Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
En clair

n°393.Procès du Hirak: Amnesty demande l’annulation des peines prononcées

17.12.2018 à 15 H 50 • Mis à jour le 17.12.2018 à 15 H 57
Par
L’ONG de défense des droits de l’Homme Amnesty International considère dans un rapport de 36 pages publié ce lundi qu’outre les violations du droit à un procès équitable qui ont été constatées, les charges retenues contre les accusés du Hirak El-Rif étaient dans la plupart des cas disproportionnées en comparaison avec les infractions à l’origine de leur condamnation

Alors que le procès des prisonniers dits du Hirak reprend en appel, l’ONG Amnesty International publie un rapport cinglant qui revient sur le « simulacre de justice », tel qu’énoncé par l’organisation.


Selon Amnesty International, dans une déclaration publique datée de ce lundi, ce sont plus de 54 personnes qui ont été condamnées, entre le 26 et 28 juin 2018, à de lourdes peines de prison pour avoir participé aux manifestations du Hirak El Rif, ayant débuté depuis 2017. Si 11 personnes ont bénéficié d’une grâce royale et quatre d’une libération provisoire en juillet 2017, 39 autres personnes continuent à purger leur peine à la prison d’Aïn Sebaâ, à Casablanca.


Visées par l’ONG, les violations flagrantes des droits avant même la tenue du procès, à commencer par les arrestations arbitraires des militants et journalistes du Hirak, dont le meneur Nasser Zafzafi. Selon les propos relevés par l’organisation, aucun mandat d’arrêt n’avait été présenté aux rifains au moment de leur arrestation, sans même que les éléments des forces de l’ordre ne s’identifient.



Le rapport d’une trentaine de pages d’Amnesty International dresse également en annexe une liste exhaustive, des différents prisonniers du Hirak. Dans le document, sont relevés les infractions au Code pénal base des poursuites en justice, le fondement juridique, les peines et même leur casier judiciaire avant leur emprisonnement, dont la plupart se trouvent être vierges.


Le rapport pointe aussi du doigt les condamnations pour des chefs d’accusation présentés comme « disproportionnés et inappropriés ». L’exemple donné par Amnesty International est celui de Nasser Zafzafi, poursuivi et condamné pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat »,et d’avoir incité « à un acte de violence contre des agents de la force publique ». L’examen de l’ONG relève que l’action en question « selon le ministère public, se réfère au moment où Nasser Zefzafi a pointé du doigt les forces de sécurité, les qualifiant de « forces répressives » et a prié à voix haute, « prenant le Tout-Puissant à témoin de [son] martyre ». Ces mots et ces actions ne s’apparentent pas à une incitation à la violence et on peut douter de leur capacité à porter atteinte à la sûreté intérieure », peut-on notamment lire.

Par Soufiane Sbiti @sbiti_
Le Desk En clair