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Boostés par des prépas d’excellence, les étudiants marocains au top des inscrits parmi les étrangers en France

16.09.2022 à 03 H 46 • Mis à jour le 16.09.2022 à 15 H 27 • Temps de lecture : 6 minutes
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Avec plus de 46 000 inscrits, les Marocains en cycle supérieur dans l’Hexagone pour l’année 2021-2022 représentent plus de 10% des étudiants étrangers. Leur cohorte se hisse ainsi en tête du classement mondial, alors que leur élan est bridé par les mesures coercitives appliquées par Paris à l’encontre de Rabat sur fond de tensions diplomatiques persistantes

Le nombre d’étudiants étrangers inscrits dans l’Hexagone a augmenté de 8 % pour l’année 2021-2022. Selon les données les plus récentes de Campus France, organisme public créé en 2010 dans le but de promouvoir hors frontières le système d'enseignement supérieur et de formation professionnelle français, ils seraient 400 026 au total, atteignant la plus haute croissance de ces quinze dernières années.


Dans son classement des 25 pays les plus représentés, l’agence place les Marocains en tête de liste avec 46 371 étudiants pour cette même période, soit une évolution positive de 3 % par rapport à l’année précédente. En seconde position, pointe l’Algérie voisine qui compte 31 032 étudiants sur le territoire français, soit une augmentation annuelle de 6 % de ses effectifs. Toujours au Maghreb, avec 13 661 enrôlés, la Tunisie se hisse honorablement vu sa population moindre et l’application de frais rédhibitoires à la sixième place de ce palmarès, en évolution de 4 %.


Le mur des visas érigé par la France

 Des chiffres qui pourraient être cependant impactés par la restriction des visas délivrés par la France à ces trois pays. En effet, Paris avait réduit de 50 % le nombre de sésames octroyés aux citoyens marocains et algériens, et de 30 % pour les Tunisiens. Une mesure de rétorsion officiellement consécutive au refus de Rabat, Alger et Tunis de délivrer des autorisations consulaires pour rapatrier leurs ressortissants en situation irrégulière.


Dans un communiqué conjoint datant du 31 août dernier, les ministres français et tunisiens de l’Intérieur ont annoncé la normalisation de délivrance des visas Schengen, après avoir « fait le point sur la coopération en matière migratoire et de mobilité ». Une annonce libératrice qui tombait à la veille de la rentrée scolaire.


Alors qu’en Algérie les tensions semblent s’être apaisées avec la récente visite d’Emmanuel Macron, avec le Maroc la situation ne semble guère évoluer.


Faire ses études à l’étranger demande une organisation sur la durée. Plusieurs étudiants y ont mis de l’énergie, de l’espoir, du temps et autant de ressources financières. Malgré les efforts pour obtenir les visas, la rentrée universitaire est compromise pour certains, à l’instar de plusieurs témoignages rapportés par la presse décrivant des bacheliers ayant essuyé un refus des autorités consulaires après avoir payé des sommes conséquentes en frais d’inscription et de dossier aux écoles où ils étaient admis.


Ces étudiants en devenir n’ont même pas l’option de se tourner vers les écoles au Maroc, l’admission n’étant possible que sur concours qui se déroulent habituellement en juillet.


Selon des sources médiatiques, le taux de refus des visas Schengen par la France pour des candidats du Maroc aurait atteint le taux incroyablement élevé de 90 %.


Des étudiants formés à l’excellence au Maroc

 Les données de Campus France montrent que 62 % des Marocains effectuant leurs études en France suivent un cursus universitaire. 42 % d’entre eux se sont tournés vers une formation scientifique. Les écoles d’ingénieurs ont séduit 13 % des étudiants marocains en France en 2021.


L’engouement des étudiants marocains pour la France n’est pas nouveau. Leur départ pour cette destination est facilité par la multitude d’accords de coopération. 269 accords de coopération liaient les universités françaises et marocaines en 2018. 101 de ces accords s’accompagnent d’une mobilité enseignante et aussi des programmes d’échanges d’étudiants.


Etudiants marocainsEtudiants marocains en France. Source: Campus France. Infographie: Mohamed Mhannaoui / Le Desk


D’après ces accords, les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles ont la possibilité de se présenter aux concours d’accès aux grandes écoles françaises.


« Ils étaient près de 4 000 élèves sur un total d’inscrits dans les classes préparatoires du Maroc estimé à 12 000 élèves à se présenter aux concours des grandes écoles de commerce, et grandes écoles d’ingénieurs françaises », note une étude datant de 2021 du cabinet Archimède Consulting.


La qualité de l’enseignement, la valeur du diplôme et le prestige dont jouissent les grandes écoles d’ingénieurs et les grandes écoles de commerce françaises, expliquent leur forte attractivité auprès des élèves marocains des classes préparatoires, relève la recherche.


Un « insolent succès »

Excellents en maths et en physique, les étudiants marocains brillent aux concours des meilleures écoles d’ingénieurs françaises comme l’École polytechnique et CentraleSupélec. Un « insolent succès », selon un article du Figaro vivement commenté sur les réseaux sociaux et qu'a décrypté pour Le Desk le chercheur Rachid Guerraoui.


En fonction de leur niveau et de leurs capacités, les étudiants marocains pensent d’abord Ecole Polytechnique, Ecole centrale, mines, ponts et chaussées, s’agissant des grandes écoles d’ingénieurs et HEC Paris, ESCP Europe, ESSEC, EM Lyon, EDHEC, EM Grenoble, SKEMA, BSB Dijon, Excelia La Rochelle pour les grandes écoles de commerce, relève-t-on.


Parmi les meilleures prépas scientifiques aux grandes écoles françaises, on retrouve le Lycée d’excellence de Benguérir (Lydex). En 2020, pas moins de 17 élèves du Lydex ont intégré l’École polytechnique en France. Un an plus tard, 11 élèves ont également suivi les pas de leurs ainés. Durant la même période, l’École polytechnique comptait 160 étudiants marocains, dont 110 suivent le cursus d’ingénieurs.


Le campus de 18 hectares du Lydex et ses bâtiments ocre flambant neufs ont été construits au cœur de la ville verte Mohammed VI, une « cité du savoir et de l’innovation » créée en 2009 par le géant phosphatier OCP. « Ici, les 944 élèves du lycée, tous internes, sont choyés : classes ultramodernes, salles équipées pour les travaux pratiques, terrains de sport, théâtre dédié aux modules de développement personnel, piscine semi-olympique pour s’entraîner à l’épreuve de natation de Polytechnique… », a commenté Le Monde.


Le second choix des étudiants marocains à l’université est l’économie qui a attiré 27 % d’entre eux en 2021 selon Campus France, suivi des lettres, langues et sciences humaines et sociales à hauteur de 13 %. En dernière position, on retrouve le droit et les sciences politiques qui attirent 6 % d’entre eux.


Les étudiants marocains recherchent d’abord une formation de qualité et un diplôme reconnu, mais aussi, l’ouverture sur d’autres cultures, et surtout l’acquisition d’une expérience qui va permettre de démarrer une carrière professionnelle en France ou en Europe, souligne l’étude d’Archimède Consulting, et ce malgré la barrière tarifaire imposée depuis 2019 : l’obligation pour tous les étudiants étrangers autres qu’européens de s’acquitter aux universités de frais de scolarité relativement conséquents, 2 770 euros par an en licence et 3 770 euros en master.


« Les écoles et universités françaises permettent aussi de faire des échanges en Europe et dans le monde, afin de se construire un profil international qui attire ensuite les entreprises », note la même source.

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