à le caractériser davantage, ce qui a poussé les organisateurs à prendre avec une certaine dose de courage la décision d’une pause d’un an que les mauvaises langues avaient perçu comme un signe de mort annoncée.


Une prémonition de Cassandre qui sera démentie, car contrairement au festival de Dubaï et ses moyens autrement plus colossaux, le rendez-vous cinématographique majeur du Maroc reprend vie cette année avec ingéniosité. « Si Scorsese est venu cinq fois ou que Laurence Fishburne et Robert de Niro et d’autres célébrités y sont aussi présents pour cet 17ème opus, ce n’est pas pour rien », explique cette source autorisée. Pour elle, « c’est la somme de ces talents qui a assuré au FIFM sa renommée mondiale, mais ce n’est pas tout ».


A la découverte de nouveaux talents cachés

En effet, une des nouveautés qui sera sans aucun doute très appréciée du public, est la section des « Ateliers de l’Atlas », véritable creuset de projets aux identités multiples qui font que ce festival peut désormais se mesurer à Cannes par sa vocation à faire découvrir les meilleurs premiers et seconds films de la planète cinéma. « Un travail phénoménal a été abattu en un an par la direction artistique pour dénicher des films qui méritent d’être sélectionnés et révélés », assure un professionnel. Ainsi, 14 créations d’une extrême qualité seront présentées lors de cette édition d’horizons divers. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que Netflix qui a imposé sa griffe sur le cinéma mondial est partenaire du FIFM, comprenant que le FIFM est idoine pour la recherche de nouvelles terres de production, à partir du Maroc et vers le monde arabe et l’Afrique subsaharienne.




En effet, au niveau de la zone du Moyen-Orient et de l’Afrique, c’est en toute logique que cette identité géographique du FIFM a été mise à l’honneur, forgée par la légitimité acquise par le Maroc, terre de productions et de tournages et dont le cinéma local, malgré ses vicissitudes, a donné ces vingt dernières années des talents aujourd’hui reconnus au-delà des frontières du royaume, à l’instar de Nabil Ayouche, Narjis Nejjar ou encore Laïla Marrakchi…


C’est d’ailleurs dans le cadre d’une autre nouvelle section « Panorama marocain » que les productions locales seront présentées à travers la présence de plusieurs acteurs et réalisateurs de talent tels que Faouzi Bensaïdi, acteur et réalisateur de Volubilis, Narjiss Nejjar pour Apatride, Meryem Ben M’Barek pour le très remarqué Sofia, la réalisatrice de Marock et de Rock the Casbah Laïla Marrakchi, le réalisateur au style singulier, Hicham Lasri, les acteurs Younès Bouab, Saïd Bey et Ayoub Layoussifi qui viendront présenter Une urgence ordinaire, ainsi que Mohcine Malzi, qui a reçu le prix d’interprétation masculine au dernier Festival national du film de Tanger.

Par Kenza Filali
Le Desk Culture