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Expo

Les parures, symboles vernaculaires des femmes du Maghreb

24.03.2016 à 10 H 50 • Mis à jour le 24.03.2016 à 10 H 51
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La collection Bouvier de bijoux du Maghreb offre une vue d’ensemble des différentes typologies de ces ornements portés au quotidien. L'exposition est ponctuée par les clichés photographiques de Jean Besancenot. Témoins du savoir-faire des artisans à travers les siècles, ces véritables trésors affirment par leur qualité et leur richesse le caractère unique de la culture des peuples du Maghreb.

Au cœur des collections, au 5e niveau du musée de l’Institut du Monde Arabe (IMA), l’exposition présente pour la première fois la collection Bouvier de bijoux du Maghreb. De taille modeste, complété par des images, le parcours est cependant exceptionnel : il réunit des pièces qui témoignent de la richesse de l’artisanat traditionnel du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie. Anneaux d’oreille, fibules, parures de tête en argent finement ouvragé, parfois rehaussés de perles ou de pierres fines. Ces bijoux illustrent la diversité des cultures dans cette région de l’Afrique. Des vrais trésors du quotidien.


Une armure protectrice, une carte d’identité

Les 230 pièces d’argent de cette collection ont été sauvées de justesse. Pour la première fois réunies et montrées, ces parures imposantes ont été collectionnées, pendant trente ans, au fil de leurs voyages au Maroc, en Algérie et en Tunisie, par Jean-François et Malou Bouvier, amoureux du Maghreb. « Ces bijoux représentent la carte d’identité des femmes qui les ont portés, leur statut, leur fortune, et une sorte d’assurance-vieillesse », explique Jean-François Bouvier.


Fibules crénelées, région des Akhsass, Maroc


Beaucoup de parures étaient acquises par le futur mari pour sa femme à l’occasion du mariage, et portées ensuite lors de fêtes, notamment religieuses. Outre leur aspect ornemental, certains bijoux avaient une fonction utilitaire, comme les fibules servant à maintenir le vêtement quand il n’était pas cousu. D’autres sont ornés de motifs à valeur symbolique ou protectrice, comme celui de la main Khamsa, ou peuvent contenir des versets du Coran. Le bijou renseignait aussi sur le statut social de la femme qui le portait. La plupart des pièces de cette collection sont des bijoux berbères, issus des zones rurales ou montagneuses, en argent. Les bijoux citadins étaient essentiellement en or.


L’exposition de ces bijoux et parures, datant du XIXe et du début du XXe siècle, commence avec les techniques utilisées : gravure et ajourage, filigrane, granulation, ciselure, moulage. Elle suit ensuite un parcours géographique dans les régions du Maroc, d’Algérie et de Tunisie. « En Kabylie, on utilise l’émail avec les trois couleurs jaune, bleu et vert. Si on va au Maroc, on a autour de Tiznit des bijoux pour lesquels on utilise cet émail différemment, ce sera davantage l’ambre ou le corail pour constituer des perles de colliers », commente la commissaire de l’exposition, Djamila Chakour.


Khamsat (mains) ciselées motifs, Maroc


« Si on remonte plus au nord dans le Maroc, dans les régions autour du Rif, on travaille davantage le métal en lui-même, l’argent massif », décrit-elle, interrogée par l’AFP. « Du coup à travers un bijou, on arrive à identifier une région, et donc la tribu, les femmes qui pouvaient porter ces bijoux », souligne Djamila Chakour. « Ces femmes sont soit berbères, soit arabes, soit juives pour certaines, puisqu’on a des pièces qui datent de la période où il y avait des populations juives dans ces pays ».


Des bijoux spectaculaires passés de mode

Ces joyaux du quotidien, comme les affectionnent toujours les Indiennes du Rajasthan ou les tribus des hauts plateaux du nord du Vietnam, ne sont plus portés par les femmes du Maghreb – ou alors, en de rares occasions, dans les villages reculés, rappelle Le Monde. En Afrique du Nord, la modernité a bousculé la tradition, le style européen s’est imposé. Les fibules, ces agrafes spectaculaires, compositions géométriques en argent façonné, qui retiennent les colliers sont passées de mode.


Le couple Bouvier a commencé sa collection en achetant une fibule dans un souk à Marrakech. Leur dernière acquisition en date est un collier en argent doré, venant « probablement de Djerba », déniché au marché aux puces de Vanves en région parisienne.


Des trésors à porter, bijoux et parures du Maghreb. Jusqu’au 28 août, au Musée de l’Institut du Monde Arabe (IMA), à Paris. Du mardi au vendredi, de 10h à 18h, le weekend jusqu’à 19h. De 4 € à 6 €. Imarab.org

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Le Desk Culture